Symptômes du VIH: premiers signes, délai (et quand faire un test)

Le VIH, ou virus de l’immunodéficience humaine, est un virus qui attaque progressivement le système immunitaire. En l’absence de traitement, il peut évoluer vers le sida, qui correspond au stade avancé de l’infection.

Les symptômes du VIH peuvent ressembler à ceux d’une grippe, avec de la fièvre, une fatigue importante, des maux de gorge, des ganglions gonflés, une diarrhée ou une éruption cutanée. Cependant, certaines personnes ne présentent aucun symptôme pendant plusieurs années.

Même lorsque les symptômes disparaissent, le virus peut rester présent dans l’organisme et continuer à se transmettre. Le seul moyen de savoir si l’on est porteur du VIH est de réaliser un test de dépistage.

patiente en consultation médicale concernant le VIH

Principaux symptômes du VIH

Les symptômes du VIH varient selon le stade de l’infection.

Ils peuvent apparaître dans les semaines suivant la contamination, disparaître spontanément, puis laisser place à une phase silencieuse pendant laquelle le virus continue d’évoluer dans l’organisme.

Les symptômes possibles du VIH sont:

  • Fièvre ou frissons;
  • Fatigue importante;
  • Maux de tête;
  • Maux de gorge;
  • Ganglions gonflés, surtout au niveau du cou, des aisselles ou de l’aine;
  • Douleurs musculaires ou articulaires;
  • Éruption cutanée;
  • Sueurs nocturnes;
  • Aphtes ou plaies dans la bouche;
  • Diarrhée;
  • Toux;
  • Perte de poids inexpliquée;
  • Infections fréquentes ou inhabituelles.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques au VIH et peuvent être causés par d’autres infections.

En cas de rapport sexuel non protégé, de rupture de préservatif ou d’exposition au sang, il est important de faire un test de dépistage, même en l’absence de symptômes.

Au bout de combien de temps apparaissent les symptômes du VIH?

Les premiers symptômes du VIH peuvent apparaître environ 2 à 4 semaines après la contamination.

Chez certaines personnes, des signes peuvent même survenir dès les premières semaines, tandis que d’autres ne présentent aucun symptôme visible.

Ces premiers signes correspondent à la primo-infection, une période pendant laquelle le virus se multiplie rapidement dans l’organisme.

Les symptômes peuvent durer quelques jours à quelques semaines, puis disparaître spontanément.

La disparition des symptômes ne signifie pas que l’infection a disparu. Sans traitement, le VIH reste présent dans l’organisme et peut continuer à affaiblir progressivement le système immunitaire.

1. Primo-infection

La primo-infection correspond au premier stade de l’infection par le VIH.

Elle survient dans les semaines qui suivent le contact avec le virus et peut provoquer des symptômes proches de ceux d’une grippe, d’une angine ou d’une mononucléose.

Les symptômes possibles pendant la primo-infection sont:

  • Fatigue importante;
  • Fièvre ou frissons;
  • Maux de tête;
  • Maux de gorge;
  • Ganglions gonflés;
  • Douleurs musculaires ou articulaires;
  • Éruption cutanée;
  • Aphtes ou plaies dans la bouche;
  • Sueurs nocturnes;
  • Diarrhée;
  • Toux.

Ces signes peuvent être légers ou passer inaperçus.

Une personne peut donc avoir contracté le VIH sans s’en rendre compte, ce qui rend le dépistage essentiel après une situation à risque.

2. Phase chronique sans symptômes

Après la primo-infection, une phase chronique peut s’installer.

Pendant cette période, la personne ne ressent souvent aucun symptôme, mais le virus reste présent dans l’organisme.

Cette phase silencieuse peut durer plusieurs années en l’absence de traitement.

Même sans symptômes, une personne vivant avec le VIH peut transmettre le virus si elle n’est pas traitée ou si sa charge virale n’est pas indétectable.

3. Phase symptomatique

Lorsque le VIH n’est pas traité, le système immunitaire s’affaiblit progressivement. Des symptômes liés à la baisse des défenses immunitaires peuvent alors apparaître.

Les symptômes possibles sont:

  • Fièvre persistante;
  • Sueurs nocturnes fréquentes;
  • Fatigue importante;
  • Perte de poids inexpliquée;
  • Diarrhée chronique;
  • Ganglions gonflés;
  • Candidose buccale ou vaginale;
  • Plaques blanches dans la bouche ou sur la langue;
  • Zona ou poussées d’herpès plus fréquentes;
  • Plaies dans la bouche ou la région génitale;
  • Infections de la peau;
  • Taches rouges, violettes ou brunâtres sur la peau.

Chez les femmes, le VIH non traité peut aussi être associé à un risque plus élevé d’anomalies du col de l’utérus, notamment en cas d’infection persistante par certains papillomavirus humains.

Symptômes du sida

Le sida correspond au stade avancé de l’infection par le VIH. Il apparaît lorsque le système immunitaire est fortement affaibli et ne parvient plus à lutter efficacement contre certaines infections ou maladies.

Les principaux symptômes du sida sont:

  • Fièvre élevée et persistante;
  • Sueurs nocturnes fréquentes;
  • Diarrhée continue;
  • Fatigue intense qui ne s’améliore pas avec le repos;
  • Faiblesse importante;
  • Perte de poids rapide;
  • Toux persistante;
  • Difficulté à respirer;
  • Plaques blanches persistantes dans la bouche ou sur la langue;
  • Plaies chroniques dans la bouche, la région génitale ou l’anus;
  • Taches rouges, violettes ou brunâtres sur la peau;
  • Troubles de la mémoire, confusion ou troubles neurologiques.

À ce stade, des infections opportunistes ou certains cancers peuvent se développer, comme la pneumonie à Pneumocystis, la tuberculose, la candidose sévère, le lymphome, le cancer du col de l’utérus ou le sarcome de Kaposi.

Quand faire un test VIH?

Il est recommandé de faire un test VIH après un rapport sexuel non protégé ou mal protégé, en cas de rupture de préservatif, de partage de matériel d’injection, de contact avec du sang potentiellement contaminé, de diagnostic d’une autre infection sexuellement transmissible ou avant un projet de grossesse.

Un dépistage est aussi indiqué en cas de symptômes compatibles avec une primo-infection, surtout si une situation à risque a eu lieu dans les semaines précédentes.

En France, le test VIH peut être réalisé:

  • En laboratoire de biologie médicale, avec ou sans ordonnance;
  • Dans un CeGIDD, c’est-à-dire un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic;
  • Auprès de certaines associations habilitées à réaliser des tests rapides;
  • À domicile, avec un autotest acheté en pharmacie.

Un test Elisa de 4e génération réalisé en laboratoire est considéré comme fiable si la dernière prise de risque remonte à 6 semaines ou plus.

En revanche, un TROD ou un autotest négatif ne permet d’être rassuré que si la prise de risque remonte à 3 mois ou plus.

Lisez aussi: Dépistage du VIH: quand faire le test, types de tests (et résultats) tuasaude.com/fr/vih-depistage

Que faire après une exposition récente au VIH?

En cas de rapport sexuel non protégé, de rupture de préservatif ou de contact avec du sang datant de moins de 48 heures, il faut consulter rapidement les urgences, un CeGIDD ou un service spécialisé.

Un traitement post-exposition, aussi appelé TPE, peut être proposé après évaluation médicale.

Il doit être commencé le plus tôt possible, idéalement dans les 4 heures suivant l’exposition, et au plus tard dans les 48 heures.

Le TPE associe plusieurs antirétroviraux pendant une durée déterminée.

Son indication dépend du type d’exposition, du statut VIH de la personne source, de sa charge virale si elle est connue, et du contexte de l’exposition.

Traitement du VIH

Le VIH ne peut pas encore être éliminé complètement de l’organisme, mais il existe des traitements très efficaces.

Le traitement antirétroviral bloque la multiplication du virus, protège le système immunitaire et réduit fortement le risque d’évolution vers le sida.

Lisez aussi: Traitement du VIH: trithérapie, médicaments (et effets secondaires) tuasaude.com/fr/tritherapie

Le traitement doit être commencé le plus tôt possible après le diagnostic, selon l’évaluation de l’infectiologue.

Il repose généralement sur une association d’antirétroviraux, choisie selon la situation de chaque personne, les résultats des examens, les autres maladies éventuelles et les risques d’interactions avec d’autres médicaments.

L’objectif du traitement est d’obtenir une charge virale indétectable.

Lorsqu’une personne prend correctement son traitement, qu’elle est suivie régulièrement et que sa charge virale reste durablement indétectable, le VIH ne se transmet pas par voie sexuelle.

Précautions pendant le traitement

Pendant le traitement du VIH, certaines précautions permettent de maintenir l’efficacité des médicaments, de surveiller l’évolution de l’infection et de limiter le risque de transmission.

Il est recommandé de:

  • Prendre les antirétroviraux tous les jours, selon les horaires et les doses indiqués;
  • Ne pas interrompre le traitement sans avis médical;
  • Réaliser régulièrement les analyses de suivi, notamment la charge virale et le taux de lymphocytes CD4;
  • Consulter régulièrement l’infectiologue;
  • Signaler tout effet secondaire ou oubli répété de traitement;
  • Utiliser un préservatif si la charge virale n’est pas encore indétectable ou en cas de doute sur le suivi;
  • Réaliser un dépistage régulier des autres infections sexuellement transmissibles;
  • Ne jamais partager de seringues ou de matériel d’injection;
  • Discuter avec l’infectiologue en cas de désir de grossesse, de grossesse ou d’allaitement.

En France, l’allaitement chez une personne vivant avec le VIH peut être discuté uniquement dans des conditions médicales strictes, notamment si la charge virale est indétectable, avec un suivi rapproché de la mère et de l’enfant, ainsi qu’une prophylaxie adaptée pour l’enfant.

Différences entre VIH et sida

Le VIH est le virus responsable de l’infection. Il attaque les lymphocytes CD4, qui sont des cellules essentielles du système immunitaire.

Le sida est le stade avancé de l’infection par le VIH. Il survient lorsque les défenses immunitaires sont très affaiblies, notamment lorsque le taux de lymphocytes CD4 est très bas ou lorsqu’une maladie opportuniste apparaît.

Une personne peut donc vivre avec le VIH sans avoir le sida.

Grâce aux traitements antirétroviraux, la plupart des personnes diagnostiquées et traitées tôt peuvent vivre longtemps, avec une bonne qualité de vie et sans transmettre le virus par voie sexuelle lorsque la charge virale reste indétectable.