Le COVID long, également appelé affection post-COVID-19 ou syndrome post-COVID, se caractérise par la persistance ou l’apparition de symptômes après une infection par le SARS-CoV-2. Il peut notamment provoquer une fatigue importante, un essoufflement, une toux, des troubles de la concentration ou des maux de tête.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’affection post-COVID-19 apparaît généralement dans les 3 mois suivant l’infection, avec des symptômes qui persistent pendant au moins 2 mois et qui ne peuvent pas être expliqués par une autre maladie. En France, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande toutefois d’évaluer les symptômes persistants dès qu’ils se prolongent au-delà de 4 semaines.
Lisez aussi: Covid-19: symptômes, transmission et traitement tuasaude.com/fr/covidLes mécanismes responsables du COVID long ne sont pas encore totalement compris. Plusieurs hypothèses sont étudiées, notamment une dérégulation du système immunitaire, une persistance de composants du virus dans certains tissus, des anomalies vasculaires, des modifications du microbiote intestinal ou la réactivation de certains virus latents.
Principaux symptômes
Les principaux symptômes du COVID long sont:
- Fatigue importante ou épuisement;
- Essoufflement;
- Toux persistante;
- Douleurs musculaires et articulaires;
- Douleur ou oppression thoracique;
- Maux de tête;
- Troubles de l’odorat ou du goût;
- Palpitations ou accélération du rythme cardiaque;
- Troubles digestifs, comme des nausées, des diarrhées ou des douleurs abdominales;
- Troubles du sommeil.
Des manifestations neurologiques ou psychologiques peuvent également apparaître, notamment des difficultés de concentration, une sensation de « brouillard cérébral », des troubles de la mémoire, des vertiges, de l’anxiété ou des symptômes dépressifs.
Chez certaines personnes, les symptômes peuvent fluctuer et alterner entre des périodes d’amélioration et d’aggravation. Ils peuvent également s’intensifier après un effort physique, intellectuel ou émotionnel, ce que l’on appelle une exacerbation des symptômes post-effort.
Quelle est la durée du COVID long?
La durée du COVID long varie considérablement d’une personne à l’autre. Certains symptômes s’améliorent progressivement en quelques semaines ou quelques mois, tandis que d’autres peuvent persister pendant un an ou davantage.
Une étude française portant sur plus de 2 000 personnes atteintes de COVID long a observé que la majorité présentait une amélioration lente des symptômes au cours des deux années de suivi. Une petite proportion conservait toutefois des symptômes persistants.
Il n’est donc pas possible de prévoir précisément combien de temps durera un COVID long chez une personne donnée. La durée dépend notamment des symptômes présents, de leur intensité, de l’état de santé général et de l’évolution individuelle.
Comment confirmer le diagnostic
Le diagnostic du COVID long repose principalement sur l’histoire de l’infection, les symptômes présents et leur évolution dans le temps.
Il n’existe actuellement aucun test sanguin, examen d’imagerie ou biomarqueur spécifique capable de confirmer à lui seul un COVID long.
Le médecin réalise donc un interrogatoire et un examen clinique afin d’évaluer les symptômes et surtout d’écarter d’autres maladies pouvant provoquer des manifestations similaires.
Selon les symptômes, il peut demander des examens complémentaires tels que des analyses de sang, un électrocardiogramme, une radiographie ou un scanner thoracique, des explorations respirations ainsi que des examens cardiologiques ou neurologiques.
Tous ces examens ne sont pas systématiquement nécessaires : ils sont choisis en fonction des symptômes et de la situation de chaque personne.
Causes possibles
Les mécanismes exacts responsables du COVID long restent en cours d’étude. Plusieurs mécanismes pourraient intervenir simultanément chez une même personne.
Les principales hypothèses sont:
- Dérégulation du système immunitaire, avec une réponse inflammatoire persistante après l’infection;
- Persistance du SARS-CoV-2 ou de composants viraux dans certains tissus, pouvant maintenir une activation immunitaire;
- Anomalies de la paroi des vaisseaux sanguins et de la coagulation, qui pourraient perturber la microcirculation;
- Modifications du microbiote intestinal, également appelées dysbiose;
- Mécanismes auto-immuns, au cours desquels le système immunitaire réagit contre certains composants de l’organisme;
- Réactivation de virus latents, notamment le virus Epstein-Barr, qui fait l’objet de recherches.
Ces mécanismes sont encore étudiés et leur importance peut varier selon les différents profils de COVID long. Ils ne constituent donc pas, à eux seuls, des critères permettant de poser le diagnostic.
Facteurs de risque
Toute personne ayant contracté le COVID-19 peut développer un COVID long, y compris après une infection initialement légère.
Cependant, certaines caractéristiques ont été associées à un risque plus élevé, notamment:
- Sexe féminin;
- Âge plus avancé;
- Surpoids ou l’obésité;
- Tabagisme;
- Certaines maladies chroniques, comme l’asthme, le diabète ou les maladies cardiovasculaires;
- Forme sévère de COVID-19 ayant nécessité une hospitalisation ou des soins intensifs.
La vaccination contre le COVID-19 avant l’infection semble, à l'inverse, associée à une diminution du risque de développer une affection post-COVID.
Possibilités de traitement
Il n’existe actuellement aucun médicament permettant de guérir spécifiquement le COVID long. Le traitement est donc personnalisé en fonction des symptômes et de leur retentissement sur la vie quotidienne.
En France, la HAS recommande une prise en charge globale qui peut associer traitements symptomatiques, rééducation, activité physique adaptée, rééducation olfactive, soutien psychologique et intervention d’autres professionnels de santé si nécessaire. En savoir plus sur le traitement de la Covid.
1. Médicaments
Les médicaments sont principalement utilisés pour soulager certains symptômes ou traiter une maladie associée identifiée par le médecin.
Par exemple, des antalgiques peuvent être prescrits en cas de douleurs.
Les antiviraux, anticoagulants, corticoïdes ou autres traitements immunomodulateurs ne constituent pas des traitements systématiques du COVID long. Leur utilisation dépend d’une indication médicale précise ou reste, pour certaines molécules, en cours d’évaluation dans des essais cliniques.
2. Kinésithérapie et réadaptation
La kinésithérapie peut être recommandée en fonction des symptômes pour améliorer la respiration, la mobilité, la force musculaire ou la tolérance à l’effort.
Le programme doit être progressif et personnalisé, notamment chez les personnes présentant une exacerbation des symptômes après l’effort.
Dans cette situation, augmenter systématiquement l’intensité ou la fréquence de l’exercice peut être mal toléré. Il est donc important d’adapter l’activité au niveau d’énergie et aux capacités de la personne.
3. Entraînement olfactif
En cas de diminution ou de perte persistante de l’odorat, une rééducation olfactive peut être proposée.
Elle consiste à sentir régulièrement plusieurs odeurs facilement identifiables afin de stimuler progressivement le système olfactif.
Cette rééducation doit généralement être poursuivie pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois et peut être adaptée avec l’aide d’un médecin ORL.
4. Soutien psychologique
Un accompagnement psychologique ou une psychothérapie peuvent être proposés lorsque le COVID long s’accompagne d’anxiété, de symptômes dépressifs, de troubles du sommeil ou lorsque la maladie affecte fortement la vie familiale, sociale ou professionnelle.
La présence de symptômes psychologiques ne signifie pas que les manifestations physiques du COVID long sont d’origine psychologique.
5. Adaptation du mode de vie
Une alimentation équilibrée, un sommeil régulier, l’arrêt du tabac et une bonne organisation des activités quotidiennes peuvent contribuer à améliorer le bien-être général.
L’activité physique doit être adaptée à chaque personne. Chez les personnes présentant une exacerbation des symptômes après l’effort, il peut être nécessaire d’alterner activités et périodes de repos et d’éviter de dépasser régulièrement ses capacités.
Le suivi par le médecin traitant permet d’ajuster progressivement la prise en charge selon l’évolution des symptômes.