Dépistage du VIH: quand faire le test, types de tests (et résultats)

Le dépistage du VIH permet de détecter la présence du virus de l'immunodéficience humaine dans l'organisme. En France, il est recommandé de réaliser ce test après une situation de risque, comme un rapport sexuel non protégé, une rupture de préservatif ou un contact accidentel avec du sang.

Le test de référence est simple et fiable puisqu'il s'agit uniquement d'une prise de sang analysée en laboratoire. Il existe plusieurs méthodes pour détecter le virus, principalement en recherchant les anticorps produits par l'organisme (anti-VIH 1 et 2) et l'antigène p24 (une protéine du virus).

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Selon le résultat, le médecin peut prescrire des examens complémentaires pour confirmer l'infection et mesurer la charge virale afin de mettre en place un traitement rapide. Un traitement précoce permet aujourd'hui de mener une vie normale et d'empêcher l'évolution vers le stade sida.

laborantin tenant un tube de sang dans la main, qui va permettre de détecter si la personne est infe

Principales indications

Pour que le résultat soit totalement fiable, il est nécessaire de respecter la fenêtre immunologique, c'est-à-dire le temps nécessaire pour que le virus ou les anticorps soient détectables.

En France, les recommandations officielles précisent que:

  • Le test ELISA de 4ème génération (par prise de sang en laboratoire): est totalement fiable s'il est réalisé 6 semaines (soit 42 jours) après la dernière prise de risque:
  • Le test rapide (TROD) ou l'autotest (par goutte de sang ou salive): est totalement fiable s'il est réalisé 3 mois (12 semaines).

Le respect de ces délais est indispensable pour garantir la certitude du diagnostic et écarter tout risque d'erreur.

Si un test est effectué trop tôt, un résultat négatif ne permet pas d'exclure une infection. Il est alors indispensable de renouveler le test une fois le délai de la fenêtre immunologique passé.

Types de tests 

Il existe plusieurs moyens de confirmer le diagnostic, avec des délais de détection variés:

  • Test ELISA de 4ème génération: il s'agit du test classique en laboratoire. Il est très performant et peut détecter l'antigène p24 dès 2 à 3 semaines après l'exposition, mais la certitude absolue n'est acquise qu'à 6 semaines;
  • Test Rapide d'Orientation Diagnostique (TROD): il réalisé avec une goutte de sang au bout du doigt, il donne un résultat en 20 minutes. Il est utilisé par les associations ou en pharmacie, mais sa fiabilité totale nécessite un délai de 3 mois après le risque;
  • Autotest VIH: il est vendu en pharmacie, il s'utilise à domicile. Comme le TROD, il nécessite un délai de 3 mois après le dernier risque pour être fiable.

Le choix du test dépend principalement du délai écoulé depuis la situation de risque et de la facilité d'accès au centre de dépistage.

Interprétation du résultat

Le résultat du test VIH doit être interprété par un médecin en tenant compte du type de test effectué, du comportement à risque de la personne et de la date à laquelle il s'est produit.

Résultats de l'examen sanguin

En France, les résultats de laboratoire sont basés sur un indice appelé "Ratio" (ou Index). Bien que chaque laboratoire puisse avoir ses propres réglages, les valeurs de référence habituelles sont:

  • Ratio supérieur ou égal à 1,00 (Positif / Réactif): indique que des anticorps ou l'antigène p24 ont été détectés, ce qui signifie que la personne est porteuse du virus;
  • Ratio inférieur à 1,00 (Négatif / Non-réactif): signifie qu'aucune trace d'infection n'a été trouvée au moment du test;
  • Résultat Indéterminé: signifie que le ratio est proche du seuil limite, rendant l'interprétation impossible et nécessitant un nouveau prélèvement après quelques semaines.

Ces valeurs numériques permettent au biologiste de valider la sensibilité du test avant de délivrer le compte-rendu final.

Chaque résultat doit être validé par un professionnel de santé afin d'orienter le patient vers la prise en charge la plus adaptée.

Test rapide et autotest

  • Positif: le test est considéré comme réactif et doit impérativement être confirmé par une prise de sang en laboratoire;
  • Négatif: le test est non-réactif, ce qui confirme l'absence de contamination si le dernier risque remonte à plus de 3 mois.

En cas de doute sur l'utilisation de l'autotest, il est fortement conseillé de consulter un médecin ou de se rendre dans un centre de dépistage.

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Que faire en cas d'exposition récente

Si la personne a pris un risque il y a moins de 72 heures, il est recommandé de ne pas attendre le test de dépistage. En effet, il est fondamental de se rendre immédiatement aux urgences d'un hôpital ou dans un CeGIDD pour demander un TPE (Traitement Post-Exposition), aussi appelé PEP.

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Ce traitement d'urgence, s'il est commencé idéalement dans les 4 heures (et au maximum 72 heures) après le risque, peut empêcher le virus de s'installer dans votre organisme.

Que faire en cas de faux négatif

Un faux négatif survient presque toujours lorsque le test est pratiqué trop tôt, pendant la fenêtre immunologique. L'organisme n'a pas encore eu le temps de produire assez d'anticorps ou de virus pour que les appareils de laboratoire puissent les détecter.

En respectant le délai de 6 semaines pour une prise de sang, le risque de faux négatif est quasi nul avec les tests actuels.

Suivi et charge virale

Une fois le diagnostic de séropositivité posé, le médecin utilise l'examen de la charge virale pour surveiller l'efficacité du traitement.

Les valeurs indicatives sont généralement:

  • Plus de 100 000 copies/mL: indique une charge virale élevée et une multiplication rapide du virus;
  • Moins de 50 copies/mL (Indétectable): signifie que le virus est présent en quantité si faible que les machines de laboratoire ne parviennent plus à le compter.

L'objectif principal du traitement est d'atteindre et de maintenir une charge virale indétectable pour protéger le système immunitaire.

En France, les autorités sanitaires confirment le principe I=I (indétectable = intransmissible). Une personne sous traitement efficace avec une charge virale indétectable depuis plus de 6 mois ne transmet plus le VIH à ses partenaires sexuels. Cependant, le préservatif reste recommandé pour se protéger des autres infections sexuellement transmissibles (syphilis, chlamydia, etc.).