L’anévrisme est une dilatation localisée d’une artère, provoquée par un affaiblissement de sa paroi. Il peut notamment se former dans les artères du cerveau, l’aorte ou, plus rarement, l’artère pulmonaire.
La plupart des petits anévrismes ne provoquent aucun symptôme. Lorsqu’ils augmentent de volume ou se rompent, les signes varient selon leur localisation et peuvent inclure un mal de tête soudain et très intense, une douleur thoracique, dorsale ou abdominale, un essoufflement, une confusion ou une perte de connaissance.
En cas de douleur brutale et intense, de malaise, de perte de connaissance ou de signes neurologiques soudains, il faut appeler immédiatement le SAMU au 15 ou le 112. En dehors d’une urgence, le médecin traitant peut orienter la personne vers un neurologue, un cardiologue, un médecin vasculaire ou un chirurgien vasculaire, selon l’artère concernée.
Principaux symptômes
Les symptômes de l’anévrisme dépendent principalement de l’artère touchée, de la taille de la dilatation et de l’existence ou non d’une rupture.
Les principaux symptômes possibles sont:
- Sensation de pulsation ou de battement dans l’abdomen;
- Mal de tête soudain, très intense ou inhabituel;
- Douleur dans la poitrine, l’abdomen ou le dos;
- Essoufflement ou difficulté à respirer;
- Toux, enrouement ou difficulté à avaler;
- Vision double ou floue;
- Chute d’une paupière;
- Nausées ou vomissements;
- Confusion, convulsions ou perte de connaissance.
Les petits anévrismes restent souvent silencieux et peuvent être découverts fortuitement lors d’un examen réalisé pour une autre raison.
Les symptômes apparaissent généralement lorsque l’anévrisme devient volumineux, comprime une structure voisine, se fissure ou se rompt.
Lisez aussi: 15 symptômes de l'anévrisme (cérébral et de l'aorte) tuasaude.com/fr/anevrisme-symptomesQuelle différence entre un anévrisme et un AVC?
Un anévrisme est une dilatation d’une artère provoquée par la fragilisation de sa paroi. Il peut rester intact pendant de nombreuses années et ne provoque donc pas systématiquement de symptômes ou de complication.
Un AVCest un événement aigu qui survient lorsque la circulation sanguine d’une partie du cerveau est interrompue par un caillot ou lorsqu’un vaisseau cérébral se rompt.
La rupture d’un anévrisme cérébral peut provoquer une hémorragie sous-arachnoïdienne, qui est une forme d'AVC hémorragique. Cependant, tous les anévrismes ne provoquent pas d’AVC et tous les AVC ne sont pas causés par un anévrisme.
Comment confirmer le diagnostic
Le diagnostic d’un anévrisme ne peut pas être confirmé uniquement à partir des symptômes. Il repose sur l’évaluation médicale, les antécédents personnels et familiaux ainsi que sur des examens d’imagerie adaptés à l’artère concernée.
Les principaux examens pouvant être indiqués sont:
- Scanner ou angioscanner;
- IRM ou angio-IRM;
- Échographie-Doppler;
- Échocardiographie;
- Angiographie cérébrale ou vasculaire.
En cas de suspicion d’anévrisme cérébral rompu, un scanner cérébral est généralement réalisé en urgence. Pour un anévrisme de l’aorte abdominale, l’échographie-Doppler permet de mesurer le diamètre de l’aorte, tandis que le scanner ou l’IRM précisent l’anatomie avant une éventuelle intervention.
En France, la Haute Autorité de Santé recommande notamment un dépistage ciblé unique par échographie-Doppler chez les hommes de 65 à 75 ans fumeurs ou anciens fumeurs, ainsi que chez les hommes de 50 à 75 ans ayant des antécédents familiaux d’anévrisme de l’aorte abdominale.
Types d’anévrisme
Les principaux types d’anévrisme sont classés selon l’artère dans laquelle la dilatation se forme.
1. Anévrisme cérébral
L’anévrisme cérébral se forme dans une artère du cerveau. Lorsqu’il n’est pas rompu, il ne provoque généralement aucun symptôme.
Un anévrisme volumineux peut toutefois comprimer les nerfs voisins et entraîner une douleur derrière l’œil, une vision double, une pupille dilatée ou la chute d’une paupière.
En cas de rupture, il peut provoquer un mal de tête soudain et extrêmement intense, une raideur de la nuque, des nausées, des vomissements, une confusion, des convulsions ou une perte de connaissance.
2. Anévrisme de l’aorte abdominale
L’anévrisme de l’aorte abdominale se forme dans la partie de l’aorte située dans l’abdomen. Il peut provoquer une sensation de pulsation dans le ventre ainsi qu’une douleur profonde dans l’abdomen, le dos, l’aine ou les jambes.
Sa rupture peut entraîner une douleur soudaine et intense, une chute de la pression artérielle, un malaise et un choc hémorragique. Il s’agit alors d’une urgence médicale. En savoir plus sur l'anévrisme de l'aorte.
3. Anévrisme de l’artère pulmonaire
L’anévrisme de l’artère pulmonaire est une dilatation rare du tronc pulmonaire ou de l’une de ses branches. Les artères pulmonaires transportent le sang du cœur droit vers les poumons, où il est oxygéné.
Ce type d’anévrisme peut rester asymptomatique et être découvert fortuitement. Lorsqu’il provoque des symptômes, ceux-ci peuvent inclure un essoufflement, une douleur thoracique, une toux ou la présence de sang dans les expectorations.
Le traitement dépend de sa taille, de sa localisation et de sa cause, qui peut notamment être une malformation cardiaque, une hypertension pulmonaire, une vascularite, une infection ou un traumatisme.
4. Anévrisme de l’aorte thoracique
L’anévrisme de l’aorte thoracique se forme dans la partie de l’aorte située dans la poitrine.
Il est souvent asymptomatique, mais peut provoquer une douleur thoracique ou dorsale, un essoufflement, une toux, un enrouement ou une difficulté à avaler lorsqu’il comprime les organes voisins.
Une douleur thoracique ou dorsale soudaine et très intense peut indiquer une dissection ou une rupture de l’aorte. Cette douleur peut se déplacer vers le dos, les omoplates ou l’abdomen et nécessite une prise en charge immédiate.
Principales causes
L’anévrisme est provoqué par une fragilisation progressive ou soudaine de la paroi d’une artère. Les facteurs en cause diffèrent selon sa localisation.
Les principaux facteurs pouvant favoriser un anévrisme sont:
- Âge avancé;
- Tabagisme;
- Hypertension artérielle;
- Athérosclérose;
- Cholestérol élevé;
- Antécédents personnels ou familiaux d’anévrisme;
- Maladies génétiques du tissu conjonctif, comme les syndromes de Marfan, d’Ehlers-Danlos ou de Loeys-Dietz;
- Malformations des vaisseaux sanguins;
- Traumatisme ou lésion d’une artère;
- Consommation de drogues stimulantes, notamment la cocaïne;
- Plus rarement, vascularite, tumeur ou infection de la paroi artérielle.
Le tabagisme et l’hypertension artérielle sont particulièrement importants dans la prévention de la croissance ou de la rupture de certains anévrismes.
Possibilités de traitement
Le traitement de l’anévrisme dépend de sa localisation, de sa taille, de sa forme, de sa vitesse de croissance, des symptômes et du risque estimé de rupture.
Un anévrisme rompu ou suspect de rupture nécessite une hospitalisation immédiate. À l’inverse, un petit anévrisme stable et asymptomatique peut parfois être uniquement surveillé.
La décision d’intervenir doit être individualisée et prise par une équipe spécialisée, car le risque de rupture doit être comparé aux risques d’une intervention chirurgicale ou endovasculaire.
1. Surveillance médicale
La surveillance est généralement envisagée lorsque l’anévrisme est petit, stable et ne provoque aucun symptôme.
Elle comprend des consultations et des examens d’imagerie réguliers permettant de vérifier sa taille, sa forme et sa vitesse de croissance. La fréquence des examens dépend du type d’anévrisme et du risque individuel de rupture.
L’arrêt du tabac, le contrôle de la tension artérielle et la prise en charge des autres facteurs cardiovasculaires sont également essentiels.
2. Médicaments et habitudes de vie
Les médicaments ne font généralement pas disparaître l’anévrisme. Ils sont utilisés pour traiter les facteurs susceptibles de favoriser sa croissance ou ses complications.
Le médecin peut notamment prescrire:
- Antihypertenseurs pour contrôler la tension artérielle;
- Hpolipémiants en cas de cholestérol élevé ou d’athérosclérose;
- Traitements destinés à prendre en charge une infection, une inflammation ou une autre maladie à l’origine de l’anévrisme.
Après la rupture d’un anévrisme cérébral ayant provoqué une hémorragie sous-arachnoïdienne, la nimodipine peut être administrée à l’hôpital afin de réduire le risque d’ischémie cérébrale retardée. Elle ne constitue pas un traitement systématique des anévrismes cérébraux non rompus.
3. Traitement chirurgical ou endovasculaire
Une intervention peut être proposée lorsque l’anévrisme provoque des symptômes, augmente rapidement de volume ou présente un risque élevé de rupture.
Pour un anévrisme cérébral, les principales techniques sont:
- Clippage microchirurgical, qui ferme le col de l’anévrisme;
- Embolisation endovasculaire, notamment à l’aide de coils;
- Dans certains cas sélectionnés, la mise en place d’un stent ou d’un dispositif de diversion du flux sanguin.
Pour un anévrisme de l’aorte, le traitement peut comprendre:
- Chirurgie ouverte avec remplacement de la partie dilatée de l’aorte par une prothèse;
- Réparation endovasculaire avec mise en place d’une endoprothèse à l’intérieur de l’aorte.
Le traitement d’un anévrisme de l’artère pulmonaire est plus rare et doit être décidé au cas par cas dans un centre spécialisé.
Peut-on guérir d’un anévrisme?
Certains anévrismes peuvent être traités de manière durable par une intervention chirurgicale ou endovasculaire qui exclut la dilatation de la circulation ou répare la partie fragilisée de l’artère.
Cependant, tous les anévrismes ne nécessitent pas une intervention. Lorsqu’un petit anévrisme présente un faible risque de rupture, une surveillance régulière peut être plus sûre qu’une opération.
Même après un traitement, des examens d’imagerie peuvent rester nécessaires afin de contrôler le résultat de l’intervention, de rechercher une éventuelle récidive ou de vérifier qu’un autre anévrisme ne s’est pas formé. Les médicaments seuls ne permettent généralement pas de faire disparaître la dilatation.
Quand consulter en urgence
Il est nécessaire d’appeler immédiatement le 15 ou le 112 en cas de:
- Mal de tête brutal et extrêmement intense;
- Douleur soudaine et sévère dans la poitrine, le dos ou l’abdomen;
- Faiblesse d’un côté du corps ou difficulté soudaine à parler;
- Pâleur, sueurs froides et accélération du rythme cardiaque;
- Toux accompagnée de sang;
- Confusion, convulsions, malaise ou perte de connaissance.
Ces signes peuvent indiquer une rupture de l’anévrisme, une hémorragie interne ou un AVC et nécessitent une prise en charge hospitalière immédiate.