Rage: symptômes, transmission, traitement (et que faire)

La rage est une infection virale grave qui atteint le système nerveux. Elle est provoquée par des virus du genre Lyssavirus et se transmet principalement par la salive d’un animal infecté, généralement à la suite d’une morsure, mais aussi d’une griffure ou du léchage d’une peau lésée.

En France, la rage humaine est aujourd’hui exceptionnelle et les cas diagnostiqués sont principalement liés à une contamination survenue à l’étranger. La France métropolitaine est considérée comme indemne de rage chez les mammifères terrestres non volants, mais le risque persiste notamment lors d’un contact avec une chauve-souris ou avec un animal infecté importé d’un pays où la maladie circule.

Une fois les symptômes apparus, la rage évolue presque toujours vers le décès. En revanche, une prise en charge adaptée rapidement après une exposition, avant l’apparition des symptômes, permet de prévenir la maladie grâce au traitement post-exposition.

Imagem ilustrativa número 1

Symptômes de la rage chez l’être humain

Les premiers symptômes de la rage sont généralement peu spécifiques et peuvent ressembler à ceux d’une infection virale courante.

Ils peuvent notamment comprendre:

  • Malaise général;
  • Fatigue ou faiblesse;
  • Maux de tête;
  • Fièvre;
  • Douleur musculaire;
  • Sensations inhabituelles au niveau de la zone mordue, comme des picotements, des démangeaisons ou des brûlures.

Lorsque le virus atteint le système nerveux central, d’autres symptômes peuvent apparaître, notamment une agitation, une anxiété, une confusion, des hallucinations, des troubles du comportement, des difficultés à avaler, une paralysie, des convulsions ou un coma.

La maladie peut se présenter principalement sous une forme dite « furieuse », associant notamment agitation et troubles neurologiques, ou sous une forme paralytique, caractérisée par une paralysie progressive.

Qu’est-ce que l’hydrophobie?

L’hydrophobie est l’un des signes les plus caractéristiques de certaines formes de rage, bien qu’elle ne soit pas présente chez toutes les personnes atteintes.

Elle correspond à des spasmes douloureux des muscles du pharynx et du larynx lorsqu’une personne essaie d’avaler un liquide. Dans les formes avancées, le simple fait de voir de l’eau ou d’essayer de boire peut déclencher ces spasmes.

L’hydrophobie est généralement associée à d’autres signes neurologiques, comme l’agitation, la confusion, l’aérophobie ou des troubles de la conscience.

Lisez aussi: Encéphalite: symptômes, causes, types et traitement tuasaude.com/fr/encephalite

Combien de temps après une morsure la rage peut-elle apparaître?

La période d’incubation de la rage, c’est-à-dire le délai entre la contamination et les premiers symptômes, est généralement de plusieurs semaines à plusieurs mois.

Elle peut cependant être plus courte ou, plus rarement, beaucoup plus longue. Ce délai dépend notamment:

  • Localisation de la morsure;
  • Profondeur et de la gravité de la plaie;
  • Quantité de virus inoculée;
  • De la proximité de la plaie avec le système nerveux central.

Une morsure située au niveau de la tête, du cou ou d’une zone fortement innervée peut notamment être associée à une progression plus rapide du virus.

Il ne faut donc jamais attendre l’apparition de symptômes avant de consulter après une exposition considérée comme à risque.

Comment confirmer le diagnostic

Lorsqu’une rage humaine est suspectée, le diagnostic repose sur les symptômes, les antécédents de voyage ou d’exposition à un animal et sur des analyses biologiques spécialisées.

Selon la situation, différents prélèvements peuvent être réalisés, notamment:

  • Prélèvements de salive pour rechercher le matériel génétique du virus par RT-PCR;
  • Biopsie cutanée;
  • Analyses de sang;
  • Analyse du liquide céphalo-rachidien après ponction lombaire.

En France, le Centre national de référence de la rage de l’Institut Pasteur intervient dans le diagnostic biologique des cas suspects.

D’autres examens, comme une IRM, un scanner ou des analyses biologiques, peuvent également être réalisés afin d’évaluer l’état de la personne et d’écarter d’autres causes d’encéphalite ou de paralysie.

La rage est-elle présente en France

La rage humaine est devenue extrêmement rare en France. Les cas diagnostiqués sur le territoire français sont principalement liés à des contaminations contractées lors d’un séjour dans un pays où la rage circule encore.

La France métropolitaine est indemne de rage chez les mammifères terrestres non volants depuis plus de vingt ans.

Cela signifie que, dans la grande majorité des situations impliquant un chien ou un chat vivant en France métropolitaine, une vaccination antirabique après exposition n’est pas nécessaire.

Chaque situation doit néanmoins être évaluée en fonction de l’animal, de son origine et des circonstances de l’exposition.

En revanche, les chauves-souris peuvent être porteuses de Lyssavirus en France. Toute morsure, griffure ou exposition significative à une chauve-souris nécessite donc une évaluation médicale rapide.

Le risque est également plus important lorsqu’une morsure ou une griffure survient à l’étranger, notamment dans les régions où la rage canine reste endémique, en particulier dans certaines régions d’Asie et d’Afrique.

Les cas de rage observés chez des voyageurs sont le plus souvent liés à une exposition à un chien infecté.

Mode de transmission

La rage se transmet principalement lorsque la salive d’un mammifère infecté entre en contact avec une plaie ou une muqueuse.

La contamination peut notamment survenir après:

  • Morsure;
  • Griffure contaminée par de la salive;
  • Léchage d’une peau lésée;
  • Contact de salive infectée avec les yeux, la bouche ou une autre muqueuse.

Les chiens sont responsables de la majorité des cas de rage humaine dans les régions du monde où la maladie reste endémique.

D’autres mammifères peuvent cependant transmettre la maladie, notamment les chats, les singes et les chauves-souris.

Un simple contact avec la peau intacte ne constitue normalement pas une exposition à la rage.

La rage peut-elle se transmettre d’une personne à une autre?

La transmission directe de la rage entre deux personnes est exceptionnelle. Aucun cas confirmé de transmission par contact ordinaire ou par morsure entre humains n’a été établi.

De très rares transmissions ont cependant été décrites lors de greffes d’organes ou de tissus provenant d’un donneur infecté.

Que faire après une morsure ou une griffure d’animal 

Après une morsure, une griffure ou un contact à risque avec la salive d’un mammifère, la première mesure consiste à laver immédiatement et abondamment la plaie à l’eau et au savon.

Il est ensuite recommandé:

  • De rincer soigneusement la plaie;
  • D’appliquer un antiseptique, lorsqu’il est disponible;
  • De ne pas attendre l’apparition de symptômes;
  • De demander rapidement un avis médical lorsque l’exposition est susceptible de présenter un risque de rage.

En France, la conduite à tenir dépend fortement du lieu où l’exposition s’est produite et de l’animal concerné.

Lisez aussi: Tétanos: c’est quoi, symptômes, causes et traitement tuasaude.com/fr/tetanos

Après une morsure survenue en France

Lorsqu’une exposition survient en France métropolitaine avec un chien, un chat ou un autre mammifère terrestre, le risque de rage est généralement très faible.

Une évaluation peut néanmoins être nécessaire, notamment lorsque l’animal a été récemment importé d’un pays à risque, que son origine est inconnue ou que les circonstances sont inhabituelles.

En cas de contact avec une chauve-souris, une évaluation dans un centre antirabique est systématiquement recommandée.

Après une morsure survenue à l’étranger

Après une morsure, une griffure ou le contact de salive avec une plaie ou une muqueuse survenu dans un pays où la rage circule, il est recommandé de consulter rapidement.

Lors du retour en France, un centre antirabique peut réévaluer la situation et poursuivre ou adapter un traitement commencé à l’étranger si nécessaire.

Possibilités de traitement

La rage peut être évitée après une exposition grâce à une prophylaxie post-exposition mise en place avant l’apparition des symptômes.

En France, l’indication de ce traitement est évaluée par un centre antirabique agréé.

Le traitement peut comprendre:

  • Un nettoyage minutieux de la plaie;
  • Plusieurs injections de vaccin contre la rage;
  • Dans certaines situations, l’administration d’immunoglobulines antirabiques.

Le choix du traitement dépend notamment du type d’exposition, de l’animal concerné, du pays dans lequel l’exposition s’est produite et des éventuelles vaccinations antérieures contre la rage.

La prophylaxie post-exposition est très efficace lorsqu’elle est correctement réalisée. Une revue systématique des rares cas de rage survenus malgré une prophylaxie a notamment montré que ces échecs étaient souvent associés à des erreurs ou à des insuffisances dans sa réalisation.

Comment traiter une rage déclarée 

Une fois les symptômes neurologiques de la rage apparus, il n’existe actuellement aucun traitement dont l’efficacité permette de guérir de manière fiable la maladie.

La prise en charge est hospitalière et repose principalement sur des soins intensifs visant à maintenir les fonctions vitales et à soulager les symptômes. Une ventilation mécanique, une sédation, une alimentation par sonde ou d’autres traitements de soutien peuvent être nécessaires.

Malgré les quelques cas exceptionnels de survie rapportés dans la littérature médicale, la rage symptomatique reste presque toujours mortelle.

C’est pourquoi la prévention après une exposition est essentielle : le lavage rapide de la plaie, l’évaluation du risque et, lorsqu’elle est indiquée, la prophylaxie post-exposition doivent être réalisés avant l’apparition des symptômes.

Vaccin contre la rage

Le vaccin contre la rage peut être administré après une exposition afin d’empêcher le développement de la maladie.

Une vaccination préventive, avant toute exposition, peut également être recommandée chez certaines personnes présentant un risque accru, notamment:

  • Certaines personnes travaillant régulièrement avec des Lyssavirus;
  • Certaines personnes en contact fréquent avec des chauves-souris;
  • Certains voyageurs se rendant dans une région où la rage est présente et où l’accès rapide à des soins adaptés peut être difficile.

Chez les voyageurs, la décision dépend notamment du pays visité, de la durée et du type de séjour, de l’éloignement des structures de soins et du risque de contact avec des animaux.

Une vaccination réalisée avant le voyage ne dispense pas d’une prise en charge médicale après une morsure ou une autre exposition à risque. Elle permet cependant de simplifier la prophylaxie post-exposition.