Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) est un trouble du neurodéveloppement causé par l’exposition à l’alcool avant la naissance. Il représente l’une des formes les plus sévères des troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF).
Il peut entraîner des troubles de la croissance, des caractéristiques particulières du visage ainsi que des difficultés d’apprentissage, de mémoire, d’attention, de coordination et de comportement pouvant persister tout au long de la vie.
Il n’existe aucune quantité d’alcool ni aucune période de la grossesse pendant laquelle la consommation d’alcool est considérée comme sans risque. Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée sont donc importants pour favoriser le développement et l’autonomie au quotidien.
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Symptômes du syndrome d’alcoolisation fœtale chez l’enfant
Chez l’enfant, les symptômes du syndrome d’alcoolisation fœtale peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre et être plus ou moins marqués. Ils peuvent affecter la croissance, le développement, le système nerveux, les apprentissages et le comportement.
Les principales manifestations comprennent:
Chez les nourrissons, des difficultés à téter, des troubles du sommeil ou un retard dans l’acquisition de certaines étapes du développement peuvent également être observés.
Visage d’alcoolisation fœtale
Le visage associé au syndrome d’alcoolisation fœtale peut présenter certaines caractéristiques particulières, notamment des fentes palpébrales courtes, c’est-à-dire une ouverture des yeux plus courte, un philtrum lisse ou peu marqué, correspondant au sillon situé entre le nez et la lèvre supérieure, ainsi qu’une lèvre supérieure fine.
Ces caractéristiques du visage font partie des éléments pris en compte pour le diagnostic du syndrome d’alcoolisation fœtale, mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à établir le diagnostic. L’évaluation tient également compte notamment de la croissance et du fonctionnement du système nerveux.
Les caractéristiques physiques et faciales peuvent évoluer avec l’âge. Une étude ayant suivi des enfants pendant 11 ans indique que les caractéristiques physiques sont généralement plus apparentes pendant la petite enfance et moins marquées au moment de la puberté chez certaines personnes.
Syndrome d’alcoolisation fœtale chez l’adulte
À l’âge adulte, les personnes atteintes du syndrome d’alcoolisation fœtale peuvent continuer à présenter des difficultés d’apprentissage, de mémoire, d’attention, de jugement et de planification, ainsi que des difficultés à effectuer les activités de la vie quotidienne. Leur intensité varie d’une personne à l’autre.
Certaines caractéristiques physiques observées pendant l’enfance peuvent devenir moins évidentes avec l’âge. Le diagnostic chez l’adulte ne doit donc pas reposer uniquement sur l’apparence du visage. Il prend également en compte le fonctionnement du système nerveux, les capacités d’apprentissage, le comportement et les autres critères cliniques.
Causes possibles
Le syndrome d’alcoolisation fœtale est causé par l’exposition du fœtus à l’alcool pendant la grossesse.
Lorsque la mère consomme de l’alcool, celui-ci peut traverser le placenta et atteindre le fœtus, dont le cerveau et les autres organes sont encore en développement.
Le risque de troubles augmente avec une exposition plus importante à l’alcool. Cependant, il n’est pas possible de prévoir quel bébé sera affecté et toute exposition à l’alcool n’entraîne pas nécessairement un syndrome d’alcoolisation fœtale.
En cas de consommation d’alcool avant d’avoir connaissance de la grossesse, il est important d’arrêter d’en consommer dès que la grossesse est connue, de poursuivre le suivi prénatal et d’informer l’obstétricien de cette exposition.
Comment confirmer le diagnostic
Le diagnostic du syndrome d’alcoolisation fœtale repose sur une évaluation clinique prenant en compte la croissance, les caractéristiques du visage, le développement du système nerveux, l’apprentissage, le comportement et la coordination.
Une éventuelle exposition à l’alcool pendant la grossesse est également prise en compte et d’autres causes possibles des troubles sont recherchées.
Selon les caractéristiques et les besoins de chaque personne, l’évaluation peut faire intervenir un pédiatre ainsi que des spécialistes du développement de l’enfant, de la génétique, de la psychologie, de la neurologie ou d’autres domaines.
Possibilités de traitement
Le traitement du syndrome d’alcoolisation fœtale est adapté aux besoins de chaque personne et peut contribuer à améliorer le développement, les apprentissages et l’autonomie dans la vie quotidienne.
La prise en charge peut comprendre:
- Une intervention précoce pour favoriser le développement du langage grâce à l’orthophonie, la motricité grâce à la kinésithérapie et les capacités nécessaires aux activités de la vie quotidienne grâce à l’ergothérapie;
- Un accompagnement scolaire adapté aux difficultés d’apprentissage et d’attention;
- Une thérapie psychologique ou comportementale pour prendre en charge les difficultés émotionnelles, les troubles du comportement ou les difficultés à contrôler les impulsions;
- Un suivi médical des problèmes associés, notamment les troubles de la vision ou de l’audition, les anomalies du cœur ou des reins et les troubles de la croissance.
Le programme de prise en charge doit être adapté à l’âge, aux capacités et aux difficultés de chaque personne et peut évoluer en fonction des besoins qui apparaissent au cours de la vie.
Comment prévenir
Le syndrome d’alcoolisation fœtale peut être prévenu en évitant toute consommation d’alcool pendant la grossesse et lorsque celle-ci est envisagée.
En cas de consommation d’alcool avant d’avoir connaissance de la grossesse, il est important d’arrêter d’en consommer et de poursuivre le suivi prénatal. Il n’existe pas de quantité connue d’alcool considérée comme sans risque pendant la grossesse ni de période de la grossesse pendant laquelle sa consommation est considérée comme sûre.
Lorsqu’il est difficile d’arrêter de boire, une prise en charge médicale ou psychologique peut être recommandée afin de bénéficier d’un accompagnement et d’un traitement adaptés.