Don d'organe: procédures et déroulement

Le don d’organe consiste à prélever un organe ou un tissu chez une personne vivante ou décédée, afin de permettre une greffe chez une personne dont un organe ou un tissu ne fonctionne plus correctement.

De son vivant, une personne peut donner, dans certaines conditions, un rein ou une partie du foie. Certains tissus ou cellules peuvent également être donnés, comme la moelle osseuse, qui correspond à un don de cellules souches hématopoïétiques et non à un don d’organe au sens strict.

Après le décès, il est possible de donner des organes comme les reins, le cœur, les poumons, le pancréas, le foie ou l’intestin, ainsi que des tissus comme les cornées, les valves cardiaques, les os, les tendons, la peau, les veines ou les artères, par exemple.
En France, le don d’organe repose sur le principe du consentement présumé. Cela signifie que toute personne est considérée comme donneuse potentielle après son décès, sauf si elle a exprimé de son vivant son refus, notamment en s’inscrivant sur le Registre national des refus ou en informant ses proches.

Qui peut donner ses organes

Les personnes qui peuvent faire un don d’organe sont:

1. Don d’organe de son vivant

Pour faire un don d’organe de son vivant en France, il est nécessaire de:

  • Être majeur et ne pas faire l’objet d’une mesure de protection juridique avec représentation à la personne;
  • Donner un consentement libre et éclairé;
  • Être en mesure de donner un organe sans mettre en danger sa santé ni ses fonctions vitales;
  • Présenter un état de santé compatible avec le don, évalué par une équipe médicale spécialisée;
  • Donner dans l’intérêt thérapeutique direct du receveur.

En France, le don d’organe de son vivant concerne principalement le don de rein ou, plus rarement, le don d’une partie du foie.

Le donneur doit généralement avoir un lien familial ou affectif étroit avec le receveur, comme un parent, un enfant, un frère, une sœur, un conjoint, un grand-parent, un oncle, une tante, un cousin germain, une cousine germaine, une personne vivant avec le receveur depuis au moins 2 ans ou une personne pouvant prouver un lien affectif étroit et stable depuis au moins 2 ans.

Avant le prélèvement, le donneur est informé des risques et des conséquences possibles du don. Son consentement est recueilli selon une procédure encadrée, afin de s’assurer qu’il est libre, éclairé et conforme aux règles prévues par la loi.

2. Don d’organe après le décès

Après le décès, le don d’organe peut être envisagé lorsque le décès a été officiellement constaté et que la personne n’a pas exprimé d’opposition au don de son vivant.

Dans certaines situations, le don est possible après un diagnostic de mort encéphalique, aussi appelée mort cérébrale. Ce diagnostic signifie que le cerveau ne présente plus d’activité et qu’il n’existe plus de circulation sanguine suffisante dans le cerveau, même si la respiration et la circulation peuvent être maintenues artificiellement pendant un certain temps pour préserver les organes.

Le constat de mort encéphalique repose sur plusieurs critères médicaux stricts, notamment:

  • L’absence totale de conscience et d’activité motrice spontanée;
  • L’abolition des réflexes du tronc cérébral;
  • L’absence totale de ventilation spontanée;
  • Des examens complémentaires permettant de confirmer le diagnostic, comme des électroencéphalogrammes ou une angiographie, selon la situation.

Le diagnostic est établi par deux médecins distincts. Avant tout prélèvement, l’équipe médicale consulte le Registre national des refus et vérifie auprès des proches si la personne décédée avait exprimé une opposition au don d’organe, par écrit ou oralement.

En France, il n’est pas nécessaire d’avoir une carte de donneur ou de s’inscrire quelque part pour être donneur d’organes.

En revanche, les personnes qui ne souhaitent pas donner leurs organes ou leurs tissus peuvent exprimer leur refus en s’inscrivant sur le Registre national des refus, en rédigeant un document daté et signé confié à un proche, ou en exprimant oralement leur opposition à leurs proches.

Contre-indications

Le don d’organes et de tissus n’est pas indiqué lorsque le prélèvement présente un risque trop important pour le donneur vivant ou pour le receveur.

Chez un donneur vivant, le don n’est pas possible si l’état de santé ne permet pas de prélever un organe sans risque excessif, notamment en cas d’insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque sévère, ou d’une maladie pouvant compromettre la sécurité du donneur ou du receveur.

Après le décès, chaque donneur potentiel fait l’objet d’une évaluation médicale complète. Des examens cliniques et biologiques sont réalisés afin d’évaluer la qualité des organes et de rechercher d’éventuelles maladies transmissibles.

Certaines situations peuvent contre-indiquer le don, comme une infection grave non contrôlée, certains cancers évolutifs ou avec métastases, ou certaines maladies infectieuses transmissibles.

Toutefois, l’évaluation se fait au cas par cas, car certains organes ou tissus peuvent parfois être utilisés dans des conditions très encadrées lorsque le bénéfice attendu pour le receveur est supérieur au risque prévisible.

Chez les personnes fumeuses, le don des poumons peut être limité ou contre-indiqué selon l’état des poumons et les résultats des examens médicaux.

Le tabagisme n’empêche pas automatiquement tout don d’organe, mais il peut influencer l’évaluation de certains organes.

Quels organes peuvent être donnés

Une personne donneuse de son vivant peut donner principalement un rein ou une partie du foie, dans des conditions strictement encadrées. Dans certains cas, il peut également exister des dons de tissus ou de cellules, comme la moelle osseuse.

Après le décès, il est possible de donner les reins, le cœur, les poumons, le pancréas, le foie ou l’intestin. Il est aussi possible de donner des tissus, comme les cornées, les valves cardiaques, les os, les tendons, la peau, le cartilage, les veines et les artères.

Il n’existe pas de limite d’âge stricte pour le don d’organe. La possibilité de donner dépend surtout de l’état de santé de la personne, du fonctionnement des organes et de l’évaluation réalisée par l’équipe médicale.

Comment se déroule la greffe d’organes

Avant une greffe, des examens sont réalisés afin d’évaluer l’état de santé du donneur, la qualité de l’organe ou du tissu et la compatibilité avec le receveur.

Le prélèvement d’un organe est réalisé au bloc opératoire par une équipe chirurgicale spécialisée. Après un don après décès, le corps du donneur est refermé soigneusement et rendu à la famille dans le respect de son intégrité.

Les organes prélevés sont ensuite attribués aux personnes inscrites sur la liste nationale d’attente de greffe, selon des critères médicaux, le degré d’urgence, la compatibilité entre donneur et receveur et les règles nationales de répartition des greffons.

La récupération après une greffe d’organe ou de tissu dépend du type de greffe réalisée et de l’état de santé du receveur.

Elle implique généralement une hospitalisation, du repos, une surveillance médicale, des médicaments pour soulager la douleur, comme le paracétamol ou d’autres antalgiques prescrits par le médecin, ainsi que des immunosuppresseurs pour réduire le risque de rejet de l’organe greffé.

Les immunosuppresseurs doivent être pris selon la prescription médicale, car ils aident à éviter que le système immunitaire attaque l’organe greffé.

Un suivi régulier est également nécessaire pour vérifier le bon fonctionnement de la greffe et adapter le traitement si besoin.