L’antibiogramme est un examen qui permet de déterminer la sensibilité ou la résistance d’une bactérie à différents antibiotiques. En France, il est utilisé pour aider le médecin à choisir l’antibiotique le plus adapté au traitement d’une infection et pour limiter l’usage inutile d’antibiotiques, qui favorise l’antibiorésistance.
L’antibiogramme, aussi appelé test de sensibilité aux antimicrobiens, est généralement réalisé après un prélèvement microbiologique adapté au site de l’infection, comme les urines, le sang ou un autre prélèvement local, suivi d’une culture permettant d’identifier le micro-organisme en cause.
En fonction du germe identifié et de son profil de sensibilité, le médecin peut ensuite définir le traitement le plus approprié, ainsi que la dose et la durée d’utilisation.
À quoi sert l’antibiogramme
L’antibiogramme sert à identifier les antibiotiques auxquels un micro-organisme est sensible ou résistant.
Il est particulièrement utile pour orienter le traitement d’une infection, surtout lorsqu’il s’agit d’une infection récidivante ou lorsqu’il existe un risque de résistance bactérienne.
Pourquoi il est important d’identifier le bon antibiotique
L’utilisation d’un antibiotique inadapté peut retarder la guérison, traiter l’infection de façon incomplète et favoriser le développement de résistances bactériennes. Cela peut rendre l’infection plus difficile à traiter par la suite.
C’est pourquoi, il est important de ne pas utiliser d’antibiotiques sans avis médical ni de manière inutile, afin d’éviter la sélection de bactéries résistantes et de préserver l’efficacité des traitements disponibles.
Comment est réalisé l’antibiogramme
Pour réaliser un antibiogramme, il n’est généralement pas nécessaire d’avoir une préparation particulière. Un prélèvement est effectué selon la zone suspectée d’infection, par exemple un échantillon d’urine, de sang, d’expectorations, de selles ou un autre prélèvement local.
Au laboratoire, l’échantillon est mis en culture afin d’évaluer la croissance du micro-organisme et sa réaction aux antibiotiques.
Types d’antibiogramme
L’antibiogramme peut être réalisé de deux façons:
- Antibiogramme par diffusion sur gélose: de petits disques contenant différents antibiotiques sont déposés sur un milieu de culture adapté. Après incubation, on vérifie s’il existe ou non une zone d’inhibition autour de chaque disque. Lorsqu’il n’y a pas de croissance autour du disque, le micro-organisme est considéré comme sensible à cet antibiotique;
- Antibiogramme par dilution: le micro-organisme est mis en contact avec différentes concentrations d’antibiotique. Cette méthode permet de déterminer la concentration minimale inhibitrice, ou CMI, c’est-à-dire la plus faible concentration capable d’empêcher la croissance visible du micro-organisme.
Aujourd’hui, de nombreux laboratoires utilisent des systèmes automatisés pour réaliser l’antibiogramme. Le compte rendu indique les antibiotiques actifs, ceux auxquels le micro-organisme est résistant, et peut aussi mentionner la CMI selon la méthode utilisée.
Uroculture avec antibiogramme
L’infection urinaire est fréquente, surtout chez les femmes, mais elle peut aussi toucher les hommes. En France, le médecin peut demander un ECBU, c’est-à-dire un examen cytobactériologique des urines, afin de rechercher la présence d’une bactérie ou d’un autre micro-organisme dans les urines.
Lorsque le prélèvement confirme la présence d’une bactérie, un antibiogramme peut être réalisé pour identifier l’antibiotique le plus adapté. Cette démarche permet de choisir un traitement plus précis et d’éviter l’utilisation d’un antibiotique inefficace.
En cas d’infection urinaire, l’antibiothérapie n’est pas systématique dans toutes les situations. Le choix de traiter dépend notamment des symptômes, du contexte clinique et du résultat des examens.
Comment interpréter le résultat
De façon générale, le compte rendu peut indiquer:
- Sensible ou S, ce qui signifie que le micro-organisme est sensible à l’antibiotique testé;
- Résistant ou R, ce qui signifie que le micro-organisme est résistant à l’antibiotique testé.
Le résultat de l’antibiogramme peut prendre plusieurs jours, car il dépend du temps nécessaire à la culture et à l’analyse de la croissance du micro-organisme. L’antibiotique qui inhibe efficacement cette croissance est celui qui a le plus de chances d’être utile dans le traitement, selon l’interprétation médicale du résultat.
Selon le type d’examen réalisé, la CMI peut aussi apparaître sur le compte rendu. Cette valeur indique la plus faible concentration d’antibiotique capable d’empêcher la croissance visible du micro-organisme dans les conditions du test. Elle aide à l’interprétation microbiologique, mais ne correspond pas à elle seule à la dose à prescrire, car cette décision dépend aussi du patient, du site de l’infection et de l’antibiotique utilisé.
Par exemple, une CMI faible indique qu’une faible concentration d’antibiotique suffit à inhiber le micro-organisme testé. À l’inverse, une CMI plus élevée montre qu’une concentration plus importante est nécessaire pour obtenir ce même effet, ce qui doit toujours être interprété par le médecin ou le biologiste selon les référentiels en vigueur.