IVG: méthodes, délais, déroulement et risques en France

L'IVG, ou interruption volontaire de grossesse, est une procédure médicale qui permet de mettre fin à une grossesse à la demande de la femme enceinte. En France, elle peut être réalisée jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée (SA).

Il existe deux types d'IVG: l'IVG médicamenteuse, qui repose sur la prise de médicaments, et l'IVG instrumentale, également appelée IVG chirurgicale, qui consiste à aspirer le contenu de l'utérus.

Le choix de la méthode dépend notamment du stade de la grossesse, de l'état de santé et des préférences de la femme. Une consultation avec un médecin ou une sage-femme est recommandée pour déterminer la méthode adaptée, expliquer son déroulement et prévenir les complications.

Image générée par l’IA
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Dans quels cas peut-on avoir recours à une IVG?

L'IVG peut être réalisée lorsqu'une femme enceinte ne souhaite pas poursuivre sa grossesse, quelle que soit la raison de sa décision.

En France, aucune justification médicale, familiale ou personnelle n'est nécessaire pour demander une interruption volontaire de grossesse.

L'IVG doit cependant respecter les délais prévus par la loi. Elle nécessite également une consultation médicale permettant d'informer la femme des méthodes disponibles et de leurs éventuels risques.

L'IVG se distingue de l'interruption médicale de grossesse (IMG), qui peut être réalisée pour certaines raisons médicales graves, selon une procédure spécifique.

L'IVG se distingue de la fausse couche, qui correspond à une interruption spontanée et involontaire de la grossesse.

Principales méthodes 

Il existe deux principaux types d'IVG et le choix dépend principalement du terme de la grossesse, des éventuelles contre-indications et des préférences de la femme.

1. IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments, la mifépristone et le misoprostol, à 24 à 48 heures d'intervalle pour interrompre la grossesse et permettre l'expulsion du contenu de l'utérus.

La mifépristone bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse.

Le misoprostol provoque ensuite des contractions de l'utérus, entraînant des saignements et l'expulsion de la grossesse.

Cette méthode peut être réalisée dans un établissement de santé ou à domicile, selon les conditions médicales et les préférences de la femme.

2. IVG instrumentale ou chirurgicale

L'IVG instrumentale est réalisée par un médecin ou une sage-femme habilitée et, consiste à évacuer le contenu de l'utérus par aspiration, à l'aide d'une canule introduite par le col de l'utérus.

Cette intervention est réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon la situation et le choix de la femme.

L'aspiration dure généralement entre 15 et 20 minutes. Une surveillance médicale est ensuite nécessaire avant le retour à domicile.

Que dit la loi sur l'IVG en France

En France, l'IVG est autorisée par le Code de la santé publique. La femme enceinte peut demander une interruption volontaire de grossesse dans les délais légaux, sans avoir à justifier sa décision.

La liberté de recourir à l'IVG est également inscrite dans la Constitution française.

La loi prévoit notamment:

  • La possibilité de demander une IVG jusqu'à 14 semaines de grossesse;
  • L'absence de délai de réflexion minimal obligatoire;
  • La nécessité de recueillir le consentement de la femme;
  • La possibilité pour les mineures d'accéder à l'IVG selon les dispositions légales;
  • L'accès à une information sur les méthodes, leurs avantages et leurs risques.

Un entretien psychosocial est proposé aux femmes majeures et obligatoire pour les mineures.

Les modalités de réalisation de l'IVG sont encadrées afin de garantir une prise en charge médicale adaptée.

En France, une IVG peut être réalisée jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée.

Les délais varient selon la méthode utilisée:

Type d'IVG Délai maximal en France
IVG médicamenteuse 7 semaines de grossesse, soit 9 SA
IVG instrumentale ou chirurgicale 14 semaines de grossesse, soit 16 SA

Les semaines d'aménorrhée sont calculées à partir du premier jour des dernières règles. Elles correspondent généralement à deux semaines de plus que les semaines de grossesse.

Au-delà de 9 SA, l'IVG médicamenteuse n'est plus proposée dans le cadre habituel en France. L'IVG instrumentale reste possible jusqu'à 16 SA.

Une évaluation médicale permet de déterminer précisément le stade de la grossesse et la méthode adaptée.

Déroulement de l'IVG en France 

Une IVG se déroule généralement en plusieurs étapes, depuis la première consultation médicale jusqu'au contrôle réalisé après l'intervention.

Les principales étapes sont:

  1. Première consultation: un médecin ou une sage-femme informe la femme sur les méthodes d'IVG, leurs délais et leurs éventuels risque;
  2. Choix de la méthode: l'IVG médicamenteuse ou instrumentale est proposée selon le terme de la grossesse et l'état de santé;
  3. Recueil du consentement: la femme confirme par écrit sa décision de réaliser une IVG;
  4. Réalisation de l'IVG: le traitement médicamenteux est administré ou l'aspiration utérine est pratiquée;
  5. Consultation de contrôle: un suivi médical permet de vérifier l'efficacité de l'IVG et l'absence de complications.

La consultation de contrôle est généralement prévue entre 14 et 21 jours après l'IVG.

Elle est particulièrement importante après une IVG médicamenteuse, car les saignements et l'expulsion de caillots ne permettent pas de confirmer à eux seuls que la grossesse est complètement interrompue.

Risques possibles

L'IVG est une procédure généralement sûre, mais elle peut entraîner des effets indésirables et, plus rarement, des complications médicales.

Les principaux risques et effets indésirables sont:

  • Douleurs abdominales: généralement liées aux contractions de l'utérus, notamment après une IVG médicamenteuse;
  • Saignements vaginaux: pouvant être abondants au moment de l'expulsion;
  • Nausées et troubles digestifs: pouvant survenir après la prise des médicaments;
  • Évacuation incomplète: lorsque des tissus de grossesse restent dans l'utérus;
  • Échec de l'IVG: lorsque la grossesse se poursuit malgré la procédure;
  • Infection: complication rare nécessitant une prise en charge médicale;
  • Hémorragie: complication rare pouvant nécessiter un traitement urgent.

L'IVG instrumentale présente également de rares risques de lésions du col ou de l'utérus, ainsi que des risques liés à l'anesthésie.

L'efficacité des deux méthodes est élevée. Les informations gouvernementales françaises indiquent un taux de réussite d'environ 95 % pour l'IVG médicamenteuse et de 99,7 % pour l'IVG instrumentale.

Contre-indications

Les contre-indications dépendent principalement de la méthode envisagée et des caractéristiques médicales de la femme:

Contre-indications de l'IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse peut être contre-indiquée dans les situations suivantes:

  • Suspicion de grossesse extra-utérine;
  • Grossesse non confirmée;
  • Grossesse dépassant le délai autorisé pour cette méthode;
  • Insuffisance surrénale chronique;
  • Asthme sévère non contrôlé;
  • Porphyrie héréditaire;
  • Allergie à la mifépristone, au misoprostol ou à l'un de leurs composants.

Certaines maladies, notamment l'insuffisance rénale ou hépatique, nécessitent également une évaluation médicale particulière, car la mifépristone peut être déconseillée.

En présence d'un dispositif intra-utérin (DIU), celui-ci doit être retiré avant la prise du traitement.

Contre-indications de l'IVG instrumentale

L'IVG instrumentale ne présente pas de contre-indication générale à la méthode elle-même, selon les informations officielles françaises.

Toutefois, certaines maladies ou contre-indications aux produits anesthésiques peuvent nécessiter une adaptation de la prise en charge.

Le médecin ou la sage-femme évalue la situation afin de déterminer la méthode la plus appropriée.

Quand consulter un médecin après une IVG 

Un avis médical est nécessaire lorsque des symptômes inhabituels apparaissent après une IVG, car ils peuvent révéler une complication.

Les principaux signes nécessitant une consultation rapide sont:

  • Saignements très abondants, notamment lorsqu'une serviette hygiénique maxi doit être changée toutes les 30 minutes pendant plus de deux heures;
  • Douleurs abdominales très intenses ou persistantes malgré les antalgiques;
  • Fièvre supérieure à 38 °C;
  • Malaise important ou sensation de faiblesse inhabituelle;
  • Suspicion de persistance de la grossesse.

En présence de saignements très abondants, d'un malaise sévère ou d'autres signes de gravité, une prise en charge médicale urgente est nécessaire.

Même en l'absence de symptômes inhabituels, la consultation de contrôle reste importante afin de confirmer que l'interruption volontaire de grossesse s'est déroulée correctement.

Questions fréquemment posées

  • Les douleurs d'une IVG médicamenteuse sont généralement plus intenses dans les premières heures suivant la prise de misoprostol.

    Une étude publiée en 2022 a montré que le pic de douleur survenait en moyenne 3,7 heures après la prise de ce médicament.

    Dans cette étude, environ 61 % des participantes ne ressentaient plus de douleur après 12 heures et près de 77 % après 24 heures.

    Cependant, l'intensité et la durée des douleurs varient selon les femmes. Une douleur très intense ou persistante malgré les antalgiques nécessite un avis médical.

  • Oui, l'IVG médicamenteuse peut être réalisée à domicile en France, jusqu'à 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée.

    La prise des médicaments peut être organisée dans le cadre d'une consultation médicale ou, lorsque cela est possible, d'une téléconsultation.

    La méthode à domicile présente une efficacité et une sécurité comparables à celles d'une prise en charge en clinique chez les femmes éligibles.

    Une surveillance des symptômes et une consultation de contrôle restent nécessaires. Il est également recommandé qu'une personne de confiance puisse être présente pendant la procédure.

  • Les saignements après une IVG médicamenteuse sont généralement plus abondants au moment de l'expulsion, puis diminuent progressivement.

    Ils peuvent se prolonger pendant plusieurs jours. Selon les informations gouvernementales françaises, des saignements peuvent persister jusqu'à 30 jours après la première prise médicamenteuse.

    La durée et l'abondance varient d'une femme à l'autre.

    Des saignements très abondants, associés à un malaise, ou des douleurs abdominales intenses et persistantes nécessitent une évaluation médicale rapide.

  • Après une IVG médicamenteuse, l'expulsion se manifeste généralement par des saignements, des caillots sanguins et parfois des pertes brunâtres d'aspect gélatineux.

    L'aspect des tissus expulsés peut varier selon le stade de la grossesse.

    Il n'est pas toujours possible de reconnaître visuellement le sac gestationnel ou les tissus de grossesse.

    L'apparence des saignements et des caillots ne permet donc pas de confirmer que l'IVG est complète. Une consultation de contrôle reste nécessaire.