Traitement du VIH: trithérapie, médicaments (et effets secondaires)

Le traitement du VIH repose sur une association de médicaments antirétroviraux qui empêchent le virus de se multiplier. Il permet de diminuer la charge virale, de préserver les défenses immunitaires et d’empêcher l’évolution de l’infection vers le sida.

Ce traitement est souvent appelé « trithérapie », car il associait traditionnellement trois médicaments antirétroviraux. Cependant, certaines personnes peuvent aujourd’hui recevoir une bithérapie ou, dans des situations particulières, un traitement injectable à longue durée d’action.

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Le traitement ne permet pas d’éliminer définitivement le VIH de l’organisme. Néanmoins, lorsqu’il est pris correctement, il permet généralement de vivre longtemps et en bonne santé. Une charge virale durablement indétectable empêche également la transmission sexuelle du VIH.

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Quand commencer le traitement 

Le traitement antirétroviral est recommandé à toute personne dont le diagnostic de VIH est confirmé, quels que soient son état de santé, sa charge virale ou son nombre de lymphocytes T CD4. En savoir plus sur le diagnostic du VIH.

En règle générale, le traitement est commencé rapidement, généralement dans les 14 jours suivant l’annonce du diagnostic. Il peut être débuté dès la première consultation spécialisée, notamment en cas de primo-infection, de grossesse au-delà de 24 semaines d’aménorrhée ou de risque élevé de transmission.

Commencer le traitement rapidement permet de diminuer la quantité de virus présente dans le sang, de préserver ou restaurer les défenses immunitaires et de prévenir les infections opportunistes ainsi que les autres complications liées au VIH.

Le traitement reste indiqué lorsque le diagnostic est réalisé à un stade avancé. Dans cette situation, d’autres médicaments peuvent également être nécessaires pour prévenir ou traiter certaines infections opportunistes.

Comment fonctionne la trithérapie 

Les médicaments antirétroviraux agissent à différentes étapes du cycle de multiplication du VIH.

Ils peuvent notamment empêcher le virus d’entrer dans certaines cellules, de transformer son matériel génétique, de l’intégrer dans l’ADN de la cellule ou de produire de nouvelles particules virales.

L’association de plusieurs médicaments permet d’obtenir une action antivirale puissante et de limiter le risque que le VIH devienne résistant au traitement.

Le terme « trithérapie » désigne une association comprenant trois antirétroviraux actifs. Cependant, le nombre de médicaments ne détermine pas à lui seul l’efficacité du traitement.

Certaines bithérapies modernes peuvent également être proposées en raison de leur efficacité, de leur bonne tolérance et de leur simplicité d’utilisation.

Types de traitement du VIH 

Le traitement est choisi par un médecin expérimenté dans la prise en charge du VIH. Il est adapté à la charge virale, au nombre de lymphocytes T CD4, aux éventuelles résistances du virus, aux autres maladies, aux médicaments déjà pris et au projet de grossesse.

Chez un adulte vivant avec le VIH-1, le premier traitement peut notamment associer deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse et un inhibiteur de l’intégrase.

Dans certaines situations, une bithérapie associant un inhibiteur nucléosidique et un inhibiteur de l’intégrase peut être proposée.

Parmi les médicaments pouvant être utilisés figurent notamment le ténofovir, l’emtricitabine, la lamivudine, l’abacavir, le bictegravir, le dolutégravir, la doravirine et la rilpivirine.

Plusieurs de ces médicaments peuvent être réunis dans un seul comprimé à prendre une fois par jour. 

1. Trithérapie

La trithérapie associe trois antirétroviraux actifs. Elle comprend généralement deux médicaments d’une première classe et un troisième médicament appartenant à une autre classe.

Elle reste fréquemment utilisée, notamment lorsque le traitement doit être commencé rapidement ou lorsque certaines caractéristiques de l’infection ne permettent pas de proposer une bithérapie.

2. Bithérapie

Certaines personnes vivant avec le VIH-1 peuvent recevoir une association de deux médicaments, comme le dolutégravir et la lamivudine.

Cette possibilité ne convient toutefois pas à toutes les situations.

Elle peut notamment être déconseillée en présence d’une hépatite B chronique, de certaines résistances du virus, d’un nombre de lymphocytes T CD4 inférieur à 200/mm³ ou d’une charge virale très élevée.

3. Traitement injectable

Une association injectable de cabotégravir et de rilpivirine peut être proposée à certaines personnes dont le VIH est déjà contrôlé par un traitement antirétroviral.

Les injections sont généralement réalisées tous les deux mois. Le respect des rendez-vous est indispensable, car un retard important peut favoriser la reprise de la multiplication virale et l’apparition de résistances.

Quand la charge virale devient-elle indétectable?

Le premier traitement doit normalement permettre de contrôler la multiplication du VIH dans un délai maximal d’environ 6 mois. Ce délai peut être plus long lorsque la charge virale est particulièrement élevée au début du traitement.

Une charge virale indétectable signifie que la quantité de virus présente dans le sang est devenue trop faible pour être mesurée par les tests courants. Cela ne signifie pas que le VIH a disparu de l’organisme.

Il est donc indispensable de continuer à prendre le traitement tous les jours, même lorsque la charge virale est indétectable.

Une personne indétectable peut-elle transmettre le VIH?

Une personne qui prend correctement son traitement et qui maintient une charge virale indétectable ne transmet pas le VIH lors des rapports sexuels.

Ce principe est appelé « Indétectable = Intransmissible », ou I = I.

Le suivi de la charge virale reste nécessaire pour vérifier que le traitement continue à être efficace. Le préservatif reste par ailleurs utile pour prévenir les autres infections sexuellement transmissibles et les grossesses non prévues.

Effets secondaires possibles

Les effets secondaires varient selon les médicaments prescrits. Ils peuvent notamment comprendre:

  • Nausées, diarrhées ou douleurs abdominales;
  • Maux de tête ou des vertiges;
  • Fatigue ou troubles du sommeil;
  • Éruption cutanée;
  • Modification de l’appétit ou du poids;
  • Troubles de l’humeur;
  • Modification du fonctionnement du foie ou des reins;
  • Augmentation du cholestérol ou des triglycérides.

Certains antirétroviraux peuvent aussi interagir avec des médicaments contre la tuberculose, l’épilepsie ou le reflux gastro-œsophagien, ainsi qu’avec certains contraceptifs ou compléments alimentaires.

La plupart des effets indésirables peuvent être surveillés ou pris en charge en adaptant l’association prescrite. Il ne faut cependant jamais arrêter le traitement sans avis médical.

Le traitement est-il pris en charge en France?

En France, l’infection par le VIH est reconnue comme une affection de longue durée, ou ALD.

Les examens, les consultations et les traitements en rapport avec le VIH peuvent être pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, dans la limite des tarifs de remboursement.

La demande d’ALD est généralement réalisée par le médecin à l’aide d’un protocole de soins.