Cancer du sein: symptômes, causes et traitement

Le cancer du sein est une maladie provoquée par la multiplication anormale de cellules de la glande mammaire. Il touche principalement les femmes, mais peut également se développer chez l’homme.

Il peut se manifester par une grosseur dans le sein ou l’aisselle, une modification de la forme du sein ou du mamelon, un écoulement ou une modification de la peau. Cependant, un cancer du sein débutant peut ne provoquer aucun symptôme.

En cas d’anomalie du sein, il est recommandé de consulter un médecin sans attendre. Lorsqu’un cancer du sein est détecté tôt, les possibilités de traitement et les chances de guérison sont généralement plus importantes.

femme effectuant une auto-palpation des seins

Principaux symptômes 

Les principaux signes pouvant être observés sont:

  • Boule ou une masse dans un sein;
  • Grosseur ou un ganglion au niveau de l’aisselle;
  • Modification récente de la taille ou de la forme d’un sein;
  • Rétraction ou une modification de l’aspect du mamelon;
  • Écoulement spontané par le mamelon, notamment s’il est sanglant;
  • Rougeur ou un gonflement inhabituel du sein;
  • Épaississement ou une modification de la peau;
  • Peau prenant un aspect de « peau d’orange »;
  • Plaie ou une lésion du mamelon qui persiste.

Une douleur du sein peut également être présente, mais elle est beaucoup plus souvent liée à une cause bénigne qu’à un cancer.

À un stade précoce, le cancer du sein peut ne provoquer aucun symptôme. C’est notamment pour cette raison que le dépistage organisé est proposé en France aux femmes de 50 à 74 ans présentant un risque moyen.

Une modification récente ou persistante d’un sein doit être examinée par un professionnel de santé, même si elle n’est pas douloureuse.

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Cancer du sein chez l’homme

Le cancer du sein chez l’homme est rare et représente moins de 1 % des cancers du sein. Les hommes possèdent néanmoins du tissu mammaire dans lequel un cancer peut se développer.

Le signe le plus fréquent est une masse ferme, généralement indolore, située près ou sous le mamelon. D’autres manifestations sont possibles, comme:

  • Rétraction du mamelon;
  • Écoulement du mamelon, parfois sanglant;
  • Rougeur ou une ulcération du mamelon;
  • Modification de la peau du sein;
  • Augmentation de volume d’un ganglion de l’aisselle.

Le risque augmente notamment avec l’âge, les antécédents familiaux de cancer du sein, certaines mutations génétiques comme BRCA2, le syndrome de Klinefelter, une ancienne irradiation du thorax et certaines maladies responsables d’un déséquilibre hormonal.

Une grosseur mammaire chez l’homme n’est pas forcément un cancer et peut notamment correspondre à une gynécomastie. Cependant, toute masse persistante ou modification inexpliquée du mamelon doit être examinée.

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Comment confirmer le diagnostic

Lorsqu’une anomalie est découverte à l’examen clinique ou sur une mammographie, le médecin peut demander des examens complémentaires.

Ils peuvent comprendre une mammographie, une échographie mammaire, une IRM mammaire dans certaines situations ainsi qu'une biopsie.

La biopsie consiste à prélever un fragment de la lésion afin de l’analyser au microscope. Elle permet de confirmer ou non la présence d’un cancer et d’en préciser les caractéristiques.

En cas de cancer invasif, l’analyse recherche notamment les récepteurs hormonaux, HER2 et différents paramètres anatomopathologiques utiles pour déterminer le pronostic et le traitement.

Causes et facteurs de risque 

Le cancer du sein apparaît lorsque certaines cellules accumulent des anomalies leur permettant de se multiplier de manière incontrôlée.

Il n’existe généralement pas une cause unique. Le risque résulte de l’association de facteurs hormonaux, génétiques, environnementaux et liés au mode de vie.

1. Âge

L’âge constitue l’un des principaux facteurs de risque. En France, près de 80 % des cancers du sein apparaissent après 50 ans.

2. Antécédents personnels

Le risque est plus important chez une personne ayant déjà eu un cancer du sein ou certaines lésions mammaires à risque, comme une hyperplasie atypique.

3. Antécédents familiaux et prédisposition génétique

Avoir plusieurs proches atteints d’un cancer du sein ou de l’ovaire, notamment à un âge jeune, peut évoquer une prédisposition héréditaire.

Certaines altérations génétiques, notamment de BRCA1 ou BRCA2, augmentent fortement le risque de cancer du sein.

Une consultation d’oncogénétique peut être proposée lorsque les antécédents personnels ou familiaux le justifient.

4. Facteurs hormonaux et reproductifs

Une exposition plus prolongée aux hormones sexuelles peut influencer le risque. Celui-ci peut notamment varier selon l’âge des premières règles et de la ménopause, les grossesses et certains traitements hormonaux.

L’effet dépend toutefois du contexte et aucun de ces facteurs ne permet à lui seul de prédire l’apparition d’un cancer.

5. Traitement hormonal de la ménopause

Certains traitements hormonaux de la ménopause, en particulier certaines associations d’œstrogènes et de progestatifs utilisées pendant plusieurs années, peuvent augmenter le risque.

La décision de les utiliser doit donc tenir compte des symptômes, de la durée envisagée et des facteurs de risque individuels.

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6. Alcool, surpoids et manque d’activité physique

La consommation d’alcool augmente le risque de cancer du sein. Le surpoids et l’obésité, notamment après la ménopause, ainsi que le manque d’activité physique sont également associés à une augmentation du risque.

Le tabagisme participe lui aussi au risque de plusieurs cancers et doit être évité.

7. Irradiation du thorax

Une irradiation importante du thorax, en particulier lorsqu’elle a eu lieu à un âge jeune dans le cadre du traitement d’une autre maladie, peut augmenter le risque de cancer du sein plusieurs années plus tard.

Types de cancer du sein

Les cancers du sein peuvent être classés selon l’endroit où ils débutent, leur caractère infiltrant ou non et leurs caractéristiques biologiques.

Les formes les plus courantes comprennent:

  • Carcinome canalaire in situ, dans lequel les cellules anormales restent confinées à l’intérieur des canaux;
  • Carcinome canalaire infiltrant, qui débute dans les canaux puis envahit les tissus mammaires voisins;
  • Carcinome lobulaire in situ, qui correspond à une prolifération anormale dans les lobules et constitue surtout un marqueur d’augmentation du risque de cancer ultérieur;
  • Carcinome lobulaire infiltrant, qui se développe à partir des lobules puis s’étend au tissu mammaire voisin.

Il existe également des formes plus rares, notamment le cancer inflammatoire du sein et la maladie de Paget du mamelon.

En complément de cette classification histologique, l’analyse de la biopsie recherche notamment les récepteurs hormonaux aux œstrogènes et à la progestérone ainsi que l’expression de HER2. Ces informations sont essentielles pour choisir le traitement.

Stades du cancer du sein

Le stade indique l’étendue de la maladie.

De manière simplifiée:

  • Stade 0: certaines lésions non invasives, comme le carcinome canalaire in situ;
  • Stades I et II: cancers généralement localisés au sein, avec ou sans atteinte ganglionnaire limitée;
  • Stade III: cancer localement avancé, avec une extension plus importante dans le sein, les tissus voisins ou les ganglions;
  • Stade IV: présence de métastases dans d’autres organes.

La classification médicale précise repose notamment sur la taille de la tumeur, l’atteinte des ganglions lymphatiques et la présence ou non de métastases, selon le système TNM.

Cancer du sein triple négatif

Le cancer du sein triple négatif est un cancer dont les cellules ne présentent pas de récepteurs aux œstrogènes, de récepteurs à la progestérone ni de surexpression de HER2.

Cela signifie que les traitements hormonaux et les traitements spécifiquement dirigés contre HER2 ne sont généralement pas efficaces contre ce sous-type.

Le cancer du sein triple négatif représente environ 10 à 15 % des cancers du sein. Il est souvent biologiquement plus agressif et présente, surtout durant les premières années suivant le diagnostic, un risque de récidive plus important que de nombreux cancers hormonodépendants.

Il ne signifie toutefois pas qu’aucun traitement n’est disponible.

Cancer du sein et maladie professionnelle

Dans certaines situations, un cancer du sein peut être lié, au moins en partie, à des expositions professionnelles. Le travail de nuit prolongé est notamment étudié en raison des perturbations des rythmes circadiens qu’il entraîne. 

Cependant, les résultats des études sur le risque de cancer du sein restent hétérogènes et ne permettent pas d’affirmer qu’un travail de nuit provoque à lui seul un cancer du sein.

D’autres expositions professionnelles, notamment aux rayonnements ionisants, peuvent également intervenir selon le métier et le niveau d’exposition.

En France, l’Assurance Maladie indique qu’un cancer du sein peut, dans certaines circonstances, être reconnu comme étant d’origine professionnelle.

Une personne atteinte d’un cancer du sein ayant été exposée pendant de nombreuses années au travail de nuit, aux rayonnements ou à d’autres substances potentiellement cancérogènes dans son activité professionnelle peut en parler à son médecin traitant et au médecin du travail afin d’évaluer la pertinence d’une démarche de reconnaissance.

Traitement du cancer du sein

Le traitement est adapté à chaque personne selon le stade, le type histologique, les récepteurs hormonaux, HER2, certaines caractéristiques moléculaires, l’âge, l’état général et les traitements déjà reçus. En savoir plus sur le traitement du cancer du sein.

Plusieurs traitements peuvent être associés.

1. Chirurgie

La chirurgie vise à retirer la tumeur.

Elle peut prendre la forme d’une chirurgie conservatrice, qui retire la tumeur tout en conservant la plus grande partie du sein ou d’une mastectomie, qui retire la totalité du sein.

Une reconstruction mammaire immédiate ou différée peut être proposée dans certaines situations.

La prise en charge des ganglions de l’aisselle peut notamment comprendre la technique du ganglion sentinelle ou, lorsque cela est nécessaire, un curage ganglionnaire.

2. Radiothérapie

La radiothérapie utilise des rayonnements ionisants pour détruire les cellules cancéreuses restant dans une zone déterminée.

Elle est fréquemment réalisée après une chirurgie conservatrice et peut également être indiquée après une mastectomie selon le risque de récidive locale.

Son indication dépend notamment de la taille et de la localisation de la tumeur, de l’atteinte ganglionnaire et du type de chirurgie.

3. Chimiothérapie

La chimiothérapie utilise des médicaments qui détruisent les cellules cancéreuses ou empêchent leur multiplication.

Elle peut être administrée avant la chirurgie, notamment pour certaines tumeurs triple négatives ou HER2 positives, ou après l’intervention afin de diminuer le risque de récidive.

Elle n’est pas nécessaire pour tous les cancers du sein.

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4. Hormonothérapie

L’hormonothérapie est destinée aux cancers possédant des récepteurs hormonaux.

Son objectif est de réduire l’action des œstrogènes sur les cellules cancéreuses.

Selon la situation, les traitements peuvent notamment comprendre le tamoxifène, les inhibiteurs de l’aromatase et, chez certaines femmes non ménopausées, une suppression de la fonction ovarienne.

5. Thérapies ciblées

Les thérapies ciblées agissent sur certaines caractéristiques spécifiques des cellules cancéreuses.

Dans les cancers HER2 positifs, des médicaments dirigés contre HER2, comme le trastuzumab, peuvent être utilisés selon le stade et la situation clinique.

D’autres traitements ciblés existent pour certains cancers présentant des caractéristiques génétiques ou moléculaires particulières.

6. Immunothérapie

L’immunothérapie stimule certaines réponses du système immunitaire contre les cellules tumorales.

Elle est principalement utilisée dans certaines formes de cancer du sein triple négatif, en association avec d’autres traitements et selon le stade et les caractéristiques de la tumeur.

Peut-on guérir du cancer du sein?

Oui. De nombreux cancers du sein peuvent être guéris, en particulier lorsqu’ils sont diagnostiqués à un stade précoce.

Le pronostic dépend toutefois du stade, du type de tumeur, de ses caractéristiques biologiques, de la réponse au traitement et de l’état général de la personne.

Un cancer métastatique est généralement considéré comme une maladie chronique qui peut être contrôlée pendant des périodes variables grâce aux traitements, plutôt que comme un cancer pouvant habituellement être définitivement guéri.

Dépistage du cancer du sein

Le dépistage permet de rechercher un cancer avant l’apparition de symptômes.

En France, le programme national de dépistage organisé s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans ne présentant ni symptôme ni facteur de risque particulier, qui sont invitées à réaliser une mammographie tous les 2 ans.

L’examen comprend une mammographie avec deux clichés de chaque sein, un examen clinique des seins  et une seconde lecture des mammographies considérées comme normales dans le cadre du programme organisé.

La mammographie de dépistage est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie dans le cadre du programme.

Avant 50 ans, une mammographie systématique n’est pas recommandée pour toutes les femmes à risque moyen. Après 74 ans, la poursuite du dépistage est décidée individuellement avec le médecin.

Les femmes présentant un risque élevé ou très élevé, par exemple en raison de certaines prédispositions génétiques ou d’antécédents familiaux importants, nécessitent une surveillance spécifique qui peut commencer plus tôt et comporter d’autres examens.

Le dépistage concerne les personnes sans symptôme. En présence d’une masse, d’un écoulement sanglant, d’une rétraction du mamelon ou d’une modification récente d’un sein, il ne faut pas attendre la prochaine mammographie de dépistage : une consultation diagnostique est nécessaire.

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Comment réduire le risque de cancer du sein

Il n’est pas possible d’empêcher tous les cancers du sein, car certains facteurs de risque comme l’âge ou la génétique ne peuvent pas être modifiés.

Il est toutefois possible de diminuer certains risques en:

  • Limitant la consommation d’alcool;
  • Pratiquant régulièrement une activité physique;
  • Maintenant autant que possible un poids adapté, notamment après la ménopause;
  • Évitant le tabac;
  • Discutant avec son médecin des bénéfices et des risques d’un traitement hormonal de la ménopause.

Les personnes présentant une prédisposition génétique importante peuvent bénéficier de stratégies spécifiques de surveillance et parfois de prévention médicamenteuse ou chirurgicale, décidées avec une équipe spécialisée.

Questions fréquemment posées

  • Il est impossible de savoir avec certitude si une anomalie du sein correspond à un cancer uniquement en la regardant ou en la palpant.

    Une masse dure, une modification récente de la forme du sein, une rétraction du mamelon, un écoulement sanglant ou une modification persistante de la peau nécessitent une consultation médicale.

     

  • Il n’existe pas un aspect unique du cancer du sein.

    Il peut se présenter sous la forme d’une boule, mais aussi provoquer une déformation du sein, une rétraction du mamelon, un écoulement, une rougeur, un épaississement cutané ou un aspect en peau d’orange.

    Certains cancers du sein débutants ne provoquent aucune modification visible et sont découverts uniquement lors d’une mammographie.

  • Cela dépend du type de récidive.

    Une récidive limitée au sein, à la paroi thoracique ou à certains ganglions peut parfois être traitée avec une intention curative à l’aide d’une nouvelle chirurgie, de radiothérapie et/ou de traitements médicamenteux.

    Lorsqu’une récidive correspond à un cancer métastatique ayant atteint des organes éloignés, une guérison définitive est rarement possible avec les traitements actuels.

  • Il n’existe pas une classification médicale unique divisant tous les cancers du sein en exactement quatre types.

    D’un point de vue anatomopathologique, on cite souvent quatre catégories dans les présentations simplifiées: carcinome canalaire in situ, carcinome canalaire infiltrant, carcinome lobulaire in situ et carcinome lobulaire infiltrant.

    Cependant, les médecins classent également les cancers invasifs selon leurs caractéristiques biologiques, notamment les récepteurs hormonaux et HER2. On parle alors, entre autres, de tumeurs hormonodépendantes, HER2 positives ou triple négatives.

    Cette classification biologique est essentielle pour déterminer le traitement.