L’hyperthermie maligne est une urgence médicale rare liée à l’anesthésie générale. Elle est différente du coup de chaleur ou de l’hyperthermie liée à la canicule, car elle est généralement provoquée par une réaction grave à certains anesthésiques halogénés, comme l’halothane, l’enflurane, l’isoflurane, le sévoflurane ou le desflurane, ou à un relaxant musculaire appelé suxaméthonium, aussi connu sous le nom de succinylcholine.
Elle entraîne une augmentation incontrôlée de la température corporelle et peut provoquer des symptômes comme une fièvre très élevée, une rigidité musculaire ou des spasmes. Ces signes apparaissent le plus souvent pendant l’anesthésie ou peu après une intervention chirurgicale.
L’hyperthermie maligne est causée par des modifications génétiques héritées de l’un des parents. Ces anomalies entraînent la production de protéines anormales dans les cellules musculaires, qui deviennent hyperactives lorsque la personne est exposée à certains médicaments utilisés pendant l’anesthésie générale.
Principaux symptômes
Les principaux symptômes de l’hyperthermie maligne sont:
- Augmentation soudaine de la température corporelle, pouvant dépasser 40 ºC;
- Accélération du rythme cardiaque ou trouble du rythme cardiaque;
- Rigidité ou spasmes musculaires;
- Rigidité de la mâchoire;
- Respiration rapide et superficielle;
- Baisse de la pression artérielle;
- Transpiration excessive;
- Urines brunes ou contenant du sang.
Ces symptômes peuvent apparaître pendant l’anesthésie ou juste après une intervention chirurgicale, au début de la période postopératoire.
Comment confirmer le diagnostic
Le diagnostic de l’hyperthermie maligne est établi par l’anesthésiste, à l’hôpital, à partir de l’évaluation des symptômes et de la surveillance de la personne après l’administration d’anesthésiques halogénés ou de suxaméthonium.
Le médecin peut également demander des examens complémentaires, comme une prise de sang, un dosage des électrolytes ou un électrocardiogramme, afin d’évaluer les complications possibles de l’hyperthermie maligne.
Chez les personnes ayant des antécédents familiaux d’hyperthermie maligne ou une réaction antérieure à une anesthésie générale, le médecin peut demander, avant une chirurgie, un test de sensibilité à l’hyperthermie maligne, appelé test de contracture à l’halothane et à la caféine. Ce test est réalisé à partir d’un petit échantillon de tissu musculaire.
Dans certains cas, le médecin peut également demander un test génétique afin d’identifier des mutations du gène RYR1 ou d’autres variants associés à l’hyperthermie maligne.
Principales causes
L’hyperthermie maligne est causée par une mutation génétique dominante, héritée de l’un des parents, qui provoque un hypermétabolisme des muscles squelettiques lorsque la personne est exposée à certains anesthésiques halogénés ou relaxants musculaires.
Les principaux anesthésiques halogénés ou relaxants musculaires pouvant déclencher une hyperthermie maligne chez les personnes prédisposées sont:
- Halothane;
- Isoflurane;
- Sévoflurane;
- Enflurane;
- Desflurane;
- Suxaméthonium, aussi appelé succinylcholine.
Ces médicaments peuvent provoquer une libération excessive de calcium dans les cellules des muscles squelettiques, entraînant une contraction musculaire exagérée et une augmentation brutale de la température corporelle. En savoir plus sur le fonctionnement de l'anesthésie et ses risques.
Possibilités de traitement
Le traitement de l’hyperthermie maligne est réalisé à l’hôpital et doit être commencé immédiatement. Il repose sur l’arrêt de l’anesthésie déclenchante, l’administration de dantrolène par voie intraveineuse et la prise en charge des complications.
En plus du dantrolène, il est nécessaire de refroidir le corps à l’aide de compresses humides, de ventilateurs ou de bains glacés.
Si ces mesures de refroidissement externe ne sont pas suffisantes, le corps peut aussi être refroidi de l’intérieur par un lavage gastrique avec du sérum physiologique froid.
Dans les cas les plus graves, lorsque la température ne baisse pas suffisamment, une hémodialyse ou une circulation extracorporelle avec refroidissement du sang peut être nécessaire.
Le médecin doit également apporter un soutien en oxygène et prescrire, si nécessaire, d’autres médicaments pour traiter les troubles du rythme cardiaque et protéger les reins.
Complications possibles
L’hyperthermie maligne peut entraîner des complications comme:
- Saignement interne;
- Œdème pulmonaire;
- Destruction du muscle squelettique;
- Insuffisance rénale;
- Insuffisance cardiaque;
- Coagulation intravasculaire disséminée;
- Lésions cérébrales;
- Arrêt cardiaque.
Ces complications de l’hyperthermie maligne sont graves et peuvent engager le pronostic vital.
C’est pourquoi, le traitement doit être commencé rapidement dès l’apparition des symptômes. Découvrez les différents types d'hyperthermie.