L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une psychothérapie utilisée principalement dans la prise en charge du trouble de stress post-traumatique. Elle repose sur une stimulation bilatérale, le plus souvent par des mouvements oculaires, associée au rappel encadré d’un souvenir traumatique, dans un cadre thérapeutique sécurisé.
L’objectif est de diminuer la détresse liée au traumatisme et de rendre les souvenirs moins envahissants au quotidien. L’EMDR peut aider à réduire des symptômes comme les pensées intrusives, les cauchemars, l’évitement, l’hypervigilance, ainsi que certaines réactions émotionnelles ou physiques déclenchées par des situations rappelant l’événement.
Lisez aussi: Psychothérapie: indications, types et déroulement tuasaude.com/fr/psychotherapieLe traitement est structuré et doit être réalisé par un professionnel formé à cette méthode. Comme toute psychothérapie centrée sur le trauma, il peut entraîner une activation émotionnelle temporaire pendant ou après les séances. Une évaluation médicale ou psychiatrique est recommandée avant de commencer, afin de confirmer l’indication et d’adapter la prise en charge, notamment en cas de troubles associés.
À quoi ça sert?
L’EMDR sert surtout à traiter le trouble de stress post-traumatique et les symptômes persistants après un événement traumatique, qu’il soit unique ou répété. Elle vise à réduire l’intensité émotionnelle des souvenirs, afin qu’ils deviennent moins douloureux et moins déclenchants.
Lisez aussi: Stress post-traumatique: symptômes, causes et traitement tuasaude.com/fr/ptsdLa thérapie peut également aider à atténuer des manifestations fréquemment associées au traumatisme, comme l’anxiété, l’irritabilité, les difficultés de sommeil ou une humeur dépressive, lorsque ces symptômes sont directement liés à l’événement vécu.
Principales indications
Les indications de l’EMDR sont principalement liées aux conséquences psychologiques d’un événement traumatique, qu’il soit unique ou répété. Elle peut être proposée notamment en cas de:
- Trouble de stress post-traumatique (PTSD) diagnostiqué;
- Symptômes persistants après un traumatisme (accident, agression, violence, catastrophe, etc.);
- Traumatisme vécu pendant l’enfance (maltraitance, négligence, événements marquants);
- Exposition à la guerre, à des violences ou à des situations extrêmes.
Dans la pratique, le choix de l’EMDR dépend du diagnostic, de l’intensité des symptômes, du contexte de vie et de la capacité de la personne à se sentir suffisamment en sécurité pour aborder le souvenir traumatique en thérapie.
Comment se déroule une séance
L’EMDR suit un protocole structuré en plusieurs phases. Les premières séances servent généralement à comprendre l’histoire de la personne, à identifier les souvenirs difficiles à travailler et à mettre en place des outils de stabilisation émotionnelle (par exemple des techniques de respiration ou d’ancrage).
Pendant la désensibilisation, la personne se concentre sur un souvenir précis (image, pensée, émotion et sensations corporelles associées) tout en suivant une stimulation bilatérale: mouvements des yeux guidés par le thérapeute, tapotements alternés ou sons alternés. La stimulation est réalisée en séries courtes, avec des pauses régulières pour évaluer ce qui change (niveau de détresse, pensées, sensations).
L’objectif est de diminuer progressivement la détresse associée au souvenir et de modifier certaines croyances négatives liées à l’événement (par exemple « je suis en danger », « c’est ma faute »), afin que le souvenir devienne moins envahissant au quotidien.
Efficacité et limites de l'EMDR
L’EMDR est considérée comme une approche efficace pour réduire les symptômes du stress post-traumatique et la charge émotionnelle des souvenirs traumatiques chez de nombreux patients. Comme toute psychothérapie, ses effets peuvent varier selon la personne, le type de traumatisme, la présence d’autres troubles associés et la qualité de l’accompagnement.
Certaines limites et points de vigilance doivent toutefois être pris en compte. La thérapie peut provoquer une augmentation temporaire des émotions, des souvenirs ou des rêves intenses entre les séances, surtout au début du travail sur les événements difficiles.
Les résultats peuvent aussi être moins nets si la personne vit encore dans un contexte d’insécurité (violence, précarité, menace actuelle), car le sentiment de sécurité est un élément important du processus.
En cas de troubles psychiatriques sévères ou instables, une adaptation du suivi est souvent nécessaire, voire une prise en charge préalable pour stabiliser la situation. Enfin, le protocole peut nécessiter plusieurs séances, en particulier lorsque les traumatismes sont répétés, anciens ou complexes.