La névralgie d’Arnold, aussi appelée névralgie occipitale, est un type de mal de tête qui apparaît lorsque les nerfs occipitaux, qui partent de la partie haute du cou et remontent vers l’arrière de la tête et le cuir chevelu, sont irrités, comprimés ou inflammés.
Cette affection peut provoquer une douleur vive, fulgurante, en coup de poignard ou semblable à une décharge électrique, le plus souvent à l’arrière de la tête ou derrière les oreilles. Le cuir chevelu peut également devenir sensible au toucher, et la douleur peut parfois être confondue avec une migraine ou un autre type de mal de tête.
Le traitement de la névralgie d’Arnold dépend de sa cause et de l’intensité des symptômes. Il peut inclure des médicaments, de la kinésithérapie, des blocs nerveux ou des procédures destinées à réduire l’irritation du nerf, et une évaluation médicale est recommandée lorsque la douleur est intense, fréquente ou ne s’améliore pas.
Principaux symptômes
Le principal symptôme de la névralgie d’Arnold est une douleur soudaine ou intense qui commence dans la partie haute du cou ou à l’arrière de la tête, puis se propage le long du cuir chevelu.
Les autres symptômes fréquents incluent:
- Douleur vive, en coup de poignard, fulgurante ou semblable à une décharge électrique;
- Douleur à l’arrière de la tête, dans la partie haute du cou ou derrière les oreilles;
- Douleur pouvant toucher un seul côté ou les deux côtés de la tête;
- Sensibilité du cuir chevelu;
- Douleur ou sensibilité au toucher du cuir chevelu;
- Douleur pouvant être déclenchée par les mouvements du cou;
- Douleur sourde, sensation de brûlure ou douleur pulsatile entre les crises soudaines;
- Sensibilité au niveau des nerfs occipitaux;
- Douleur pouvant s’étendre vers le sommet de la tête.
La douleur liée à la névralgie d’Arnold suit souvent le trajet du grand nerf occipital, du petit nerf occipital ou du troisième nerf occipital.
Comme ses symptômes peuvent se chevaucher avec ceux de la migraine, de la céphalée de tension ou de la céphalée cervicogène, une évaluation médicale est importante pour poser un diagnostic précis.
Principales causes
La névralgie d’Arnold est souvent associée à:
1. Compression du nerf
La compression du nerf est l’une des principales causes de la névralgie d’Arnold.
Les nerfs occipitaux peuvent être comprimés lorsqu’ils passent entre les muscles, les tissus conjonctifs, les vaisseaux sanguins ou certaines structures de la partie haute du cou.
Cette compression peut irriter le nerf et provoquer une douleur qui part du cou et remonte vers le cuir chevelu.
Dans certains cas, le grand nerf occipital peut être touché près de l’artère occipitale ou dans des zones où le nerf traverse des espaces musculaires étroits.
2. Problèmes au niveau du cou
Les problèmes de la colonne cervicale haute tels que l'arthrose, les changements dégénératifs ou une irritation autour des racines nerveuses C2 et C3, peuvent aussi contribuer à la névralgie d’Arnold.
Lorsque les structures du cou sont inflammées ou rétrécies, les nerfs occipitaux peuvent être irrités. Cette situation peut entraîner une douleur à l’arrière de la tête, qui s’aggrave avec certaines positions ou certains mouvements du cou.
3. Traumatisme ou blessure
Un traumatisme de la tête ou du cou tel qu’un choc direct, un coup du lapin, une chute ou un autre traumatisme touchant la partie haute du cou ou le cuir chevelu, peut déclencher une névralgie d’Arnold. Il peut s’agir
La blessure peut provoquer une irritation du nerf, une inflammation ou la formation de tissu cicatriciel autour du nerf touché.
Les symptômes peuvent apparaître peu après le traumatisme ou se développer progressivement.
4. Tension musculaire
Des muscles tendus au niveau du cou et du haut du dos peuvent contribuer à l’irritation des nerfs occipitaux.
Cette situation peut se produire lorsque les muscles exercent une pression sur le nerf ou augmentent la tension dans les tissus environnants.
Une mauvaise posture et des sollicitations répétées du cou peuvent aggraver ce type d’irritation. Dans certains cas, la kinésithérapie peut aider à réduire la tension musculaire et à améliorer les symptômes.
5. Affections structurelles
Plus rarement, la névralgie d’Arnold peut être liée à des affections structurelles, comme des tumeurs, une malformation de Chiari ou des variations anatomiques des nerfs.
En effet, ces situations peuvent modifier le passage des nerfs dans le cou et le cuir chevelu.
Comme ces causes sont moins fréquentes mais potentiellement importantes, des examens d’imagerie peuvent être demandés lorsque les symptômes sont inhabituels, sévères ou ne s’améliorent pas avec le traitement initial.
Comment confirmer le diagnostic
Le diagnostic de la névralgie d’Arnold repose généralement sur les antécédents médicaux et l’examen clinique.
Le médecin interroge la personne sur la localisation, le type, l’intensité et les facteurs déclenchants de la douleur, puis recherche une sensibilité au niveau des nerfs occipitaux.
Les médecins recherchent souvent une douleur vive, fulgurante, en coup de poignard ou semblable à une décharge électrique, située dans la zone innervée par les nerfs occipitaux.
Une sensibilité au niveau du nerf et une amélioration de la douleur après un bloc du nerf occipital peuvent aider à confirmer le diagnostic.
Des examens d’imagerie, comme une IRM ou un scanner, peuvent être demandés si une autre affection doit être écartée.
Ces examens permettent d’évaluer le cou, le cerveau ou les structures environnantes lorsque les symptômes suggèrent une cause structurelle ou lorsque le diagnostic n’est pas clair.
Possibilités de traitement
Le traitement de la névralgie d’Arnold vise à réduire la douleur, à calmer le nerf touché et à traiter une éventuelle cause sous-jacente.
La meilleure approche dépend de l’intensité des symptômes, de la cause suspectée et de la réponse aux premiers traitements.
1. Médicaments
Des médicaments peuvent être utilisés pour contrôler la douleur et réduire l’irritation du nerf.
Les options peuvent inclure des anti-inflammatoires, des relaxants musculaires, des anticonvulsivants ou des antidépresseurs utilisés contre les douleurs nerveuses.
Ces médicaments doivent être utilisés sous avis médical, surtout lorsque les symptômes sont fréquents ou sévères.
Le choix du traitement dépend du type de douleur, des autres problèmes de santé et de la réponse de la personne au traitement.
2. Kinésithérapie
La kinésithérapie peut être utile lorsque les tensions cervicales, la posture ou les contractures musculaires contribuent aux symptômes.
Le traitement peut inclure des exercices, des techniques manuelles, un travail sur la posture et des méthodes visant à réduire la sensibilité de la zone touchée.
Certaines approches peuvent aussi inclure la neurostimulation électrique transcutanée, ou TENS, des étirements, du renforcement musculaire et des conseils sur les mouvements du cou.
L’objectif est de diminuer la pression ou l’irritation autour des nerfs occipitaux et d’améliorer la mécanique cervicale.
3. Bloc du nerf occipital
Un bloc du nerf occipital peut être utilisé à des fins diagnostiques et thérapeutiques.
Cette procédure consiste à injecter un anesthésique local, parfois associé à un corticostéroïde, près du nerf touché.
Le soulagement de la douleur après l’injection peut aider à confirmer l’implication du nerf occipital. Cet effet peut être temporaire, mais il peut orienter la suite du traitement.
4. Injections de toxine botulique
Des injections de toxine botulique peuvent être envisagées dans certains cas de névralgie d’Arnold.
Ce traitement peut aider à réduire les signaux douloureux et l’irritation liée aux muscles autour du nerf touché.
Il est généralement envisagé lorsque les symptômes ne répondent pas suffisamment aux traitements plus simples. Un spécialiste de la douleur ou un neurologue peut déterminer si cette option est adaptée.
5. Procédures par radiofréquence et cryoneurolyse
Les procédures par radiofréquence utilisent la chaleur ou une énergie pulsée pour réduire les signaux douloureux provenant du nerf touché.
La cryoneurolyse utilise le froid pour interrompre les signaux de douleur nerveuse.
Ces options peuvent être envisagées en cas de névralgie d’Arnold persistante ou difficile à traiter. Elles sont généralement réalisées par des spécialistes après l’établissement d’un diagnostic clair.
6. Stimulation du nerf occipital
La stimulation du nerf occipital peut être utilisée dans les cas sévères qui ne s’améliorent pas avec les autres traitements.
Elle consiste à placer un dispositif qui envoie de légères impulsions électriques près des nerfs occipitaux.
L’objectif est de réduire les signaux douloureux et d’améliorer les symptômes à long terme. Ce traitement est généralement réservé aux cas réfractaires.
7. Chirurgie
La chirurgie peut être envisagée lorsque la névralgie d’Arnold est causée par une compression du nerf et que les autres traitements n’ont pas fonctionné.
L’une des options chirurgicales est la décompression du grand nerf occipital.
La chirurgie n’est pas le traitement de première intention dans la plupart des cas. Elle est généralement envisagée uniquement après une évaluation approfondie par un spécialiste.
Quand consulter un médecin
Une consultation médicale est recommandée en cas de douleur de la tête ou du cou sévère, soudaine, fréquente ou persistante.
Une évaluation est également importante lorsque la douleur ressemble à une décharge électrique, à un coup de poignard ou à une douleur fulgurante, et qu’elle commence dans le cou ou à l’arrière de la tête.
Un médecin doit aussi évaluer une douleur qui s’aggrave avec le temps, ne s’améliore pas avec les soins habituels ou s’accompagne de symptômes neurologiques.
Un diagnostic adapté permet d’écarter d’autres types de maux de tête et d’orienter vers le traitement le plus approprié.