La grippe aviaire est une maladie infectieuse provoquée par certains virus influenza A qui circulent principalement chez les oiseaux. Plus rarement, ces virus peuvent franchir la barrière des espèces et infecter l’être humain.
Chez l’être humain, la contamination survient surtout après un contact rapproché avec des oiseaux infectés, d’autres animaux contaminés ou un environnement souillé par leurs sécrétions ou leurs déjections. La consommation de viande de volaille, d’œufs ou de foie gras n’est pas considérée comme une voie de transmission de la grippe aviaire.
Les symptômes peuvent être légers, comme une conjonctivite ou des signes ressemblant à une grippe, mais certaines infections peuvent provoquer une pneumonie ou une atteinte respiratoire grave. En cas de symptômes dans les 10 jours suivant une exposition à risque, il est important de consulter rapidement un médecin en précisant cette exposition.
Principaux symptômes
Les symptômes de la grippe aviaire chez l’être humain peuvent varier selon le virus responsable et les circonstances de la contamination.
Les principaux symptômes sont:
- Fièvre ou sensation de fièvre;
- Fatigue;
- Courbatures ou douleurs musculaires;
- Maux de tête;
- Toux;
- Nez qui coule;
- Rougeur ou irritation des yeux, notamment une conjonctivite;
- Essoufflement ou difficultés à respirer;
- Vertiges ou désorientation.
Certaines personnes peuvent présenter seulement des symptômes légers, notamment une conjonctivite. Dans d’autres cas, l’infection peut évoluer vers une atteinte des voies respiratoires inférieures, une pneumonie ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë.
En cas de difficultés respiratoires importantes, de confusion ou d’aggravation rapide de l’état général, une prise en charge médicale urgente est nécessaire.
Quand apparaissent les symptômes?
Après une exposition à risque à un virus influenza aviaire, Santé publique France recommande de surveiller son état de santé pendant les 10 jours suivant la dernière exposition.
Une personne qui présente des symptômes respiratoires ou oculaires pendant cette période après un contact à risque avec un animal infecté ou un environnement contaminé peut être considérée comme un cas possible de grippe aviaire et doit consulter rapidement un médecin.
Comment confirmer le diagnostic
Le diagnostic repose d’abord sur les symptômes et sur la recherche d’une exposition récente à risque, par exemple un contact avec des oiseaux malades ou morts, des animaux infectés ou un environnement contaminé.
Le médecin peut prescrire un test RT-PCR à partir d’un prélèvement respiratoire afin de rechercher un virus grippal.
Lorsqu’un virus influenza A est détecté sans correspondre clairement aux sous-types de grippe saisonnière habituellement recherchés, des analyses complémentaires sont réalisées afin d’identifier précisément le virus.
En France, les cas probables sont pris en charge en lien avec les autorités sanitaires et la confirmation virologique est réalisée par le Centre national de référence des virus des infections respiratoires.
La grippe aviaire est-elle grave?
La gravité de la grippe aviaire chez l’être humain est très variable. Certaines infections restent légères, tandis que d’autres peuvent entraîner une pneumonie grave, une insuffisance respiratoire ou d’autres complications.
L’expression « influenza aviaire hautement pathogène » désigne avant tout la capacité du virus à provoquer une maladie grave chez les oiseaux. Elle ne signifie pas automatiquement que toute infection humaine provoquera une forme grave.
La gravité dépend notamment du virus en cause, de la forme clinique et de l’état de santé de la personne infectée.
Comment se transmet la grippe aviaire
Les infections humaines restent rares et surviennent principalement après une exposition directe à un animal infecté ou à un environnement contaminé.
La transmission peut notamment se produire par:
- Inhalation de poussières, de gouttelettes ou d’aérosols contaminés par les sécrétions ou les déjections d’animaux infectés;
- Contact direct avec des oiseaux infectés lors de leur manipulation, de leur ramassage ou de leur dépeçage;
- Contact avec des surfaces, du matériel, de la litière ou d’autres éléments contaminés;
- Exposition prolongée dans un espace fermé où se trouvent des animaux infectés.
Des expositions à des eaux contaminées ont également été décrites.
En revanche, les autorités sanitaires françaises indiquent que la consommation de viande de volaille, d’œufs, de foie gras et, plus généralement, de produits alimentaires à base de volaille ne présente pas de risque de transmission de la grippe aviaire à l’être humain.
La transmission entre personnes reste exceptionnelle. Les épisodes récents d’infection humaine n’ont pas mis en évidence de transmission interhumaine soutenue, mais ces virus font l’objet d’une surveillance étroite en raison de leur capacité à évoluer.
Grippe aviaire H5N2
Le virus A(H5N2) est un sous-type de virus influenza A qui circule principalement chez les oiseaux et peut provoquer des foyers d’influenza aviaire.
En 2024, l’Organisation mondiale de la Santé a signalé au Mexique le premier cas humain d’infection par un virus influenza A(H5N2) confirmé en laboratoire dans le monde.
La personne concernée présentait plusieurs maladies préexistantes et est décédée après son hospitalisation. Après investigation, les autorités mexicaines ont conclu que le décès était lié aux complications de ses maladies préexistantes. La source exacte de l’exposition au virus n’a pas pu être déterminée.
Cette infection humaine reste donc un événement exceptionnel et ne signifie pas que le virus H5N2 se transmet facilement des oiseaux à l’être humain ou entre personnes.
Comment traiter la grippe aviaire
La prise en charge de la grippe aviaire dépend de la gravité des symptômes et doit être déterminée par une équipe médicale.
1. Traitement antiviral
Un traitement antiviral doit être envisagé rapidement en cas d’infection probable ou confirmée par un virus influenza aviaire.
En France, l’oséltamivir est l’un des antiviraux utilisés dans cette situation. Santé publique France indique qu’un antiviral tel que l’oséltamivir est prescrit aux cas confirmés, quel que soit le niveau de gravité des symptômes.
Dans les formes graves ou chez certaines personnes immunodéprimées, le Haut Conseil de la santé publique recommande une stratégie thérapeutique renforcée pouvant nécessiter l’association de plusieurs antiviraux. Ce traitement est alors défini par les spécialistes en fonction du virus identifié, de l’état clinique et du risque de résistance.
Des traitements symptomatiques peuvent également être prescrits pour soulager la fièvre, les douleurs ou d’autres symptômes.
Les antibiotiques ne traitent pas le virus de la grippe aviaire. Ils peuvent cependant être utilisés lorsqu’une infection bactérienne associée est diagnostiquée.
2. Hospitalisation
Une hospitalisation peut être nécessaire en cas de forme sévère, notamment lorsque des difficultés respiratoires, une pneumonie ou d’autres complications apparaissent.
Le traitement hospitalier peut comprendre une hydratation, une oxygénothérapie et les soins nécessaires au maintien des fonctions vitales.
Dans les formes les plus graves avec insuffisance respiratoire, une ventilation mécanique peut être nécessaire.
Lisez aussi: Ventilation mécanique: c'est quoi, à quoi ça sert, types et risques tuasaude.com/fr/ventilation-mecaniquePeut-on guérir de la grippe aviaire?
Oui. Une personne infectée par un virus de la grippe aviaire peut guérir, notamment lorsque l’infection reste légère et qu’elle est rapidement prise en charge. Cependant, certaines souches de virus influenza aviaires peuvent provoquer des formes sévères.
Le pronostic dépend du virus responsable, de la gravité de l’infection, de l’état clinique de la personne et de la rapidité de la prise en charge.
Complications possibles
Les principales complications des formes graves de grippe aviaire sont les atteintes respiratoires.
Elles peuvent notamment inclure:
- Pneumonie;
- Insuffisance respiratoire;
- Syndrome de détresse respiratoire aiguë;
- Atteintes de plusieurs organes dans les formes les plus sévères.
Des manifestations neurologiques peuvent également être observées dans certaines infections par des virus influenza zoonotiques.
Comment prévenir
Pour la population générale, la principale mesure de prévention consiste à éviter tout contact avec des oiseaux ou d’autres animaux sauvages malades ou morts.
Il est recommandé de:
- Ne pas toucher ni ramasser un oiseau ou un mammifère sauvage malade ou mort;
- Signaler les mortalités inhabituelles d’oiseaux sauvages aux organismes compétents, notamment à l’Office français de la biodiversité, à la fédération départementale des chasseurs ou à la mairie selon la situation;
- Éviter tout contact non protégé avec des animaux suspectés d’être infectés ou avec leur environnement;
- Se laver soigneusement les mains après une exposition potentielle à des animaux ou à un environnement contaminé.
Les professionnels exposés à des animaux infectés ou à un environnement contaminé doivent utiliser des équipements de protection adaptés, notamment des vêtements de protection, des gants étanches, des lunettes ou une visière et un masque de protection respiratoire, de préférence FFP2.
Après une exposition à risque, l’état de santé doit être surveillé pendant 10 jours. En cas de fièvre, toux, douleurs musculaires, conjonctivite, difficultés respiratoires ou autres symptômes, il est recommandé de consulter immédiatement un médecin en précisant l’exposition.
La vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée en France pour les professionnels exposés aux virus influenza aviaires.
Elle ne protège pas directement contre la grippe aviaire, mais permet de limiter le risque de co-infection par un virus grippal humain et un virus d’origine animale.