Helicobacter pylori, ou H. pylori, est une bactérie qui colonise la muqueuse de l’estomac et peut provoquer une inflammation chronique appelée gastrite. L’infection est souvent asymptomatique, mais elle peut entraîner des douleurs ou des brûlures d’estomac, des nausées ou des ballonnements.
Sans traitement, H. pylori peut favoriser l’apparition d’un ulcère de l’estomac ou du duodénum et, plus rarement, augmenter le risque de certains cancers de l’estomac.
Le diagnostic repose notamment sur le test respiratoire à l’urée, la recherche d’antigènes dans les selles ou une endoscopie avec biopsies. En cas d’infection confirmée, le traitement associe généralement plusieurs antibiotiques à un médicament réduisant l’acidité de l’estomac.
Principaux symptômes
La majorité des personnes infectées par Helicobacter pylori ne présentent aucun symptôme.
Lorsqu’ils apparaissent, les principaux symptômes de H. pylori sont:
- Douleur ou sensation de brûlure dans la partie supérieure de l’abdomen;
- Sensation de digestion difficile;
- Ballonnements;
- Éructations fréquente ;
- Nausées;
- Diminution de l’appétit;
- Sensation d’être rapidement rassasié.
Des selles noires, des vomissements contenant du sang, une perte de poids inexpliquée ou une anémie peuvent être le signe d’un ulcère ou d’une autre complication et nécessitent une consultation médicale rapide.
Lisez aussi: 6 symptômes de l'infection à Hélicobacter pylori tuasaude.com/fr/helicobacter-pylori-symptomesTest de symptômes en ligne
Le test de symptômes peut aider à identifier des signes compatibles avec une infection à H. pylori, mais il ne permet pas de confirmer la présence de la bactérie.
Toutefois, il est important de souligner que ce test ne sert que d'outil d'orientation et qu'il ne doit en aucun cas remplacer une consultation avec un gastro-entérologue.
Seul un examen spécifique, comme un test respiratoire, un test dans les selles ou une endoscopie avec biopsie, permet d'établir le diagnostic.
Helicobacter pylori: est-ce grave?
L'infection par Helicobacter pylori n'est généralement pas grave à court terme et de nombreuses personnes restent asymptomatiques pendant des années.
Cependant, la bactérie provoque une inflammation chronique de la muqueuse de l'estomac et peut entraîner, chez certaines personnes, un ulcère gastrique ou duodénal.
H. pylori constitue également un facteur de risque reconnu de cancer gastrique et de lymphome gastrique du MALT.
Le risque individuel reste néanmoins faible et dépend notamment de la durée de l'infection, de l'état de la muqueuse gastrique et d'autres facteurs de risque.
L'éradication de la bactérie permet de traiter l'infection et contribue à réduire le risque de complications, notamment d'ulcère et de cancer gastrique.
Comment confirmer le diagnostic
Plusieurs tests permettent de rechercher Helicobacter pylori. Le choix de l'examen dépend notamment de l'âge, des symptômes, des antécédents et de la nécessité ou non de réaliser une endoscopie.
Les principaux tests sont:
1. Test respiratoire à l'urée
Le test respiratoire à l'urée marquée au carbone 13 permet de détecter une infection active par H. pylori.
Après avoir ingéré une solution contenant de l'urée marquée, la personne souffle dans un tube. Lorsque H. pylori est présent dans l'estomac, son activité enzymatique produit du dioxyde de carbone marqué, qui peut être détecté dans l'air expiré.
Ce test est également utilisé après le traitement pour vérifier que la bactérie a bien été éliminée.
Pour éviter un résultat faussement négatif, il est généralement nécessaire d'avoir arrêté les antibiotiques depuis au moins 4 semaines et les inhibiteurs de la pompe à protons, ou IPP, depuis au moins 2 semaines, selon les recommandations du médecin.
2. Recherche d'antigènes dans les selles
La recherche d'antigènes de H. pylori dans les selles peut également mettre en évidence une infection active.
Ce test peut être utilisé pour le diagnostic et, dans certaines situations, pour vérifier l'éradication après le traitement.
3. Endoscopie avec biopsies
Une endoscopie digestive haute peut être indiquée lorsqu'il existe des symptômes d'alarme, certains facteurs de risque ou lorsqu'une exploration directe de l'estomac est nécessaire.
Pendant l'examen, le gastro-entérologue peut prélever de petits fragments de la muqueuse gastrique afin de rechercher H. pylori par histologie, test rapide à l'uréase, culture ou analyse moléculaire.
Ces examens peuvent également permettre d'étudier la sensibilité de la bactérie aux antibiotiques et d'adapter le traitement.
4. Sérologie
Une prise de sang peut rechercher les anticorps dirigés contre H. pylori.
Cependant, les anticorps peuvent rester présents longtemps après la disparition de la bactérie. La sérologie n'est donc pas adaptée pour vérifier si le traitement a permis d'éradiquer l'infection.
Mode de transmission
Helicobacter pylori se transmet principalement d'une personne à une autre, souvent au cours de l'enfance.
Les mécanismes exacts de transmission ne sont pas totalement élucidés, mais les voies fécale-orale, orale-orale et gastro-orale sont considérées comme possibles.
Le risque de transmission semble notamment favorisé par la vie en collectivité ou au sein d'un même foyer et par des conditions d'hygiène insuffisantes.
Pour réduire le risque de transmission, il est recommandé de se laver soigneusement les mains après être allé aux toilettes et avant de préparer ou de consommer des aliments, ainsi que d'utiliser de l'eau potable.
Possibilités de traitement
Le traitement repose sur une association de médicaments réduisant l'acidité gastrique et de plusieurs antibiotiques.
En France, le choix du traitement dépend notamment de la sensibilité de la bactérie aux antibiotiques et des antibiotiques déjà utilisés par la personne.
Lorsque la sensibilité aux antibiotiques est connue, le médecin peut prescrire un traitement ciblé en fonction des résultats de la culture, de l'antibiogramme ou d'un test moléculaire.
Lorsque cette information n'est pas disponible, les recommandations françaises prévoient notamment des quadrithérapies associant un inhibiteur de la pompe à protons à plusieurs antibiotiques, avec ou sans bismuth.
Il est important de respecter les doses et la durée prescrites, car une mauvaise observance favorise l'échec du traitement et l'apparition de résistances aux antibiotiques.
Après le traitement, l'éradication de H. pylori doit être contrôlée, le plus souvent par un test respiratoire. Celui-ci est généralement réalisé au moins 4 semaines après la fin des antibiotiques et 2 semaines après l'arrêt des IPP.
Traitement naturel
Les traitements naturels ne permettent pas de remplacer les antibiotiques prescrits pour éradiquer Helicobacter pylori.
Certaines mesures alimentaires peuvent néanmoins contribuer à améliorer le confort digestif pendant le traitement. Il peut notamment être utile d'adapter l'alimentation en fonction des aliments qui aggravent les brûlures, les douleurs ou les nausées.
Les probiotiques ont également été étudiés en complément du traitement médical. Certaines études montrent qu'ils pourraient réduire certains effets indésirables des antibiotiques, notamment la diarrhée ou les nausées, et pourraient légèrement améliorer les taux d'éradication.
Cependant, l'efficacité varie selon les souches et les préparations utilisées. Les probiotiques doivent donc être considérés comme un complément éventuel au traitement et non comme un moyen d'éliminer H. pylori seuls.
Lisez aussi: Alimentation contre H. pylori: que manger et que éviter tuasaude.com/fr/alimentation-contre-helicobacter-pyloriQuestions fréquemment posées
-
Oui, Helicobacter pylori peut se transmettre d'une personne à une autre, notamment entre personnes vivant dans le même foyer.
La voie exacte de transmission reste toutefois imparfaitement connue. La transmission fécale-orale semble jouer un rôle important, tandis que des transmissions orale-orale ou par contact avec des vomissures contaminées sont également possibles.
Une bonne hygiène des mains et l'accès à une eau potable contribuent à limiter la transmission.
-
Il n'existe pas un seul « nouveau traitement » convenant à toutes les personnes infectées. La principale évolution de la prise en charge consiste à adapter davantage les antibiotiques aux résistances de H. pylori.
En France, lorsque cela est possible, un traitement guidé par une analyse de la sensibilité aux antibiotiques peut être proposé.
Des traitements associant quatre médicaments sont également utilisés lorsque cette sensibilité n'est pas connue.
-
Helicobacter pylori provoque principalement des symptômes digestifs et il n'existe pas de symptôme buccal spécifique permettant de reconnaître l'infection.
La bactérie peut parfois être détectée dans la salive ou la plaque dentaire, mais le rôle exact de la bouche comme réservoir de H. pylori reste étudié.
Certaines recherches ont également observé une association entre l'infection et la mauvaise haleine, mais une mauvaise haleine peut avoir de nombreuses autres causes, notamment les problèmes dentaires ou gingivaux.