Sonde naso-gastrique: c'est quoi, à quoi elle sert (et comment l'utiliser)

La sonde naso-gastrique est un tube fin et souple introduit à l'hôpital par le nez jusqu'à l'estomac. Elle permet d'assurer l'alimentation et l'administration de médicaments chez les personnes qui ne peuvent pas avaler ou s'alimenter normalement, notamment après une intervention chirurgicale de la bouche ou de la gorge, ou en raison de certaines maladies neurologiques ou dégénératives.

L'alimentation par sonde est une technique relativement simple. Toutefois, certaines précautions sont indispensables afin d'éviter que la sonde ne se déplace ou que les aliments ne passent dans les poumons, ce qui pourrait entraîner une pneumonie d'inhalation.

Idéalement, la technique d'alimentation par sonde doit être enseignée à l'aidant à l'hôpital, avec l'accompagnement d'un infirmier ou d'une infirmière, avant le retour au domicile. Lorsque la personne est autonome, elle peut réaliser elle-même l'alimentation après avoir reçu une formation adaptée.

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Principales indications

La sonde naso-gastrique est indiquée chez les personnes qui ne peuvent pas s'alimenter par voie orale, notamment en cas de:

  • Dénutrition ou difficultés à avaler (dysphagie);
  • Maladies psychiatriques, comme une dépression sévère ou une anorexie mentale;
  • Traumatisme crânien, chirurgie de la bouche, de la gorge ou de l'intestin, ou après un AVC;
  • Maladie inflammatoire chronique de l'intestin, syndrome de l'intestin court ou rétrécissement de l'œsophage;
  • Mucoviscidose, sclérose en plaques ou maladie du motoneurone;
  • Maladies du foie ou certaines maladies rénales, notamment lorsqu'elles s'accompagnent d'une ascite;
  • Cancer de la tête et du cou;
  • Ventilation mécanique ou coma.

Dans ces situations, la sonde naso-gastrique est généralement utilisée pendant une durée pouvant aller jusqu'à 6 semaines, à condition que l'estomac et les intestins fonctionnent normalement afin d'assurer l'absorption des nutriments et des médicaments administrés par la sonde.

Elle peut également être utilisée pour décomprimer l'estomac ou l'intestin en cas d'occlusion intestinale ou d'iléus paralytique, évacuer le contenu gastrique chez les personnes intubées, traiter certaines hémorragies digestives ou prélever un échantillon de liquide gastrique en vue d'une analyse en laboratoire.

Plus rarement, la sonde naso-gastrique peut être utilisée à l'hôpital pour réaliser un lavage gastrique, notamment après certaines intoxications aiguës ou ingestions accidentelles, ainsi que pour administrer du charbon activé lorsque cette prise en charge est indiquée.

Comment la sonde naso-gastrique est-elle posée?

La pose d’une sonde naso-gastrique doit être réalisée par un professionnel de santé formé, généralement un infirmier ou un médecin. Elle est le plus souvent effectuée lorsque la personne est assise ou en position semi-assise. Dans certaines situations, elle peut être réalisée en position allongée.

Avant la pose, le professionnel prépare le matériel nécessaire et respecte les mesures d’hygiène adaptées, notamment l’hygiène des mains et le port des équipements de protection requis.

La sonde naso-gastrique est ensuite lubrifiée avec un gel hydrosoluble, puis introduite délicatement dans une narine et dirigée jusqu’à l’estomac. Un anesthésique local peut parfois être utilisé afin de réduire l’inconfort.

Après la pose, la position de la sonde doit impérativement être vérifiée avant d’administrer de l’eau, des aliments ou des médicaments. Cette vérification peut notamment reposer sur l’aspiration d’une petite quantité de liquide gastrique et la mesure de son pH.

Lorsque le résultat n’est pas concluant, qu’aucun liquide ne peut être aspiré ou qu’un mauvais positionnement est suspecté, une radiographie peut être nécessaire.

L’injection d’air dans la sonde associée à une écoute au stéthoscope ne doit pas être utilisée comme seule méthode de vérification, car elle ne permet pas d’exclure de manière fiable un positionnement dans les voies respiratoires.

Une fois le bon positionnement confirmé, la sonde est fixée au nez ou à la joue à l’aide d’un dispositif adhésif adapté. Un repère extérieur permet de contrôler régulièrement qu’elle ne s’est pas déplacée.

Comment alimenter une personne par sonde naso-gastrique

Avant d’administrer une nutrition entérale par sonde naso-gastrique, la personne doit être placée en position assise ou semi-assise.

La tête et le haut du corps doivent être suffisamment relevés afin de réduire le risque de reflux et de passage du contenu gastrique dans les voies respiratoires.

1. Installer la personne en position semi-assise

La personne doit être assise ou installée avec la tête du lit relevée d’au moins 30 à 45 degrés.

Cette position doit être maintenue pendant toute la durée de l’alimentation et généralement pendant au moins 30 minutes après la fin de l’administration, selon les recommandations de l’équipe soignante.

Lorsque cette position ne peut pas être maintenue, l’équipe médicale ou infirmière doit indiquer la position la plus sûre en fonction de l’état de la personne. Le fait de la placer systématiquement sur le côté gauche ne remplace pas les précautions habituelles contre l’inhalation.

2. Protéger les vêtements et la literie

Un linge propre ou une protection peut être placé sous l’extrémité de la sonde afin de protéger les vêtements et la literie contre d’éventuelles fuites de formule nutritionnelle.

Cette protection n’est généralement pas nécessaire lorsque la nutrition est administrée en continu au moyen d’une pompe et que les raccords sont correctement fermés.

3. Se laver les mains et préparer le matériel

Avant de manipuler la sonde, les mains doivent être soigneusement lavées avec de l’eau et du savon, puis séchées.

La formule de nutrition entérale, la seringue entérale, l’eau destinée au rinçage et les autres éléments prescrits doivent être préparés sur une surface propre.

Il est important d’utiliser une seringue spécialement conçue pour la voie entérale, compatible avec le raccord de la sonde.

Une seringue ENFit de 50 ou 60 mL est fréquemment utilisée chez l’adulte, selon les recommandations du fabricant et de l’équipe soignante.

4. Vérifier que la sonde ne s’est pas déplacée

Avant chaque utilisation, il convient de vérifier le repère extérieur de la sonde et de s’assurer que sa longueur visible n’a pas changé.

Le contrôle de la position doit être réalisé selon la méthode enseignée par l’équipe soignante. Il peut notamment comprendre l’aspiration de quelques gouttes de liquide gastrique et la mesure du pH avec une bandelette adaptée.

La sonde ne doit pas être utilisée si:

  • Le repère extérieur a changé;
  • La sonde semble s’être déplacée;
  • La personne tousse de manière inhabituelle, présente une gêne respiratoire ou une coloration bleutée;
  • Le pH obtenu n’est pas compris dans la plage de sécurité indiquée par l’équipe soignante;
  • Aucun liquide gastrique ne peut être aspiré malgré les mesures conseillées;
  • La position de la sonde reste incertaine.

Dans ces situations, aucun aliment, liquide ou médicament ne doit être administré avant d’avoir demandé l’avis d’un professionnel de santé.

L’injection d’air dans la sonde et l’écoute de bruits gastriques au stéthoscope ne constituent pas une méthode fiable pour vérifier son positionnement.

5. Fermer la sonde avant de retirer le bouchon

Selon le modèle utilisé, la sonde doit être coudée ou son clamp doit être fermé avant de retirer le bouchon. Cette précaution aide à éviter l’entrée d’air et l’écoulement du contenu de la sonde.

Il convient ensuite de raccorder la seringue entérale sans forcer.

6. Préparer la formule de nutrition entérale

La seringue ou le dispositif d’administration doit être rempli avec la formule de nutrition entérale prescrite par le médecin ou le diététicien.

La formule doit être administrée à température ambiante. Elle ne doit être ni très chaude ni glacée.

Les préparations industrielles de nutrition entérale prêtes à l’emploi doivent être privilégiées, car leur composition et leur texture sont adaptées au passage dans la sonde.

Une préparation alimentaire maison ne doit être utilisée que lorsqu’elle a été expressément prescrite et encadrée par un médecin ou un diététicien spécialisé en nutrition entérale.

7. Administrer la nutrition lentement

La nutrition peut être administrée à l’aide d’une seringue, par gravité ou au moyen d’une pompe, selon la prescription.

Lors d’une administration à la seringue, le produit doit s’écouler lentement. Il ne faut pas exercer une pression importante sur le piston, car une administration trop rapide peut provoquer des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, des ballonnements ou une diarrhée.

La vitesse et la durée d’administration doivent respecter le programme établi par l’équipe médicale ou diététique. Il n’existe pas une vitesse unique adaptée à toutes les personnes.

La nutrition doit être interrompue et un professionnel de santé doit être contacté en cas de difficulté respiratoire, de toux importante, de vomissements, de douleur intense, de gonflement inhabituel de l’abdomen ou de fuite autour des raccords.

8. Rincer la sonde avec de l’eau

Après l’alimentation, la sonde doit être rincée avec la quantité d’eau prescrite afin d’éliminer les résidus et de réduire le risque d’obstruction.

Chez l’adulte, un rinçage d’environ 20 à 30 mL est souvent utilisé, mais le volume doit être adapté à la prescription, au type de sonde, à l’état d’hydratation et aux éventuelles restrictions hydriques.

La seringue doit être raccordée à la sonde, puis l’eau doit être injectée doucement, sans exercer de pression excessive. En cas de résistance, il ne faut pas forcer.

Une fois le rinçage terminé, la sonde doit être refermée correctement et le matériel doit être nettoyé ou remplacé conformément aux indications de l’équipe soignante et du fabricant.

La partie externe de la sonde et la peau située autour du nez doivent être nettoyées chaque jour avec de l’eau tiède et un produit doux, puis soigneusement séchées.

Matériel nécessaire

Le matériel nécessaire pour alimenter une personne par sonde naso-gastrique comprend généralement:

  • Seringue entérale compatible avec la sonde, souvent de 50 ou 60 mL chez l’adulte;
  • Formule de nutrition entérale prescrite;
  • Eau destinée aux rinçages;
  • Linge propre ou une protection, si nécessaire;
  • Bandelettes de mesure du pH adaptées au liquide gastrique, lorsque leur utilisation a été prescrite et enseignée.

La seringue doit être réservée à la voie entérale. Elle doit être nettoyée et remplacée conformément aux instructions du fabricant et aux recommandations de l’équipe soignante.

Pour limiter le risque d’obstruction, seuls les produits prescrits et adaptés à la sonde doivent être administrés. Aucun aliment épais, insuffisamment mixé ou contenant des morceaux ne doit être introduit sans validation médicale et diététique.

Alimentation par sonde naso-gastrique

L’alimentation par sonde naso-gastrique se fait de préférence avec des formules de nutrition entérale prêtes à l’emploi, prescrites en fonction des besoins de la personne.

Ces formules contiennent notamment des protéines, des glucides, des lipides, des vitamines et des minéraux.

Elles peuvent être fournies à l’hôpital ou obtenues en pharmacie ou auprès d’un prestataire de santé, sous forme liquide ou en poudre à diluer selon les recommandations du fabricant.

Il est également possible d’administrer des aliments préparés à domicile, mais uniquement sur indication et avec l’accompagnement d’un médecin ou d’un diététicien.

Dans ce cas, l’alimentation doit être suffisamment liquide, bien mixée et filtrée afin d’éviter que des résidus solides ne bouchent la sonde.

Comment préparer la formule de nutrition entérale?

À l’hôpital, la formule est préparée par l’équipe soignante. À domicile, il convient de suivre les instructions du médecin ou du diététicien concernant la quantité, la préparation et la vitesse d’administration.

Lorsqu’une formule en poudre est utilisée, elle doit être préparée avec de l’eau potable, en respectant exactement les proportions indiquées.

Aliments pouvant être administrés par sonde

Les aliments pouvant être utilisés dans une préparation maison comprennent notamment:

  • Soupes et des bouillons contenant des légumes bien cuits, une source de protéines et des féculents;
  • Compotes ou des fruits bien mixés;
  • Bouillies à base d’avoine, de semoule ou de crème de riz;
  • Lait et des yaourts liquides.

Tous les aliments doivent être bien cuits si nécessaire, mixés jusqu’à obtenir une texture homogène, puis filtrés afin de retirer les morceaux susceptibles de boucher la sonde.

La quantité d’eau à administrer doit être définie par l’équipe soignante, car elle dépend des besoins de la personne et d’éventuelles restrictions hydriques.

Comment préparer les aliments pour la sonde?

Les aliments doivent être bien cuits, mixés et filtrés afin d’éliminer les morceaux et les fibres susceptibles d’obstruer la sonde.

Comme une partie des fibres peut être éliminée lors du filtrage, le médecin ou le diététicien peut recommander une adaptation de l’alimentation ou une supplémentation nutritionnelle.

Exemple de menu sur 3 jours pour une alimentation par sonde

Voici un exemple de menu sur trois jours pour une personne portant une sonde naso-gastrique.

Il est important que tous les aliments soient mixés, liquéfiés et filtrés, puis suffisamment dilués afin d'éviter l'obstruction de la sonde.

Repas Jour 1 Jour 2 Jour 3
Petit-déjeuner Bouillie d'avoine liquide Bouillie de fécule de maïs liquide Crème de riz liquide
Collation du matin Jus de pomme Yaourt liquide Jus de pêche
Déjeuner et dîner Soupe de poulet aux légumes, mixée, avec 1 cuillère à soupe d'huile d'olive + jus de pêche Soupe de courge, chayote, patate douce, igname et dinde, mixée, avec 1 cuillère à soupe d'huile d'olive + jus de melon Soupe de pommes de terre, carottes, panais et dinde, mixée, avec 1 cuillère à soupe d'huile d'olive + jus de goyave
Collation de l'après-midi Gélatine liquide Jus de poire Yaourt liquide
Collation du soir Yaourt liquide Gélatine liquide Jus de papaye

Les quantités varient selon l'âge, le sexe, les besoins nutritionnels et la maladie de la personne. Elles doivent donc être calculées par un diététicien afin d'établir un plan alimentaire adapté.

L'alimentation peut également être mixte, en associant une alimentation préparée à domicile à un ou plusieurs compléments nutritionnels oraux ou entéraux, ou à des suppléments en protéines ou en glucides, selon la prescription médicale.

Combien de temps la préparation peut-elle être conservée?

La préparation doit de préférence être consommée immédiatement.

Lorsqu’elle est préparée à l’avance, elle doit être conservée au réfrigérateur dans un récipient propre, fermé et identifié, puis utilisée dans le délai indiqué par l’équipe soignante.

Avant l’administration, la préparation peut être sortie quelques minutes afin qu’elle atteigne la température ambiante. Elle ne doit pas être chauffée au micro-ondes.

Les restes de formule ou de préparation maison doivent être jetés

Comment éviter que la sonde se bouche?

Pour éviter que la sonde ne se bouche, elle doit être rincée régulièrement avec la quantité d’eau prescrite, notamment avant et après l’alimentation et l’administration de médicaments.

Les aliments doivent être suffisamment liquides, homogènes et sans morceaux. En cas de résistance, il ne faut pas forcer l’administration.

Comment prendre soin de la bouche?

Même lorsque la personne ne reçoit pas d’aliments par la bouche, il est important de lui brosser les dents et la langue avec une brosse à dents et du dentifrice au moins deux fois par jour, matin et soir, en évitant qu’elle n’avale l’eau.

Les lèvres peuvent être hydratées avec un baume à lèvres ou de la vaseline. Si nécessaire, la bouche peut également être humidifiée avec une compresse imbibée d’eau.

Précautions après l’alimentation par sonde

Après l’alimentation par sonde naso-gastrique, la personne doit rester assise ou en position semi-assise pendant au moins 30 minutes afin de faciliter la digestion et de réduire le risque de reflux ou de vomissements.

Si cette position ne peut pas être maintenue, il convient de suivre les recommandations de l’équipe soignante concernant la position la plus sûre.

Comment administrer des médicaments par la sonde

Pour administrer des médicaments par sonde naso-gastrique, il est recommandé de:

  1. Se laver les mains avec de l’eau et du savon avant de préparer le médicament;
  2. Installer la personne en position assise ou semi-assise;
  3. Vérifier que la sonde ne s’est pas déplacée;
  4. Rincer la sonde avec la quantité d’eau prescrite ;
  5. Administrer le médicament lentement et séparément des autres médicaments;
  6. Rincer la sonde entre chaque médicament, puis après la dernière administration;
  7. Maintenir la personne en position semi-assise pendant au moins 30 minutes.

Le médicament doit être préparé juste avant son administration. Les formes liquides sont généralement privilégiées lorsqu’elles sont adaptées à la sonde.

Les comprimés ne doivent pas être écrasés et les gélules ne doivent pas être ouvertes sans l’accord d’un médecin ou d’un pharmacien. Certains médicaments à libération prolongée, gastro-résistants ou contenant des substances à risque ne doivent pas être modifiés.

Lorsqu’un comprimé peut être écrasé, il doit être réduit en poudre fine et mélangé séparément avec de l’eau. Chaque médicament doit être administré l’un après l’autre, sans être mélangé à la formule de nutrition entérale.

Une seringue réservée aux médicaments peut être utilisée afin d’éviter toute confusion avec celle destinée à l’alimentation.

Quand remplacer la sonde ou consulter

Il est important de contacter rapidement un professionnel de santé lorsque:

  • La sonde est sortie ou semble s’être déplacée;
  • Le repère extérieur a changé;
  • La sonde est bouchée et ne peut pas être débouchée avec la méthode recommandée;
  • La sonde est abîmée, fissurée ou présente une fuite;
  • La personne présente une toux importante, une gêne respiratoire, des vomissements répétés ou une douleur inhabituelle;
  • Une rougeur, une plaie, un saignement ou une irritation apparaît au niveau du nez.

Une sonde sortie ou déplacée ne doit pas être remise en place à domicile, sauf si la personne ou l’aidant a été spécifiquement formé et autorisé à le faire par l’équipe soignante.