Les règles abondantes, également appelées ménorragies ou saignements menstruels abondants, correspondent à des menstruations dont le flux est suffisamment important pour avoir un impact sur les activités quotidiennes, la vie sociale ou la qualité de vie. Selon la classification de la FIGO, des règles qui durent plus de 8 jours sont considérées comme prolongées.
Des pertes de sang importantes ou répétées peuvent entraîner une carence en fer et une anémie, avec des symptômes comme une fatigue importante, une pâleur, des vertiges, des palpitations ou un essoufflement à l'effort.
Lisez aussi: Anémie: symptômes, types, causes et traitement tuasaude.com/fr/anemieLes règles abondantes peuvent être liées à un trouble de l'ovulation, un fibrome, une adénomyose, un polype utérin, un trouble de la coagulation, certains médicaments ou encore au port d'un DIU au cuivre. Une consultation médicale permet d'en rechercher la cause et de proposer un traitement adapté.
Comment savoir si les règles sont abondantes?
Les règles peuvent être considérées comme anormalement abondantes lorsqu'elles gênent les activités habituelles ou lorsqu'elles s'accompagnent de signes tels que:
- Règles qui durent plus de 8 jours;
- Protections hygiéniques qui doivent être changées très fréquemment;
- Fuites ou débordements malgré les protections;
- Nécessité de se lever la nuit pour changer de protection;
- Présence de caillots;
- Fatigue inhabituelle, des vertiges, une pâleur ou un essoufflement pouvant évoquer une anémie.
Le score de Higham peut également être utilisé pour estimer l'importance des pertes sanguines à partir du nombre et du degré d'imprégnation des protections, ainsi que de la présence de caillots ou de débordements.
Le CNGOF recommande son utilisation lorsque l'abondance des règles est difficile à évaluer, avec un score d'environ 100 ou plus en faveur de ménorragies.
Quand des règles plus abondantes peuvent-elles être temporaires?
Des variations du cycle et du flux peuvent survenir pendant les premières années après la puberté, lorsque les cycles ne sont pas encore réguliers, ainsi qu'au cours de la périménopause, avant l'arrêt définitif des règles. Les changements hormonaux peuvent alors provoquer des règles irrégulières, parfois plus longues ou plus abondantes.
La prise ou la modification d'une contraception hormonale peut également provoquer des saignements irréguliers. De même, la pilule du lendemain peut temporairement modifier la date ou l'aspect des règles suivantes.
Cependant, ces situations ne doivent pas conduire à banaliser un saignement très abondant, répété ou accompagné d'un malaise.
Il est également important de distinguer la périménopause de la ménopause. La ménopause est considérée comme installée après 12 mois consécutifs sans règles. Un nouveau saignement après cette période doit donc faire l'objet d'une évaluation médicale.
Principales causes
Les principales causes de règles abondantes sont:
1. Troubles de l'ovulation
Un trouble de l'ovulation peut entraîner une production irrégulière d'œstrogènes et de progestérone et provoquer des cycles irréguliers avec des règles plus longues ou plus abondantes.
Ce phénomène est particulièrement fréquent au début de la puberté et pendant la périménopause. Certaines maladies hormonales, comme le syndrome des ovaires polykystiques ou l'hypothyroïdie, peuvent également perturber l'ovulation et le cycle menstruel.
Que faire: il est recommandé de consulter un médecin ou un gynécologue lorsque les règles deviennent fréquemment irrégulières ou très abondantes.
Des analyses sanguines et, si nécessaire, une échographie pelvienne peuvent être demandées afin d'en rechercher la cause.
2. Fibrome utérin
Le fibrome utérin est une tumeur bénigne qui se développe à partir du tissu musculaire de l'utérus. Les fibromes situés à proximité de la cavité utérine sont particulièrement susceptibles de provoquer des règles abondantes ou prolongées et, parfois, des saignements entre les règles.
Que faire: le traitement dépend de la taille, du nombre et de la localisation des fibromes, de l'intensité des symptômes ainsi que du désir éventuel de grossesse. Il peut être médicamenteux ou, dans certaines situations, chirurgical.
3. Adénomyose
L'adénomyose correspond à la présence de tissu semblable à l'endomètre à l'intérieur du muscle de l'utérus. Elle peut provoquer des règles abondantes ou prolongées, souvent accompagnées de crampes menstruelles importantes et de douleurs pelviennes.
Que faire: le gynécologue peut proposer différents traitements en fonction des symptômes, de l'âge et du souhait de grossesse, notamment des traitements hormonaux ou d'autres traitements destinés à réduire les saignements.
Lisez aussi: Adénomyose: symptômes, causes et traitement tuasaude.com/fr/adenomyose4. Polypes utérins
Les polypes de l'endomètre sont des excroissances généralement bénignes qui se développent à l'intérieur de la cavité utérine.
Ils peuvent provoquer des règles abondantes ou irrégulières ainsi que des saignements entre les règles. Le diagnostic peut nécessiter une échographie et, dans certaines situations, une hystéroscopie.
Que faire: la conduite à tenir dépend notamment des symptômes, de l'âge, de la taille du polype et de ses caractéristiques. Une surveillance ou son retrait par hystéroscopie peut être envisagé.
5. Troubles de la coagulation
Certains troubles de la coagulation, notamment la maladie de Willebrand, peuvent provoquer des règles particulièrement abondantes dès l'adolescence.
D'autres signes peuvent être associés, comme des saignements fréquents du nez ou des gencives, des ecchymoses importantes ou des saignements prolongés après une intervention ou des soins dentaires.
Chez les adolescentes présentant des ménorragies, les recommandations françaises accordent une place importante à la recherche d'un trouble de l'hémostase.
Que faire: en cas de suspicion, un bilan de coagulation peut être prescrit et l'avis d'un hématologue peut être nécessaire.
6. DIU au cuivre
Le DIU au cuivre est une méthode contraceptive non hormonale. Il peut augmenter la quantité de sang perdue pendant les règles et parfois leur durée, notamment pendant les premiers mois suivant la pose.
Que faire: si les saignements sont très importants, persistent ou provoquent une anémie, il est conseillé d'en parler avec le médecin ou la sage-femme afin d'évaluer la situation et éventuellement d'envisager une autre méthode contraceptive.
7. Certains médicaments
Les anticoagulants peuvent augmenter ou aggraver les saignements menstruels. L'aspirine et certains médicaments antiagrégants plaquettaires peuvent également favoriser les saignements.
Que faire: il ne faut pas interrompre ou diminuer un traitement anticoagulant ou antiagrégant sans avis médical. Une modification injustifiée du traitement anticoagulant peut augmenter le risque de thrombose.
Le médecin peut rechercher une anémie et adapter la prise en charge des règles abondantes.
8. Hyperplasie ou cancer de l'endomètre
Une hyperplasie de l'endomètre correspond à un épaississement anormal de la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus.
Elle peut provoquer des règles particulièrement abondantes ou des saignements en dehors des règles.
Plus rarement, un cancer de l'endomètre peut être à l'origine de saignements gynécologiques anormaux, notamment après la ménopause. Ces saignements nécessitent donc une évaluation médicale.
Que faire: le gynécologue peut demander une échographie, une hystéroscopie ou une biopsie de l'endomètre selon l'âge, les symptômes et les résultats des premiers examens. Le traitement dépend ensuite de la cause identifiée.
Que faire en cas de règles abondantes
En cas de règles abondantes, il est important de:
1. Noter la durée et l'abondance des règles
Il est utile de noter pendant plusieurs cycles la date de début et de fin des règles, le nombre de protections utilisées, leur niveau d'imprégnation, la présence de caillots, de fuites nocturnes ainsi que les symptômes associés.
Ces informations, ou un score de Higham, peuvent aider le professionnel de santé à mieux évaluer l'importance du saignement.
2. Consulter pour rechercher la cause
En cas de règles abondantes répétées, une consultation auprès d'un médecin, d'une sage-femme ou d'un gynécologue est recommandée.
Selon la situation, le bilan peut comprendre un hémogramme pour rechercher une anémie, un bilan du fer, un test de grossesse lorsque celui-ci est possible, un bilan de coagulation chez certaines patientes, un dosage de la TSH ou une échographie pelvienne.
Le traitement dépend de la cause, de l'importance des saignements, de l'âge, de la contraception et du désir éventuel de grossesse.
Il peut notamment comprendre des traitements destinés à réduire les saignements, comme l'acide tranexamique dans certaines situations, des traitements hormonaux ou un DIU au lévonorgestrel.
Une intervention peut être proposée lorsqu'une cause structurelle, comme un fibrome ou un polype, le justifie.
Quand consulter un médecin
Il est recommandé de prendre rendez-vous avec un médecin, une sage-femme ou un gynécologue lorsque les règles deviennent beaucoup plus abondantes qu'habituellement, durent plus de 8 jours, se répètent sur plusieurs cycles ou s'accompagnent de symptômes d'anémie comme une fatigue inhabituelle, une pâleur, des vertiges, un essoufflement ou des palpitations.
Il est également important de consulter en présence de saignements entre les règles, après les rapports sexuels ou de tout saignement survenant après la ménopause.
Il faut consulter en urgence ou appeler le 15 en France lorsque:
- Le saignement est très abondant et s'accompagne d'un malaise ou d'une faiblesse importante;
- Le saignement s'accompagne de fièvre;
- un retard de règles est suivi de saignements et de douleurs pelviennes, car cela peut notamment évoquer une fausse couche ou une grossesse extra-utérine.