Hématies dans l'urine: 9 causes (et que faire)

La présence d’hématies, également appelées globules rouges, dans les urines est appelée hématurie. Elle peut être microscopique, lorsqu’elle est détectée uniquement lors d’une analyse d’urine, ou macroscopique, lorsque les urines deviennent roses, rouges ou brunâtres.

Les hématies dans les urines peuvent notamment être dues à une infection urinaire, des calculs urinaires, certaines maladies des reins, des problèmes de prostate, un traumatisme ou, dans certains cas, une tumeur de l’appareil urinaire. Chez la femme, les règles peuvent également contaminer l’échantillon d’urine et donner l’impression d’une hématurie.

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La présence de globules rouges dans les urines doit être évaluée par un médecin, en particulier lorsqu’elle persiste, se répète ou lorsque le sang est visible à l’œil nu. Selon la cause suspectée, le médecin peut recommander une consultation chez un urologue ou un néphrologue.

Que signifie un taux élevé d'hématies dans les urines 

En France, le référentiel du Collège d’Urologie considère qu’il existe une hématurie lorsque l’analyse quantitative retrouve plus de 10 hématies/mm³, soit 10 000 hématies/ml d’urine. Cependant, les unités et les valeurs de référence peuvent varier selon la méthode utilisée par le laboratoire.

D’autres recommandations, comme celles de l’American Urological Association, définissent la microhématurie par la présence d’au moins 3 hématies par champ à fort grossissement lors de l’examen microscopique d’un échantillon correctement recueilli. Une bandelette urinaire positive pour le sang ne suffit donc pas, à elle seule, à confirmer la présence de globules rouges dans les urines.

Le résultat doit toujours être interprété avec les valeurs de référence indiquées sur le compte rendu du laboratoire et en fonction des symptômes de la personne.

Principales causes 

Les principales causes d'hématies dans les urines sont:

1. Infection urinaire

Les infections urinaires font partie des principales causes d’hématurie et peuvent toucher la vessie, les reins, l’urètre ou, chez l’homme, la prostate.

Elles peuvent provoquer des brûlures en urinant, des envies fréquentes d’uriner, des douleurs dans le bas-ventre ou des douleurs lombaires. En cas de pyélonéphrite, une fièvre et des frissons peuvent également apparaître.

Que faire: il est recommandé de consulter un médecin, qui peut demander un ECBU pour rechercher une infection.

Lorsqu’une infection bactérienne est confirmée, un traitement antibiotique peut être prescrit selon la situation et les résultats de l’antibiogramme. Une nouvelle analyse d’urine peut être réalisée après le traitement pour vérifier que l’hématurie a disparu.

2. Calculs rénaux ou urinaires

Les calculs peuvent irriter ou blesser les voies urinaires et entraîner la présence d’hématies dans les urines.

Ils peuvent provoquer une douleur intense dans le dos ou sur le côté de l’abdomen, pouvant irradier vers l’aine, mais certains calculs peuvent également provoquer une hématurie sans douleur importante.

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Que faire: une évaluation médicale est recommandée afin de confirmer la présence et la localisation du calcul. Une échographie ou un scanner peut être indiqué selon les symptômes et le contexte. Le traitement dépend notamment de la taille et de la localisation du calcul.

Une consultation urgente est nécessaire en cas de fièvre, d'impossibilité d'uriner ou de douleur très intense ou persistante.

3. Maladies des reins

Certaines maladies rénales, en particulier les maladies touchant les glomérules, peuvent laisser passer des globules rouges dans les urines. C’est notamment le cas de certaines glomérulonéphrites, comme la néphropathie à IgA.

Une origine rénale est davantage suspectée lorsque l’hématurie est associée à une protéinurie, une hypertension artérielle, des œdèmes, une diminution de la fonction rénale, des hématies déformées ou des cylindres hématiques dans les urines.

Que faire: le médecin peut demander une mesure de la créatinine, une recherche de protéines dans les urines et d’autres examens sanguins ou urinaires.

Lorsque les résultats orientent vers une maladie rénale, une consultation avec un néphrologue est indiquée et, dans certaines situations, une biopsie du rein peut être nécessaire.

4. Problèmes de prostate

Chez l’homme, l’hypertrophie bénigne de la prostate ou une prostatite peuvent provoquer du sang dans les urines.

Une hématurie liée à la prostate peut être associée à des difficultés à commencer à uriner, un jet urinaire faible, des envies fréquentes d’uriner ou des douleurs urinaires.

L’hématurie est plus fréquemment associée à une hypertrophie bénigne ou à une prostatite qu’à un cancer de la prostate et l’origine prostatique reste un diagnostic qui nécessite d’éliminer d’autres causes.

Que faire: il est recommandé de consulter un médecin généraliste ou un urologue afin d’évaluer la prostate et les autres causes possibles de l’hématurie. Le traitement dépend du problème identifié.

5. Tumeur de l'appareil urinaire

Une tumeur de la vessie, du rein, des uretères ou, plus rarement, d’autres parties de l’appareil urinaire peut provoquer des hématies dans les urines. Une hématurie visible et indolore peut notamment être un signe révélateur d’une tumeur urinaire.

Le risque est plus important chez les personnes plus âgées et chez celles qui fument ou ont fumé, ainsi qu’en présence de certains facteurs de risque professionnels.

Toutefois, la présence de sang dans les urines ne signifie pas nécessairement qu’il existe un cancer.

Que faire: toute hématurie macroscopique, c’est-à-dire avec du sang visible dans les urines, doit être évaluée médicalement, même lorsqu’elle disparaît spontanément.

Selon le niveau de risque, le bilan peut notamment comprendre une cystoscopie et des examens d’imagerie des voies urinaires.

6. Anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires

Les médicaments qui diminuent la coagulation du sang peuvent favoriser un saignement et rendre une hématurie plus visible.

Toutefois, la prise d’un anticoagulant ou d’un antiagrégant ne doit pas conduire à attribuer automatiquement le sang dans les urines au médicament, car une maladie des voies urinaires peut également être présente.

Que faire: il ne faut pas arrêter un anticoagulant sans avis médical. Le médecin doit rechercher la cause de l’hématurie et peut également vérifier le traitement, la fonction rénale, les interactions médicamenteuses et le risque de saignement.

7. Activité physique intense

Une activité physique particulièrement intense, notamment la course à pied, peut parfois provoquer une hématurie transitoire.

Elle est généralement indolore et disparaît spontanément avec le repos.

Que faire: il est recommandé d’interrompre temporairement l’exercice intense et de refaire une analyse d’urine après une période de repos.

Si les hématies persistent plus de 72 heures, réapparaissent régulièrement ou s’accompagnent d’autres symptômes, une évaluation médicale est nécessaire afin d’exclure une autre cause.

8. Traumatisme des reins ou des voies urinaires

Un choc important au niveau du dos ou de l’abdomen, une chute ou certains traumatismes peuvent provoquer une lésion du rein, de la vessie ou des autres voies urinaires et entraîner une hématurie.

Certaines interventions ou manipulations des voies urinaires peuvent également provoquer temporairement du sang dans les urines.

Que faire: en cas de sang dans les urines après un traumatisme important, une évaluation médicale rapide est nécessaire, notamment en présence de douleurs importantes, de malaise ou d’un saignement abondant.

9. Règles ou saignement gynécologique

Chez la femme, le sang provenant des règles ou d’un autre saignement génital peut contaminer le prélèvement d’urine. L’analyse peut alors retrouver des hématies alors que le sang ne provient pas réellement de l’appareil urinaire.

Que faire: il est préférable d’éviter de réaliser une analyse d’urine pendant les règles lorsque cela est possible. Si le prélèvement a été effectué pendant cette période et montre des hématies, le médecin peut recommander de refaire l’analyse après la fin des menstruations.

En cas de saignement en dehors des règles, une évaluation gynécologique peut être nécessaire.

Comment confirmer le diagnostic

L’examen des urines permet de confirmer l’hématurie et contribue à en rechercher la cause. Une bandelette urinaire peut détecter la présence de sang, mais un résultat positif doit être interprété avec un examen urinaire permettant de vérifier la présence réelle de globules rouges.

En France, le bilan initial peut notamment comprendre un ECBU avec analyse quantitative et qualitative des hématies, une mesure de la créatinine, une recherche de protéinurie et une échographie de l’appareil urinaire.

La présence d’hématies déformées, d’acanthocytes ou de cylindres hématiques, surtout lorsqu’elle est associée à une protéinurie ou à une diminution de la fonction rénale, peut orienter vers une origine glomérulaire et conduire à une évaluation néphrologique.

Selon l’âge, les symptômes, les antécédents, le tabagisme, l’importance et la persistance de l’hématurie, le médecin peut également recommander une cystoscopie, une échographie, un scanner des voies urinaires ou d’autres examens.

Les recommandations récentes privilégient une évaluation adaptée au niveau de risque plutôt que de réaliser systématiquement les mêmes examens chez toutes les personnes.

Possibilités de traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique destiné uniquement à faire disparaître les hématies dans les urines. Le traitement dépend de la cause de l’hématurie.

Une infection urinaire peut nécessiter un antibiotique, tandis que la prise en charge des calculs urinaires dépend de leur taille, de leur localisation et des symptômes.

Les maladies rénales nécessitent un traitement adapté à la maladie identifiée, tandis que les problèmes de prostate ou les tumeurs de l’appareil urinaire doivent être pris en charge par un urologue ou les spécialistes concernés.

En cas de traitement anticoagulant, celui-ci ne doit pas être interrompu sans avis médical.

Enfin, lorsque les hématies apparaissent uniquement après un exercice intense et disparaissent rapidement au repos, aucun traitement spécifique n’est généralement nécessaire, mais une hématurie persistante ou récidivante doit être examinée.

Quand consulter un médecin

Il est important de consulter rapidement lorsque le sang est clairement visible dans les urines, même s’il disparaît ensuite.

Une prise en charge urgente est particulièrement nécessaire lorsque l’hématurie est abondante ou accompagnée de caillots, d’une impossibilité d’uriner, d’un malaise, d’une douleur importante, d’une fièvre ou lorsqu’elle apparaît après un traumatisme important.

Une hématurie abondante avec formation de caillots peut notamment entraîner une rétention aiguë d’urine.