Biopsie de la prostate: indications, déroulement (et effets secondaires)

La biopsie de la prostate est un examen qui consiste à prélever de petits fragments de tissu prostatique afin de les analyser au microscope. Elle permet de confirmer ou non la présence d’un cancer de la prostate lorsqu’un bilan fait suspecter une anomalie.

Elle peut notamment être proposée par l’urologue en cas de PSA anormal, d’anomalie au toucher rectal ou de lésion suspecte identifiée à l’IRM de la prostate. L’indication dépend toutefois de l’ensemble des facteurs de risque et non d’une valeur unique du PSA.

Lisez aussi: Dosage du PSA: c'est quoi, à quoi ça sert et résultats tuasaude.com/fr/psa-prostate

En France, une IRM prostatique est généralement réalisée avant une première série de biopsies. Lorsqu’une biopsie est nécessaire, la voie transpérinéale, réalisée à travers la peau du périnée, est aujourd’hui privilégiée lorsque cela est techniquement possible, notamment parce qu’elle réduit le risque infectieux.

Image générée par l’IA
Image générée par l’IA - Schéma d'une biopsie de la prostate

Principales indications

Une biopsie de la prostate peut être proposée lorsqu’il existe une suspicion de cancer de la prostate, notamment dans les situations suivantes:

  • Taux de PSA considéré comme anormal ou restant élevé après contrôle;
  • Anomalie de la prostate détectée au toucher rectal;
  • Lésion suspecte identifiée à l’IRM de la prostate;
  • Suspicion persistante de cancer malgré une précédente biopsie négative;
  • Nécessité de réévaluer un cancer déjà diagnostiqué dans le cadre d’une surveillance active.

Il n’existe pas de valeur unique du PSA indiquant automatiquement la réalisation d’une biopsie. L’âge, les antécédents familiaux, le volume de la prostate, la densité du PSA et les résultats de l’IRM sont également pris en compte.

Lorsque l’IRM est normale ou peu suspecte et que le risque de cancer significatif est faible, l’urologue peut dans certains cas proposer une surveillance plutôt qu’une biopsie immédiate.

La biopsie de la prostate est donc un examen diagnostique et non un examen de dépistage systématique.

Comment se préparer à une biopsie de la prostate ?

Avant la biopsie, il est important de signaler à l’urologue les traitements pris régulièrement, en particulier les anticoagulants ou les antiagrégants plaquettaires, ainsi que les allergies médicamenteuses et tout symptôme pouvant évoquer une infection urinaire, comme de la fièvre ou des brûlures en urinant.

Les traitements fluidifiant le sang ne doivent jamais être arrêtés sans avis médical. L'urologue détermine au cas par cas s'ils doivent être poursuivis, interrompus ou adaptés.

Le jeûne n’est généralement pas nécessaire lorsque la biopsie est réalisée sous anesthésie locale. Il peut toutefois être demandé lorsqu’une anesthésie générale ou locorégionale est prévue.

Un lavement intestinal systématique n’est pas recommandé avant la biopsie. 

En cas de biopsie transrectale, une antibioprophylaxie est généralement administrée avant le geste afin de diminuer le risque infectieux. 

Comment se déroule une biopsie de la prostate?

La biopsie est généralement réalisée par un urologue sous anesthésie locale et dure moins d’une heure.

Une sonde d’échographie est introduite dans le rectum afin de visualiser la prostate et de guider les prélèvements. Les images obtenues lors d’une IRM réalisée auparavant peuvent également être utilisées pour cibler précisément les zones suspectes.

Deux voies peuvent être utilisées:

1. Biopsie transpérinéale

La biopsie transpérinéale consiste à introduire l’aiguille à travers la peau située entre le scrotum et l’anus, appelée périnée.

Une anesthésie locale est réalisée avant les prélèvements. L’aiguille est ensuite guidée vers différentes zones de la prostate à l’aide de l’échographie et, lorsque cela est nécessaire, des informations fournies par l’IRM.

Cette voie est actuellement privilégiée lorsqu’elle est techniquement possible en raison de son faible risque infectieux.

2. Biopsie transrectale

Lors d’une biopsie transrectale, l’aiguille traverse la paroi du rectum pour atteindre la prostate.

Cette technique est également réalisée sous contrôle échographique et sous anesthésie locale. Une antibioprophylaxie est nécessaire afin de réduire le risque d’infection lié au passage de l’aiguille à travers le rectum.

Plusieurs fragments de prostate sont prélevés. Une biopsie systématique comprend généralement plusieurs prélèvements répartis dans la glande, auxquels peuvent être ajoutés des prélèvements ciblant les lésions suspectes identifiées à l’IRM.

Les prélèvements sont ensuite envoyés au laboratoire d’anatomopathologie.

Résultats de la biopsie

Les résultats d’une biopsie de la prostate sont généralement disponibles après plusieurs jours, souvent dans un délai d’environ 2 à 3 semaines selon le laboratoire.

L’analyse peut montrer:

  • Absence de cellules cancéreuses dans les prélèvements;
  • Anomalie ou une lésion atypique nécessitant parfois une surveillance ou des examens complémentaires;
  • Présence d’un cancer de la prostate.

Lorsqu’un cancer est détecté, le compte rendu précise notamment son type et son grade. Le groupe ISUP, allant de 1 à 5, ainsi que le score de Gleason permettent d’évaluer l’agressivité des cellules cancéreuses.

Un résultat négatif n’exclut pas définitivement la présence d’un cancer, car une biopsie n’analyse qu’une partie de la prostate. Si la suspicion reste importante, l’urologue peut proposer une surveillance du PSA, une nouvelle IRM ou, dans certaines situations, une nouvelle biopsie.

Effets secondaires possibles

Après une biopsie de la prostate, des effets secondaires légers et temporaires sont fréquents:

1. Saignements

Il est fréquent d’observer une petite quantité de sang dans les urines pendant quelques heures à quelques jours après la biopsie.

Après une biopsie transrectale, une petite quantité de sang peut également apparaître dans les selles. Le sperme peut quant à lui rester rosé, rougeâtre ou brun pendant plusieurs semaines. 

Un saignement abondant, la présence de nombreux caillots ou un saignement qui s’aggrave doivent en revanche conduire à demander un avis médical.

2. Douleur ou inconfort

Une sensation de pression, une gêne rectale ou une douleur légère au niveau du périnée peuvent apparaître après la biopsie.

L’anesthésie locale permet généralement de bien contrôler la douleur pendant le geste. Une gêne peut persister pendant quelques jours et peut habituellement être soulagée par un antalgique simple recommandé par le médecin.

3. Infection

L’infection est une complication possible, surtout après une biopsie transrectale. Le risque est beaucoup plus faible avec la voie transpérinéale.

Une fièvre, des frissons, un malaise important, des brûlures urinaires ou une aggravation rapide des douleurs après la biopsie nécessitent une évaluation médicale rapide.

4. Rétention urinaire

Plus rarement, le gonflement de la prostate ou la présence de caillots peut empêcher d’uriner normalement.

Une impossibilité d’uriner après la biopsie nécessite une consultation urgente, car la pose temporaire d’une sonde urinaire peut être nécessaire.

Questions fréquemment posées

  • Une biopsie de la prostate est le plus souvent réalisée en soins externes ou en ambulatoire.

    Dans la majorité des cas, il n’est donc pas nécessaire de passer une nuit à l’hôpital et le retour à domicile est possible le jour même.

    Une surveillance plus longue ou une nuit d’hospitalisation peut être nécessaire en cas d’anesthésie générale ou locorégionale, de difficulté à uriner ou de complication.

  • La biopsie n’est généralement pas très douloureuse grâce à l’anesthésie locale, mais elle peut provoquer une sensation de pression, une gêne ou de brèves douleurs lors des prélèvements.

    La biopsie transpérinéale peut provoquer légèrement plus d’inconfort pendant le geste que la voie transrectale, mais les études montrent que cette différence reste faible et que la gêne disparaît rapidement.

  • Il n’est pas possible d’être systématiquement « pour » ou « contre » une biopsie de la prostate. L'intérêt de l'examen dépend du risque individuel de cancer.

    La biopsie présente l’avantage d’être l’examen permettant de confirmer au microscope la présence d’un cancer et d’en déterminer l’agressivité.

    Elle comporte cependant des inconvénients, notamment des saignements, une gêne, un faible risque d’infection ou de rétention urinaire, ainsi que la possibilité de détecter certains cancers peu agressifs qui n’auraient peut-être jamais provoqué de symptômes.

    Grâce à l’IRM et à l’évaluation de la densité du PSA, certains hommes présentant un risque faible peuvent aujourd’hui éviter ou différer une biopsie. La décision doit donc être discutée avec l’urologue en fonction du bénéfice attendu et des risques individuels.

  • Une petite quantité de sang dans les urines ou, après une biopsie transrectale, dans les selles peut apparaître pendant quelques heures à quelques jours.

    Le sang dans le sperme peut persister plusieurs semaines et prendre une couleur rouge ou brunâtre avant de disparaître.

    Il est nécessaire de consulter rapidement en cas de saignement important, de caillots nombreux, d'impossibilité d'uriner ou de saignement qui ne diminue pas.

  • La récupération est généralement rapide. La plupart des personnes peuvent reprendre leurs activités habituelles dès le lendemain ou dans les jours qui suivent.

    Il est toutefois recommandé d’éviter les efforts physiques importants pendant les premiers jours et de reprendre progressivement le sport.

    Les rapports sexuels peuvent généralement être repris après quelques jours, lorsque la gêne a disparu, en respectant les consignes données par l’urologue.