La manœuvre de Valsalva est une technique qui consiste à expirer contre des voies aériennes fermées, généralement en gardant la bouche fermée et le nez pincé. Elle augmente temporairement la pression dans le thorax, ce qui modifie le retour du sang vers le cœur, la fréquence cardiaque et la tension artérielle.
Cette manœuvre peut notamment être utilisée pour aider à interrompre certaines tachycardies supraventriculaires, pour équilibrer la pression dans les oreilles ou, dans un contexte médical, pour évaluer certains souffles cardiaques et le fonctionnement du système nerveux autonome.
La manœuvre de Valsalva doit toutefois être réalisée correctement. Lorsqu’elle est utilisée pour une tachycardie ou dans le cadre d’un examen médical, il est préférable qu’elle ait été expliquée par un professionnel de santé.
À quoi sert la manœuvre de Valsalva ?
La manœuvre de Valsalva peut être utilisée dans différentes situations.
Ses principales utilisations sont:
- Aider à ralentir et parfois interrompre certaines tachycardies supraventriculaires chez une personne dont l’état est stable;
- Équilibrer la pression entre l’oreille moyenne et l’extérieur, notamment pendant certaines variations de pression, comme lors d’un voyage en avion;
- Évaluer la réponse du système nerveux autonome aux variations de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque;
- Aider le médecin à évaluer certains souffles cardiaques ou à réaliser certains examens cardiovasculaires.
La manœuvre de Valsalva ne permet cependant pas de traiter tous les types d’arythmie.
En présence d’une tachycardie accompagnée d’une douleur thoracique, d’un essoufflement important, d’un malaise ou d’une perte de connaissance, une prise en charge médicale urgente est nécessaire.
Effets de la manœuvre de Valsalva
La manœuvre de Valsalva augmente la pression à l’intérieur du thorax et entraîne des modifications rapides du retour du sang vers le cœur, de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque.
Ces changements sont traditionnellement divisés en quatre phases. Au début de l’effort, ou phase I, la tension artérielle augmente brièvement. Pendant la phase II, le retour du sang vers le cœur diminue, ce qui peut provoquer une baisse de la tension et une accélération réflexe du rythme cardiaque.
Lorsque l’effort est relâché, pendant la phase III, une nouvelle diminution très brève de la tension peut survenir.
Enfin, pendant la phase IV, le retour veineux augmente à nouveau, la tension peut dépasser momentanément sa valeur initiale et la fréquence cardiaque ralentit avant de revenir progressivement à la normale.
Chez certaines personnes présentant une tachycardie supraventriculaire, ces changements stimulent le nerf vague et ralentissent la conduction électrique au niveau du cœur, ce qui peut permettre au rythme normal de se rétablir.
Au niveau de l’oreille, la manœuvre pousse de l’air à travers la trompe d’Eustache et peut ainsi aider à équilibrer la pression de l’oreille moyenne.
Comment réaliser correctement
La technique dépend de la raison pour laquelle la manœuvre est réalisée.
Dans sa forme classique, il est généralement recommandé de s’asseoir ou de s’allonger, de prendre une inspiration, de fermer la bouche et de pincer le nez, puis d’essayer d’expirer sans laisser l’air s’échapper.
Dans un contexte médical, l’effort peut être maintenu pendant environ 10 à 15 secondes avant de relâcher la pression et de respirer normalement.
Pour déboucher les oreilles, il ne faut pas souffler fortement. Une légère pression suffit généralement. Il est recommandé d’arrêter immédiatement en cas de douleur dans l’oreille ou si la pression ne s’équilibre pas.
Pour certaines tachycardies supraventriculaires, les professionnels de santé peuvent utiliser une manœuvre de Valsalva modifiée.
Après l’effort d’expiration, la personne est rapidement allongée et ses jambes sont relevées pendant quelques secondes. Cette technique semble plus efficace que la manœuvre classique pour rétablir un rythme cardiaque normal chez les patients dont l’état cardiovasculaire est stable.
Risques associés
La manœuvre de Valsalva est généralement bien tolérée lorsqu’elle est correctement réalisée et utilisée dans une situation adaptée.
Elle peut néanmoins provoquer temporairement des vertiges, des nausées, une sensation de tête légère, des palpitations ou un essoufflement. Plus rarement, les variations de tension artérielle et de fréquence cardiaque peuvent entraîner un malaise ou une perte de connaissance.
Une manœuvre trop forte ou répétée pour déboucher les oreilles peut également provoquer ou aggraver un barotraumatisme.
Dans de rares situations, une pression excessive peut léser le tympan ou l’oreille interne et entraîner une baisse de l’audition, des acouphènes ou des vertiges.
La manœuvre augmente également temporairement la pression à l’intérieur de l’œil. Chez les personnes prédisposées, notamment en présence de certaines maladies de la rétine, une augmentation importante de la pression peut exceptionnellement provoquer une hémorragie rétinienne.
Il est recommandé d'arrêter immédiatement la manœuvre en cas de douleur importante, de malaise, de douleur thoracique ou d’essoufflement.
Une douleur thoracique, une perte de connaissance, un essoufflement sévère ou des symptômes neurologiques nécessitent une prise en charge urgente, en appelant le 15 ou le 112.
Contre-indications
Les contre-indications de la manœuvre de Valsalva dépendent principalement de la raison pour laquelle elle est réalisée et de l’état de santé de la personne.
Un avis médical est notamment recommandé en cas de maladie cardiovasculaire importante, de maladie de la rétine, de pression intraoculaire élevée ou après certaines interventions chirurgicales au niveau des yeux.
La manœuvre ne doit pas être utilisée seule pour tenter de traiter une tachycardie lorsqu’elle s’accompagne d’une tension artérielle très basse, d’une douleur thoracique, d’un essoufflement important, d’une confusion ou d’une perte de connaissance. Dans ces situations, une prise en charge médicale immédiate peut être nécessaire.
Pour les oreilles, il ne faut pas insister lorsque l’équilibrage de pression est impossible ou douloureux.
En cas de traumatisme récent de l’oreille, de perforation du tympan, de baisse soudaine de l’audition ou de vertiges après une variation de pression, un avis ORL est recommandé avant de réaliser à nouveau la manœuvre.
Questions fréquemment posées
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La manœuvre de Valsalva n’est généralement pas dangereuse chez une personne en bonne santé lorsqu’elle est réalisée correctement et pendant une courte période.
Toutefois, elle provoque des variations temporaires de la tension artérielle, du rythme cardiaque et de la pression dans les oreilles et les yeux.
Elle doit donc être utilisée avec prudence chez les personnes présentant certaines maladies cardiaques, oculaires ou ORL.
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Pour une oreille bouchée à cause d’un changement de pression, il est possible de fermer la bouche, de pincer légèrement le nez puis d’essayer d’expirer très doucement sans laisser l’air sortir.
L’objectif est de sentir une légère égalisation de la pression dans l’oreille et non de souffler le plus fort possible. Si l’oreille reste bouchée ou si une douleur apparaît, il faut arrêter la manœuvre.
Une douleur importante, une perte d’audition, des acouphènes ou des vertiges après un voyage en avion, une plongée ou une autre variation importante de pression doivent être évalués par un médecin.
En savoir plus: Oreille bouchée: 11 causes et que faire
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Pour équilibrer la pression des oreilles, avaler sa salive, bâiller, mâcher un chewing-gum ou effectuer la manœuvre de Toynbee, qui consiste à pincer le nez puis à avaler, peuvent être des alternatives plus douces.
Pour une tachycardie supraventriculaire, la manœuvre de Valsalva modifiée est généralement plus efficace que la version classique lorsque le patient est stable. D’autres manœuvres vagales peuvent être utilisées par des professionnels de santé.
Le massage du sinus carotidien ne doit pas être réalisé soi-même en raison du risque de complications.
Si les manœuvres vagales ne fonctionnent pas, des médicaments ou une cardioversion électrique peuvent être nécessaires en milieu médical.