L’oxygénothérapie correspond à l’administration d’oxygène à l’aide d’un cathéter, d’une canule nasale ou d’un masque. Elle est utilisée lorsque l’oxygénation du sang est insuffisante, notamment dans des situations comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une crise d’asthme, certaines pneumonies, ou lors d’épisodes d’insuffisance respiratoire aiguë ou chronique.
Ce traitement vise à assurer une oxygénation correcte des tissus. Il est prescrit par un médecin après évaluation de la saturation en oxygène (oxymétrie de pouls) et, selon le contexte, par gaz du sang. En savoir plus sur l'oxymétrie de pouls.
En pratique, l’oxygène est titré vers une cible de saturation qui dépend du risque d’hypercapnie: en l’absence de risque, l’objectif est généralement une saturation au moins supérieure à 94 %, tandis qu’en cas de risque d’hypercapnie, la cible se situe entre 88 et 92 %.
À quoi sert l’oxygénothérapie
L’oxygénothérapie sert à augmenter l’apport d’oxygène aux poumons et à l’organisme afin de limiter les conséquences d’une mauvaise oxygénation des tissus.
Elle contribue à réduire les signes d’hypoxie pouvant s’exprimer par une coloration bleutée des lèvres ou des doigts, une dyspnée importante, une agitation ou une confusion.
De manière générale, l’initiation et l’ajustement se font sur la saturation mesurée et sur l’évaluation clinique, avec recours au gaz du sang lorsque cela est nécessaire selon la situation.
Principales indications
L’oxygénothérapie peut être indiquée dans des situations telles que:
- Insuffisance respiratoire aiguë ou chronique;
- Bronchopneumopathie chronique obstructive ou mucoviscidose;
- Emphysème pulmonaire, bronchite ou crise d’asthme;
- Pneumonie, COVID-19 ou cancer du poumon;
- Intoxication au monoxyde de carbone ou empoisonnement au cyanure;
- Apnée obstructive du sommeil;
- Phase de récupération après une anesthésie;
- Arrêt cardio-respiratoire.
Dans le contexte d’un syndrome coronarien aigu (infarctus du myocarde ou angor instable), l’oxygène n’est pas recommandé de manière systématique lorsque l’oxygénation est normale, et il est surtout utilisé en cas d’hypoxémie ou de détresse respiratoire.
Dans tous les cas, l’objectif est d’adapter le débit et l’interface à la sévérité des symptômes et aux paramètres d’oxygénation, en évitant une oxygénation excessive, en particulier chez les personnes à risque d’hypercapnie.
Principaux types d’oxygénothérapie
Les principaux types d’oxygénothérapie sont:
1. Systèmes à bas débit
Les systèmes à bas débit sont utilisés lorsque les besoins en oxygène sont modérés. Différents dispositifs peuvent être proposés:
- Canule nasale (lunettes nasales): dispositif placé dans les narines, généralement utilisé pour des débits faibles à modérés, souvent entre 1 et 6 L/min;
- Masque facial simple: masque couvrant le nez et la bouche, utilisé pour des débits plus élevés que les lunettes nasales, en pratique souvent entre 4 et 8 L/min, avec une fraction inspirée en oxygène variable pouvant atteindre environ 60 %;
- Masque à réservoir: masque avec poche de réserve, utilisé lorsque des débits élevés sont nécessaires, typiquement autour de 10 à 15 L/min.
Le choix de l’interface dépend du débit recherché et du confort, tout en tenant compte du fait que la fraction inspirée en oxygène peut rester variable selon la ventilation et la respiration buccale.
L’humidification n’est en général pas nécessaire lorsque le débit est inférieur à 5 L/min, mais elle peut être envisagée à des débits plus élevés afin de limiter le dessèchement des muqueuses.
2. Systèmes à haut débit
Les systèmes à haut débit permettent de délivrer des concentrations d’oxygène plus importantes et plus stables que les dispositifs conventionnels.
Ils sont utilisés dans des situations plus sévères d’hypoxémie, par exemple lors d’une insuffisance respiratoire aiguë, d’une pneumonie ou d’un œdème aigu du poumon, selon l’évaluation médicale.
Le masque de Venturi est un dispositif couramment utilisé lorsqu’une FiO2 précise est nécessaire, grâce à des adaptateurs calibrés permettant d’obtenir une concentration ciblée.
Ces dispositifs comportent des ouvertures permettant l’évacuation de l’air expiré et peuvent nécessiter une humidification selon le débit et la durée d’utilisation.
3. Ventilation non invasive
La ventilation non invasive (VNI) est un support ventilatoire utilisant une pression positive via un masque afin de faciliter la ventilation, recruter les alvéoles et améliorer les échanges gazeux.
Elle peut être indiquée dans certaines détresses respiratoires, notamment dans des contextes cardio-respiratoires, et elle est mise en place et surveillée par des professionnels de santé.
La VNI ne correspond pas à une modalité d’oxygénothérapie au sens strict, car elle ne se limite pas à administrer de l’oxygène: de l’oxygène peut y être associé si nécessaire, selon l’objectif de saturation.
À domicile, la pression positive continue (PPC, souvent appelée CPAP) est fréquemment utilisée dans l’apnée obstructive du sommeil, avec un choix de masque adapté à la morphologie et à la tolérance.
Précautions lors de l’utilisation à domicile
Dans certaines maladies respiratoires chroniques, un apport en oxygène peut être nécessaire au long cours, y compris à domicile, sur prescription médicale et dans le cadre d’une prise en charge organisée.
Certaines précautions sont essentielles lors d’une oxygénothérapie à domicile:
- Installer correctement la canule ou le masque afin d’assurer le débit d’oxygène prescrit;
- Respecter strictement le débit d’oxygène indiqué par le médecin;
- Ne pas fumer et éviter toute flamme ou source d’étincelles à proximité, car l’oxygène augmente fortement le risque d’incendie;
- Éloigner les sources d’oxygène de la chaleur (radiateurs, plaques de cuisson, cheminée, exposition prolongée au soleil);
- Surveiller la peau du nez, du visage et derrière les oreilles afin de repérer des irritations liées au dispositif;
- Maintenir une bonne hydratation avec de l’eau et des boissons non alcoolisées pour limiter la sécheresse des voies aériennes;
- Éviter l’alcool et les médicaments sédatifs sans avis médical, car ils peuvent diminuer la capacité respiratoire.
Les dispositifs d’oxygénothérapie à domicile (concentrateurs fixes ou mobiles, bouteilles selon les situations) sont fournis dans un cadre réglementé, avec des consignes de sécurité et un suivi de l’équipement.
La surveillance de la saturation par oxymétrie peut être utile dans certaines situations. En présence de signes tels que lèvres ou doigts bleutés, étourdissements ou malaise, une évaluation médicale urgente est nécessaire, car ils peuvent traduire une hypoxémie.