L’incontinence urinaire correspond à une perte involontaire d’urine. Elle peut survenir lors d’un effort, comme tousser, rire, éternuer ou faire du sport, mais aussi après une envie soudaine et difficile à contrôler d’uriner.
Ce trouble peut toucher les femmes comme les hommes, bien qu’il soit plus fréquent chez les femmes, notamment pendant la grossesse, après un accouchement, à la ménopause ou avec l’âge. Chez l’homme, l’incontinence urinaire peut être liée à une maladie de la prostate ou apparaître après une chirurgie prostatique.
L’incontinence urinaire peut être légère ou plus importante, mais elle ne doit pas être considérée comme une conséquence normale du vieillissement. Selon sa cause, elle peut être améliorée par des changements d’habitudes, une rééducation du plancher pelvien, des médicaments ou, dans certains cas, une intervention médicale.
Principaux symptômes
Les symptômes de l’incontinence urinaire dépendent du type de fuite et de sa cause.
La perte d’urine peut apparaître pendant un effort, après une envie urgente d’uriner ou lorsque la vessie ne se vide pas complètement.
Les principaux symptômes de l’incontinence urinaire sont:
- Perte involontaire d’urine en toussant, en éternuant, en riant, en marchant, en courant ou en portant une charge;
- Envie soudaine, urgente et difficile à retenir d’uriner;
- Besoin d’uriner très souvent, le jour ou la nuit;
- Fuites d’urine avant d’arriver aux toilettes;
- Fuites en petites quantités au cours de la journée;
- Sensation de ne pas avoir complètement vidé la vessie après avoir uriné;
- Fuites après la miction, surtout chez l’homme.
L’incontinence urinaire peut avoir un impact important sur la qualité de vie.
Elle peut provoquer une gêne, limiter les sorties, les activités physiques ou les relations sociales, et favoriser une baisse de l’estime de soi, de l’anxiété ou un sentiment d’isolement.
Symptômes chez la femme
Chez la femme, l’incontinence urinaire se manifeste souvent par des fuites pendant un effort, comme tousser, rire, éternuer, courir ou porter une charge.
Ces fuites sont fréquentes lorsque les muscles du plancher pelvien sont affaiblis, notamment après une grossesse, un accouchement, à la ménopause ou avec l’âge. Découvrez tous les symptômes de la ménopause.
Elle peut également provoquer une envie urgente d’uriner, difficile à contrôler, parfois accompagnée de fuites avant d’arriver aux toilettes.
Certaines femmes peuvent également avoir besoin d’uriner plus souvent pendant la journée ou se réveiller la nuit pour uriner.
Symptômes chez l’homme
Chez l’homme, l’incontinence urinaire peut provoquer des fuites d’urine, des envies urgentes d’uriner, des mictions fréquentes ou des fuites après avoir uriné.
Cependant, elle peut également être associée à une sensation de vidange incomplète de la vessie.
Lorsque l’incontinence est liée à un problème de prostate, d’autres symptômes peuvent apparaître, comme un jet urinaire faible, une difficulté à commencer à uriner, un besoin de pousser pour uriner ou des réveils fréquents pendant la nuit pour aller aux toilettes.
Comment confirmer le diagnostic
Le diagnostic de l’incontinence urinaire doit être posé par un médecin généraliste, un urologue ou un gynécologue. Il repose d’abord sur l’analyse des symptômes, du moment où les fuites surviennent, de leur fréquence, de leur quantité et de leur impact sur la qualité de vie.
Le médecin peut également rechercher des facteurs favorisants, comme une grossesse, un accouchement récent, une chirurgie pelvienne ou prostatique, une maladie neurologique, une constipation chronique, une toux persistante, la prise de certains médicaments ou des symptômes urinaires associés.
Pour confirmer le diagnostic et identifier la cause de l’incontinence urinaire, le médecin peut recommander des examens complémentaires, comme une analyse d’urine, un calendrier mictionnel, une échographie ou un bilan urodynamique.
Le bilan urodynamique permet d’évaluer le fonctionnement de la vessie, du sphincter et de l’urètre pendant le remplissage et la miction.
Principales causes
L’incontinence urinaire peut avoir plusieurs causes, qui varient selon l’âge, le sexe, le type de fuite et l’état de santé général.
Elle peut être liée à un affaiblissement du plancher pelvien, à une vessie hyperactive, à un obstacle qui empêche la vessie de bien se vider ou à une maladie qui perturbe le contrôle de la miction.
Les principales causes de l’incontinence urinaire sont:
- Grossesse, accouchement, ménopause ou vieillissement, car ces situations peuvent fragiliser les muscles du périnée et modifier le soutien de la vessie et de l’urètre;
- Surpoids, constipation chronique ou toux persistante, qui augmentent la pression sur la vessie et favorisent les fuites ;
- Vessie hyperactive, qui provoque des envies urgentes et fréquentes d’uriner;
- Augmentation du volume de la prostate ou chirurgie de la prostate chez l’homme, pouvant gêner l’évacuation de l’urine ou modifier le contrôle du sphincter;
- Chirurgie pelvienne, tumeurs ou maladies touchant la vessie, l’urètre ou les organes voisins;
- Maladies neurologiques, comme la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, un AVC ou une lésion de la moelle épinière;
Certains médicaments, qui peuvent augmenter la production d’urine, favoriser les envies urgentes ou modifier le fonctionnement de la vessie.
Identifier la cause de l’incontinence urinaire est essentiel pour choisir le traitement le plus adapté, car les fuites liées à un effort, à une vessie hyperactive, à une prostate augmentée de volume ou à une maladie neurologique ne se traitent pas de la même façon.
Types d'incontinence urinaire
L'incontinence urinaire peut être classée sous différents types en fonction de la manière dont elle se produit:
1. Incontinence à l'effort
L’incontinence urinaire d’effort correspond à une fuite d’urine qui survient lors d’un effort ou d’une pression sur l’abdomen, par exemple en toussant, en éternuant, en riant, en courant ou en portant une charge.
Ce type d’incontinence est fréquent chez la femme, notamment après une grossesse, un accouchement ou à la ménopause, mais il peut aussi apparaître chez l’homme après une chirurgie de la prostate.
2. Incontinence par impériosité
L'incontinence par impériosité ou incontinence par hyperactivité de la vessie, est caractérisée par une perte d'urine accompagnée d'un besoin urgent d'uriner, de sorte que la personne ne peut pas se rendre aux toilettes aux temps.
3. Incontinence mixte
L’incontinence urinaire mixte associe l’incontinence urinaire d’effort et l’incontinence urinaire par urgenturie.
Les fuites peuvent donc apparaître pendant un effort, comme tousser ou courir, mais aussi après une envie urgente d’uriner.
4. Incontinence par regorgement
L’incontinence urinaire par regorgement survient lorsque la vessie est trop pleine ou ne se vide pas correctement.
Elle peut entraîner des fuites en petites quantités au cours de la journée, souvent associées à une sensation de vidange incomplète de la vessie.
Chez l’homme, ce type d’incontinence peut être lié à un obstacle urinaire, notamment en cas d’augmentation du volume de la prostate.
5. Énurésie nocturne
L’énurésie nocturne est une perte involontaire d’urine pendant le sommeil. Elle concerne surtout les enfants de plus de 5 ans, lorsque l’enfant fait pipi au lit pendant la nuit.
Lisez aussi: Énurésie: c'est quoi, symptômes, causes (et que faire) tuasaude.com/fr/enuresieChez l’adulte, des fuites nocturnes peuvent aussi survenir, mais elles nécessitent une évaluation médicale afin d’en identifier la cause.
Possibilités de traitement
Le traitement de l’incontinence urinaire dépend du type de fuite, de sa cause, de sa fréquence et de son impact sur la qualité de vie.
Les principales options de traitement sont:
1. Changements d’habitudes
Certains changements d’habitudes peuvent aider à réduire les fuites urinaires, surtout lorsque les symptômes sont légers. Il peut être recommandé de:
- Uriner à heures régulières;
- Éviter de boire de grandes quantités de liquide le soir;
- Réduire les boissons qui irritent la vessie, comme le café, l’alcool ou les boissons gazeuses;
- Traiter la constipation;
- Perdre du poids en cas de surpoids;
- Arrêter de fumer, surtout en cas de toux chronique.
Ces mesures doivent être adaptées à chaque personne. Il ne faut pas réduire les boissons de façon excessive, car cela peut favoriser la déshydratation ou irriter davantage la vessie.
2. Rééducation du plancher pelvien
La rééducation du plancher pelvien, aussi appelée rééducation périnéo-sphinctérienne, est souvent indiquée en première intention, notamment en cas d’incontinence urinaire d’effort.
Elle vise à renforcer les muscles qui soutiennent la vessie et l’urètre, afin de mieux contrôler les fuites.
Elle peut être réalisée avec un kinésithérapeute ou une sage-femme, en particulier après un accouchement.
Lisez aussi: Exercices de Kegel: à quoi ils servent (et comment les réaliser) tuasaude.com/fr/exercices-de-kegel3. Rééducation vésicale
La rééducation vésicale consiste à apprendre à espacer progressivement les passages aux toilettes et à mieux contrôler les envies urgentes d’uriner.
Elle peut être utile en cas de vessie hyperactive ou d’incontinence urinaire par urgenturie.
Cette méthode peut être associée à un calendrier mictionnel, dans lequel sont notés les horaires des mictions, les épisodes de fuite, les envies urgentes et les boissons consommées.
4. Médicaments
Des médicaments peuvent être prescrits lorsque les changements d’habitudes et la rééducation ne suffisent pas. Le choix dépend du type d’incontinence urinaire et de l’état de santé de la personne.
En cas de vessie hyperactive ou d’envies urgentes d’uriner, le médecin peut indiquer des médicaments qui réduisent les contractions involontaires de la vessie, comme l’oxybutynine ou d’autres traitements anticholinergiques.
L’oxybutynine ne doit pas être utilisée pour traiter une incontinence urinaire uniquement liée à l’effort.
La desmopressine peut être utilisée dans certaines situations spécifiques, notamment en cas d’énurésie nocturne, selon l’âge et l’indication médicale.
L’imipramine peut aussi être envisagée dans certains cas particuliers, notamment pour l’énurésie, mais son utilisation dépend strictement de l’évaluation du médecin.
5. Neuromodulation
La neuromodulation peut être indiquée lorsque les traitements habituels ne sont pas suffisants, notamment dans certains cas d’incontinence par urgenturie ou de vessie hyperactive.
Elle consiste à stimuler certains nerfs impliqués dans le contrôle de la vessie, afin d’améliorer son fonctionnement ou de réduire les envies urgentes d’uriner.
Cette option est généralement évaluée par un spécialiste après confirmation du type d’incontinence.
6. Chirurgie et autres procédures
Une chirurgie peut être envisagée lorsque l’incontinence urinaire est importante, persistante et ne s’améliore pas avec les autres traitements.
En cas d’incontinence urinaire d’effort, l’objectif est souvent de mieux soutenir l’urètre afin de limiter les fuites pendant les efforts.
Chez l’homme, certaines options peuvent être discutées après une chirurgie de la prostate, selon la sévérité des fuites et l’évaluation de l’urologue.
Dans certains cas de vessie hyperactive résistante aux traitements, une injection de toxine botulique dans la vessie peut aussi être indiquée.
Le choix de la technique dépend du type d’incontinence, de la cause, de l’âge, de l’état de santé général et de l’avis du spécialiste.