L'algodystrophie est une affection douloureuse persistante qui survient le plus souvent après un traumatisme ou une intervention chirurgicale, généralement au niveau d’un membre. Aussi appelé syndrome douloureux régional complexe ou SDRC, la maladie se caractérise par une douleur intense et disproportionnée par rapport à la lésion initiale.
Dans de nombreux cas, il s’agit d’une algodystrophie post-traumatique, apparaissant après une fracture, une entorse, une chirurgie ou une période d’immobilisation. Cette affection peut s’accompagner de gonflement, de troubles de la peau et d’une limitation progressive de la mobilité.
Le traitement du syndrome douloureux régional complexe repose sur une prise en charge précoce, associant rééducation et gestion de la douleur. Une consultation médicale spécialisée est recommandée afin d’adapter la stratégie thérapeutique et de limiter son évolution vers une forme chronique.
Principaux symptômes
L'algodystrophie est principalement caractérisée par les symptômes suivants:
- Douleur continue, intense et disproportionnée;
- Sensation de brûlure ou de décharge;
- Hypersensibilité au toucher ou au froid;
- Gonflement du membre atteint;
- Changements de couleur ou de température de la peau;
- Raideur articulaire et diminution de la mobilité.
Les symptômes apparaissent souvent dans les semaines qui suivent l’événement déclencheur et touchent surtout la zone concernée.
Symptômes de l’algodystrophie selon sa localisation
Selon la localisation de l'algodystrophie, d'autres symptômes plus spécifiques peuvent survenir:
- Algodystrophie du pied ou de la cheville: douleur à l’appui, gêne à la marche, gonflement et raideur;
- Algodystrophie du genou: limitation de la flexion ou de l’extension, douleur au mouvement et raideur persistante;
- Algodystrophie de la main ou du poignet: perte de force, douleur au toucher et difficulté à saisir des objets.
Toutefois, les symptômes généraux du syndrome douloureux régional complexe sont globalement similaires et incluent douleur et gonflement.
Phases de l'algodystrophie
L'algodystrophie est généralement décrite en 3 phases distinctes:
- Phase chaude: qui correspond à un stade inflammatoire et qui est caractérisée par une douleur intense, un gonflement, une peau chaude et parfois rouge ainsi que par une hypersensibilité marquée;
- Phase froide: lorsque l'articulation refroidit. Cette phase est caractérisée par une peau plus froide, parfois pâle ou bleuâtre, une douleur persistante et une raideur plus importante;
- Phase chronique: qui survient lorsque les symptômes ne sont pas traités. Elle entraîne une limitation fonctionnelle durable, une raideur importante et des troubles trophiques possibles.
C'est pourquoi, une prise en charge rapide de la situation est nécessaire afin d'améliorer l’évolution et de réduire le risque de séquelles persistantes.
Comment confirmer le diagnostic
Le diagnostic de l'algodystrophie repose surtout sur l’examen médical et sur l'apparition de symptômes après un traumatisme, une chirurgie ou une immobilisation.
Pour structurer l’évaluation, les médecins s’appuient souvent sur les critères de Budapest, qui regroupent les signes et symptômes en différentes catégories (sensitives, vasomotrices, sudomotrices et motrices).
Il n’existe pas de test unique qui confirme à lui seul une algodystrophie. Des examens peuvent toutefois être proposés pour apporter des indices ou écarter d’autres causes: la radiographie peut montrer une perte de minéraux osseux à un stade plus tardif, et d’autres examens comme l’IRM ou la scintigraphie osseuse peuvent être discutés selon le contexte.
Principales causes
Les principales causes ou facteurs déclencheurs de l'algodystrophie sont:
- Fracture, entorse ou traumatisme d’un membre;
- Chirurgie, notamment orthopédique;
- Immobilisation prolongée;
- Atteinte nerveuse périphérique dans certains cas;
- Certaines affections neurologiques.
Cependant, dans certaines situations, l'algodystrophie reste d'origine inconnue.
Possibilités de traitement
Le traitement de l'algodystrophie vise à soulager la douleur et à restaurer l’usage du membre atteint. Les principales options de traitement sont:
1. Rééducation et kinésithérapie
La rééducation est l’un des éléments les plus importants, car elle aide à limiter la raideur et à retrouver des mouvements plus naturels. Pour cela le kinésithérapeute réalise:
- Mobilisations douces et progressives;
- Exercices adaptés à la zone touchée (pied, cheville, main, genou);
- Réentraînement de la marche, de l’appui ou de la préhension selon le cas.
La progression se fait au rythme des symptômes. L’objectif reste de préserver la fonction sans installer un évitement durable du mouvement.
2. Médicaments contre la douleur et l’inflammation
Des médicaments peuvent être proposés pour diminuer la douleur et permettre une meilleure participation à la rééducation. Le choix dépend du contexte, du stade et des contre-indications.
Les principales options de médicaments sont:
- Antalgiques, comme le paracétamol;
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), tels que l’ibuprofène;
- Corticoïdes dans certaines situations sélectionnées, sur prescription médicale (ex. prednisolone);
- Antalgiques opioïdes dans certaines douleurs modérées à intenses, sur prescription (ex. tramadol).
Ces traitements doivent rester encadrés par un médecin, car l’efficacité et la tolérance varient selon les personnes.
3. Myorelaxants en cas de contractures
Quand l’algodystrophie s’accompagne de contractures ou de tensions musculaires importantes, un médecin peut discuter l’usage d’un myorelaxant, surtout à court terme.
Les exemples de molécules disponibles en France incluent:
- Thiocolchicoside;
- Baclofène.
Ce type de traitement ne convient pas à tous les profils et nécessite un avis médical, notamment en raison des effets indésirables possibles.
4. Prise en charge spécialisée de la douleur
Si la douleur reste très forte malgré la rééducation et les traitements de base, une prise en charge dans une consultation douleur peut être proposée.
Les options parfois discutées incluent:
- Blocs nerveux, notamment des blocs du système sympathique selon la localisation;
- Techniques interventionnelles réalisées dans des centres spécialisés
Ces gestes ne sont pas systématiques. Ils sont envisagés au cas par cas, selon la situation clinique et la réponse aux traitements déjà essayés.
5. Orthèses et aides fonctionnelles
Une orthèse peut parfois être utilisée de manière temporaire, surtout pour sécuriser un geste ou soulager une zone très douloureuse, selon l’avis médical.
L’objectif reste d’éviter une immobilisation prolongée non justifiée, car la récupération repose aussi sur une reprise progressive des mouvements.
Est-il possible de guérir de l'algodystrophie?
La guérison de l'algodystrophie est possible, notamment lorsque la prise en charge débute tôt.
Cependant, certaines formes évoluent vers une douleur persistante avec limitation fonctionnelle. C'est pourquoi, le pronostic dépend du délai de prise en charge, de l’intensité initiale et de la réponse au traitement.
Comment prévenir
Pour prévenir l’algodystrophie après un traumatisme ou une chirurgie, certaines mesures peuvent aider, surtout lorsque la récupération est encadrée dès le début.
Les principales mesures de prévention incluent:
- Reprise progressive des mouvements avec un suivi médical ou kinésithérapique;
- Repérage rapide d’une douleur très intense ou inhabituelle après la blessure ou l’intervention;
- Supplémentation en vitamine C dans certains contextes orthopédiques, lorsque cela est jugé pertinent.
Ces mesures doivent toujours être adaptées à la situation et aux antécédents. En cas de signes évocateurs, il est fondamental de consulter sans attendre afin de mettre en place une prise en charge précoce.