PMA: techniques, procédure en France (et âge limite)

La procréation médicalement assistée (PMA), officiellement appelée assistance médicale à la procréation (AMP) en France, regroupe différentes techniques médicales permettant de favoriser ou d’obtenir une grossesse, comme l’insémination artificielle, la fécondation in vitro (FIV) et l’accueil d’embryon.

La PMA peut être proposée en cas d’infertilité, mais elle n’est pas réservée aux personnes ayant des difficultés à concevoir. En France, elle est également accessible aux couples de femmes et aux femmes non mariées dans le cadre d’un projet parental.

La technique utilisée est choisie par l’équipe médicale en fonction de la situation, de l’âge, des résultats du bilan de fertilité lorsqu’il est nécessaire, de l’utilisation éventuelle d’un don de gamètes et des chances de réussite du traitement.

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Principales indications

Une PMA peut être envisagée dans différentes situations, notamment:

  • En cas de troubles de l’ovulation;
  • En cas de diminution de la réserve ovarienne;
  • En présence d’une obstruction ou d’une altération des trompes utérines;
  • En cas d’endométriose;
  • Lorsque le nombre, la mobilité ou d’autres caractéristiques des spermatozoïdes sont altérés;
  • En cas d’infertilité sans cause identifiée;
  • Lorsque des tentatives de grossesse ou des traitements précédents n’ont pas permis d’obtenir une grossesse;
  • Lorsqu’un don de spermatozoïdes ou d’ovocytes est nécessaire;
  • Dans le cadre d’un projet parental chez un couple de femmes ou une femme non mariée;
  • Lorsqu’il existe un risque élevé de transmission de certaines maladies génétiques.

L’indication et la technique de PMA sont déterminées au cas par cas par l’équipe médicale.

Principales techniques et procédures de PMA

Les principales techniques permettant d’obtenir une grossesse dans le cadre d’une PMA en France sont l’insémination artificielle, la fécondation in vitro (FIV), notamment avec ICSI, et l’accueil d’embryon.

D’autres procédures peuvent faire partie du parcours de PMA, comme la stimulation ovarienne, le don d’ovocytes ou de spermatozoïdes et la cryoconservation des gamètes ou des embryons. 

1. Insémination artificielle

L’insémination artificielle, généralement réalisée par voie intra-utérine, consiste à déposer des spermatozoïdes préparés en laboratoire directement dans l’utérus au moment de l’ovulation afin de favoriser la rencontre entre le spermatozoïde et l’ovocyte.

Une stimulation ovarienne peut être réalisée au préalable afin de favoriser le développement d’un ou de plusieurs follicules. L’ovulation est alors surveillée par échographie et, si nécessaire, par des dosages hormonaux.

L’insémination peut être réalisée avec les spermatozoïdes du conjoint ou avec ceux d’un donneur.

Indications: l’insémination peut notamment être envisagée dans certaines infertilités inexpliquées, certains troubles de l’ovulation ou anomalies modérées du sperme, ainsi que dans les parcours nécessitant un don de spermatozoïdes.

Pour pouvoir réaliser une insémination intra-utérine, au moins une trompe utérine doit généralement être fonctionnelle.

2. Fécondation in vitro

La fécondation in vitro, ou FIV, consiste à réaliser la fécondation d’un ovocyte par un spermatozoïde en laboratoire, c’est-à-dire en dehors de l’organisme.

Le traitement commence généralement par une stimulation ovarienne à l’aide de médicaments hormonaux afin de permettre le développement de plusieurs follicules. Les ovocytes sont ensuite prélevés lors d’une ponction ovarienne.

Les ovocytes sont mis en contact avec les spermatozoïdes au laboratoire afin de permettre leur fécondation. Les embryons obtenus sont surveillés pendant quelques jours avant qu’un embryon soit transféré dans l’utérus.

Les embryons qui ne sont pas transférés et qui répondent aux critères nécessaires peuvent être congelés pour une utilisation ultérieure.

En France, le transfert d’un seul embryon est aujourd’hui très fréquent afin de limiter le risque de grossesse multiple. Le nombre d’embryons transférés est déterminé par l’équipe médicale en fonction de chaque situation.

Indications: la FIV peut notamment être proposée en cas d’obstruction ou d’altération importante des trompes utérines, d’endométriose, de certaines anomalies spermatiques, d’échec d’autres traitements ou lorsque la situation médicale rend cette technique plus adaptée.

Elle peut également être réalisée avec des ovocytes ou des spermatozoïdes provenant d’un donneur lorsque cela est nécessaire.

Lisez aussi: Fécondation In Vitro (FIV): c'est quoi, indications et déroulement tuasaude.com/fr/fiv

3. FIV avec ICSI

L’injection intracytoplasmique de spermatozoïde, appelée ICSI, est une technique utilisée dans le cadre d’une FIV.

Elle consiste à sélectionner un spermatozoïde puis à l’injecter directement à l’intérieur d’un ovocyte à l’aide d’une micropipette. Après la fécondation, l’embryon se développe en laboratoire avant d’être transféré dans l’utérus.

Indications: l’ICSI peut notamment être proposée en cas d’altération importante du nombre, de la mobilité ou de certaines caractéristiques des spermatozoïdes, ou lorsque la fécondation n’a pas eu lieu ou a été insuffisante lors d’une précédente FIV classique.

L’indication dépend toutefois de l’évaluation réalisée par l’équipe médicale.

4. Accueil d’embryon

L’accueil d’embryon permet à une femme ou à un couple de recevoir un embryon qui avait été conçu dans le cadre du projet parental d’autres personnes et qui a ensuite été proposé à l’accueil.

L’embryon congelé est décongelé puis transféré dans l’utérus de la personne qui portera la grossesse.

Indications: l’accueil d’embryon peut notamment être envisagé dans certaines situations d’infertilité touchant les deux membres d’un couple, en cas de risque de transmission d’une maladie génétique, après l’échec d’autres traitements ou dans certaines situations concernant une femme non mariée.

5. Don d’ovocytes

Le don d’ovocytes consiste à utiliser les ovocytes d’une donneuse dans le cadre d’une fécondation in vitro.

Les ovocytes donnés sont fécondés en laboratoire avec les spermatozoïdes du conjoint ou d’un donneur, puis l’embryon obtenu est transféré dans l’utérus de la femme qui souhaite être enceinte.

Indications: le don d’ovocytes peut notamment être proposé lorsque la femme ne produit pas d’ovocytes utilisables, présente une insuffisance ovarienne, une faible réserve ovarienne importante ou un risque élevé de transmettre certaines maladies génétiques.

6. Don de spermatozoïdes

Le don de spermatozoïdes consiste à utiliser les spermatozoïdes d’un donneur dans le cadre d’une PMA.

Ils peuvent être utilisés lors d’une insémination artificielle ou d’une fécondation in vitro.

Indications: le don de spermatozoïdes peut notamment être nécessaire chez une femme seule, dans un couple de femmes, en cas d’infertilité masculine importante ou lorsqu’il existe un risque de transmission de certaines maladies génétiques.

Lorsqu’une PMA fait intervenir un tiers donneur, un consentement préalable devant un notaire est nécessaire en France.

7. Stimulation ovarienne

La stimulation ovarienne consiste à administrer des médicaments hormonaux afin de favoriser le développement d’un ou de plusieurs follicules contenant les ovocytes.

Elle peut être utilisée avant une insémination artificielle ou une FIV. Dans le cadre d’une insémination, l’objectif est généralement de favoriser une ovulation dans des conditions optimales. Lors d’une FIV, elle permet d’obtenir plusieurs ovocytes au cours d’un même cycle.

Pendant le traitement, la réponse des ovaires est surveillée par des échographies et parfois par des prises de sang afin d’adapter les doses de médicaments et de réduire le risque de complications.

Indications: la stimulation ovarienne peut notamment être utilisée chez les femmes présentant des troubles de l’ovulation ou comme étape préalable à une insémination artificielle ou à une FIV.

8. Cryoconservation des ovocytes, spermatozoïdes et embryons

La cryoconservation consiste à congeler et conserver des ovocytes, des spermatozoïdes ou des embryons afin qu’ils puissent être utilisés ultérieurement.

Dans le cadre d’une FIV, les embryons qui ne sont pas transférés immédiatement et qui répondent aux critères nécessaires peuvent être congelés en vue d’un transfert ultérieur.

La conservation des ovocytes ou des spermatozoïdes peut également être proposée avant certains traitements susceptibles d’altérer la fertilité, comme certains traitements contre le cancer.

En France, l’autoconservation des gamètes sans indication médicale est également autorisée sous certaines conditions d’âge prévues par la réglementation.

Indications: la cryoconservation peut être envisagée lorsqu’il existe un risque d’altération future de la fertilité, dans le cadre d’une FIV ou lorsqu’une personne souhaite conserver ses gamètes dans les conditions prévues par la loi.

Procédure de la PMA en France

La procédure de PMA dépend de la technique envisagée et de la situation de la femme ou du couple.

Les principales étapes sont généralement:

  1. Première consultation: la situation médicale et le projet parental sont évalués dans un centre spécialisé;
  2. Bilan médical: lorsque cela est nécessaire, différents examens peuvent être réalisés, comme des analyses sanguines, une échographie gynécologique ou un spermogramme;
  3. Entretiens avec l’équipe du centre: les demandeurs sont informés des différentes techniques, de leurs possibilités de réussite ou d’échec, de leurs effets indésirables, de leurs risques et de leurs contraintes;
  4. Choix de la technique: selon la situation, une insémination, une FIV ou une autre technique adaptée peut être proposée;
  5. Délai de réflexion: après les étapes d’information prévues par la loi, un délai de réflexion d’un mois doit être respecté avant la confirmation écrite de la demande;
  6. Consentement en cas de tiers donneur: lorsqu’un don de spermatozoïdes, d’ovocytes ou d’embryons est nécessaire, un consentement devant un notaire est requis;
  7. Traitement: il peut comprendre une stimulation ovarienne, une insémination, une ponction d’ovocytes et une FIV ou un transfert embryonnaire selon la technique retenue;
  8. Recherche d’une grossesse: après l’insémination ou le transfert d’un embryon, un dosage sanguin de l’hormone bêta-hCG permet de déterminer si une grossesse a débuté.

Lorsque le test est positif, une échographie est généralement programmée par la suite afin de vérifier l’évolution de la grossesse.

PMA pour une femme seule

En France, une femme non mariée peut avoir recours à la PMA sans avoir à présenter une infertilité.

Cette possibilité existe depuis la loi de bioéthique de 2021, qui a élargi l’accès à l’AMP aux couples de femmes et aux femmes non mariées.

Chez une femme seule, le parcours implique généralement l’utilisation de spermatozoïdes provenant d’un donneur. Selon la situation médicale, l’équipe peut notamment proposer une insémination artificielle ou une FIV.

Plusieurs entretiens sont réalisés avec l’équipe du centre d’AMP afin d’évaluer la situation médicale et le projet parental et d’expliquer les techniques disponibles, leurs possibilités de réussite, leurs risques et leurs contraintes.

Le recours à un tiers donneur nécessite également un consentement préalable devant un notaire.

Les délais d’accès au traitement peuvent varier selon les centres et notamment selon la disponibilité des gamètes issus de dons.

PMA chez les couples de femmes

En France, les couples formés de deux femmes ont accès à la PMA.

Le parcours nécessite généralement le recours à un don de spermatozoïdes et peut inclure une insémination artificielle ou une FIV en fonction de la situation.

En revanche, la méthode dite ROPA, qui consiste à utiliser les ovocytes de l’une des femmes du couple pour créer un embryon ensuite transféré dans l’utérus de l’autre femme, n’est pas autorisée en France.

PMA chez les couples d’hommes

En France, l’accès à la PMA prévu par le Code de la santé publique concerne les couples composés d’un homme et d’une femme, les couples de femmes et les femmes non mariées. Un couple composé de deux hommes ne peut donc pas bénéficier d’une PMA en France dans ce cadre.

La gestation pour autrui (GPA), qui consiste pour une femme à porter un enfant pour le compte d’une autre personne ou d’un couple, est interdite en France.

Prise en charge de la PMA en France

En France, certains actes de PMA peuvent être pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie lorsqu’ils sont réalisés dans les conditions prévues.

La prise en charge est limitée à:

  • 6 inséminations artificielles pour obtenir une grossesse;
  • 4 tentatives de fécondation in vitro pour obtenir une grossesse.

Les critères administratifs de prise en charge, notamment ceux concernant l’âge, peuvent être différents des limites réglementaires permettant la réalisation médicale de certains actes.

Il est donc important de distinguer l’autorisation réglementaire de réaliser une PMA de son remboursement par l’Assurance Maladie.

Situations pouvant réduire les chances de réussite

Les chances de réussite d’une PMA varient considérablement d’une personne à l’autre et dépendent notamment:

  • De l’âge de la femme;
  • De la réserve ovarienne;
  • De la qualité des ovocytes;
  • Du nombre et des caractéristiques des spermatozoïdes;
  • De la cause de l’infertilité lorsqu’elle existe;
  • De l’état de l’utérus et des trompes;
  • De la qualité et du développement des embryons obtenus;
  • De la technique de PMA utilisée;
  • Des résultats des traitements précédents.

L’âge féminin constitue notamment un facteur important, car la quantité et la qualité des ovocytes diminuent progressivement avec l’âge.

Plusieurs tentatives peuvent être nécessaires avant d’obtenir une grossesse ou une naissance. L’équipe médicale évalue donc les chances de réussite individuellement avant et pendant le parcours.

Peut-on choisir le sexe du bébé avec une PMA?

En France, la PMA ne peut pas être utilisée pour choisir librement le sexe du futur enfant ou sélectionner des caractéristiques physiques.

Dans des situations médicales très spécifiques, un diagnostic préimplantatoire peut être autorisé afin de rechercher une anomalie génétique responsable d’une maladie d’une particulière gravité et reconnue comme incurable au moment du diagnostic.

Cette démarche est strictement encadrée et ne correspond pas à un choix du sexe du bébé pour convenance personnelle.

Questions fréquemment posées

  • Une PMA commence généralement par une consultation dans un centre spécialisé et, lorsque cela est nécessaire, par un bilan de fertilité.

    Après les entretiens et les examens, l’équipe médicale choisit la technique la plus adaptée. Il peut s’agir d’une insémination artificielle ou d’une FIV, éventuellement associée à une stimulation ovarienne.

    Lors d’une insémination, les spermatozoïdes préparés sont déposés dans l’utérus au moment de l’ovulation.

    Lors d’une FIV, les ovocytes sont prélevés et fécondés avec des spermatozoïdes en laboratoire. Un embryon est ensuite transféré dans l’utérus.

    Un test sanguin est réalisé après la procédure afin de rechercher une grossesse.

  • Il n’existe pas de délai permettant de prévoir précisément combien de temps il faudra pour tomber enceinte grâce à une PMA.

    Une grossesse peut survenir dès la première insémination tandis que plusieurs tentatives peuvent être nécessaires dans d’autres situations.

    Les chances de réussite dépendent notamment de l’âge de la femme, de la réserve ovarienne, de la qualité des ovocytes et des spermatozoïdes, de la cause de l’infertilité lorsqu’elle existe et de la technique utilisée.

     

  • En France, le prélèvement d’ovocytes en vue d’une PMA est possible jusqu’au 43e anniversaire. L’insémination artificielle, l’utilisation de gamètes conservés et le transfert d’embryons peuvent être réalisés jusqu’au 45e anniversaire de la femme qui portera l’enfant.

     

  • La PMA et la FIV ne sont pas synonymes.

    La PMA, officiellement appelée AMP en France, désigne l’ensemble des techniques médicales permettant d’obtenir ou de favoriser une grossesse.

    La fécondation in vitro, ou FIV, est l’une de ces techniques. Elle consiste à réaliser la fécondation entre un ovocyte et un spermatozoïde en laboratoire avant de transférer l’embryon obtenu dans l’utérus.

    Ainsi, une FIV est une PMA, mais toutes les PMA ne sont pas des FIV.